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La Russie et la Turquie au Caucase : se rapprocher pour préserver le statu quo ?

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Depuis 2003, et après des siècles de rivalité, Russie et Turquie tentent de construire une nouvelle relation, fondée d’abord sur le commerce mais plus largement sur quelques approches communes dans la région. C’est au Caucase du Sud, aux frontières communes des deux pays, que commence à se faire sentir cette relation nouvelle. Elle pourrait avoir des implications négatives sur un État géorgien fragilisé, mais aussi sur la nouvelle politique de voisinage de l’Union européenne dans la région.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Les relations entre la Russie et la Turquie ont évolué de façon spectaculaire au cours de la dernière décennie. En réalité, elles ont probablement atteint en 2005 un degré de qualité sans précédent depuis plusieurs siècles, en raison de leur rivalité impériale, des guerres récurrentes entre la Russie et l’Empire ottoman depuis le XVIIIe siècle et de la confrontation pendant la guerre froide. Depuis 2003, le président Poutine et le Premier ministre Erdogan se sont rencontrés à plusieurs reprises, et les deux pays semblent avoir trouvé des terrains d’entente sur les contentieux d’antan.
 

Le contraste est frappant par rapport au début de l’après-guerre froide : la Russie considérait la Turquie comme un pays proche des États-Unis et un rival stratégique dans l’Eurasie post-soviétique. Au cours des années 1990, la Russie et la Turquie ont adopté des positions diamétralement opposées sur plusieurs problèmes clés comme la Bosnie, le Kosovo et la Tchétchénie : les liens historiques étroits de la Turquie avec les peuples musulmans de la région et la présence d’importantes diasporas venant des Balkans et du Caucase sur son territoire expliquent cette différence d’approche. La politique turque au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) combinée à la perspective de l’élargissement de l’OTAN vers les anciennes républiques soviétiques a accentué l’exaspération de la Russie. Ces facteurs sont à l’origine de tensions bilatérales. La Russie a donné la priorité à ses relations avec les États-Unis, l’Europe et les États voisins de la Communauté des États indépendants (CEI), tandis que la Turquie s’est consacrée à son partenariat stratégique avec les États-Unis, la gestion de sa relation instable avec la Grèce et Chypre et les efforts en vue de devenir membre de l’Union européenne (UE). Pendant une grande partie des années 1990, la Russie et la Turquie se sont enfermées dans une indifférence politique réciproque, qui n’a cependant pas contrarié le développement des relations commerciales. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Principaux facteurs de rapprochement
  • Frictions partagées avec les États-Unis et l’Union européenne
  • Moscou et Ankara : progresser ensemble dans le Caucase
  • Postures de la politique étrangère russe au Caucase
  • Le Caucase dans l’optique turque
  • Le nœud abkhaze


Ce texte a été publié pour la première fois en janvier 2006 dans la collection 'Russie.NEI.Visions', n°8, du Centre Russie-NEI de l'Ifri.
 

Fiona Hill est chercheur senior au Foreign Policy Studies Program de la Brookings Institution.


Omer Taspinar, directeur du Turkey Program à la Brookings Institution et professeur associé à l'Université Johns Hopkins et à la School of Advanced International Studies (SAIS), est journaliste au Daily Radical (Turquie) et au Pakistan Daily Times.


Le texte est traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Tatiana Kastouéva-Jean.

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La Russie et la Turquie au Caucase : se rapprocher pour préserver le statu quo ?

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Russie, Eurasie, Carte
Centre Russie/Eurasie
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Fondé en 2005 au sein de l’Ifri, le Centre Russie/Eurasie produit de la recherche et organise des débats sur la Russie, l’Europe orientale, l’Asie centrale et le Caucase du Sud. Il a pour objectif de comprendre et d'anticiper l'évolution de cette zone géographique complexe en pleine mutation pour enrichir le débat public en France et en Europe, et pour aider à la décision stratégique, politique et économique.

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Mosquée Süleymaniye, Istanbul, Turquie
Programme Turquie/Moyen-Orient
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Le programme Turquie/Moyen-Orient de l’Ifri fournit une expertise sur l’évolution des systèmes politiques, des sociétés et des économies de la région. Il se focalise d’une part sur les évolutions en Turquie et au Levant (influences turque et iranienne, risque de morcellement des États de la région, recompositions diplomatiques), et également au Maghreb (insertion du Maghreb dans les circuits mondiaux, relations politiques et économiques avec l’Europe et avec l’Afrique sub-saharienne…).

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La Géorgie et son occupation

Date de publication
22 septembre 2021
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Les élites géorgiennes voient la Russie comme un ennemi qui, depuis la guerre de 2008, occupe une partie de leur pays. Pour faire face à cette menace, elles cherchent à renforcer sans cesse l’ancrage euro-atlantique de la Géorgie. La rationalité de cette posture victimaire mérite néanmoins d’être questionnée. Le pays gagnerait sans doute à développer une relation plus apaisée avec Moscou, tout en conservant des liens forts avec l’Occident.

Gilles CARASSO
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Le mouvement barelvi : du soufisme au terrorisme

Date de publication
22 septembre 2021
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Le barelvisme a été créé au début du xxe siècle par Ahmad Riza Khan. Il s’agissait à l’origine d’un mouvement religieux soufi qui s’est peu à peu politisé. Ses membres militent pour l’islamisation de la société, tout en s’opposant à d’autres groupes inspirés du wahhabisme. Après les attentats du 11 Septembre, le soufisme a été présenté comme une alternative à l’islam radical. Néanmoins, une fraction des barelvis a elle-même basculé dans le terrorisme et cette violence a fini par toucher l’Europe.

Olivia HYVRIER
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Les premiers pas du président Biden au Moyen-Orient

Date de publication
22 septembre 2021
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Joe Biden a démarré son mandat de président des États-Unis avec la ferme intention de rompre avec les pratiques de son prédécesseur Donald Trump. Au Moyen-Orient, cette posture est particulièrement visible sur le dossier du nucléaire iranien, dans le conflit israélo-palestinien et sur les relations avec les États arabes du Golfe. La nouvelle administration démocrate semble accorder davantage d’importance à la stabilité régionale et au respect des droits de l’homme.

Rachid CHAKER
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Quel rôle pour la Bundeswehr ?

Date de publication
22 septembre 2021
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Le poids de la Seconde Guerre mondiale continue de peser sur l’Allemagne. L’utilisation de la puissance militaire y est considérée avec circonspection, tant par les élites politiques que par une partie importante de la population. La dégradation du contexte stratégique incite toutefois les dirigeants à repenser le rôle de la Bundeswehr. Le budget de la Défense augmente et les effectifs des armées sont amenés à croître significativement dans les prochaines années.

Stephan MARTENS

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Fiona HILL, Omer TASPINAR, « La Russie et la Turquie au Caucase : se rapprocher pour préserver le statu quo ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 septembre 2007.
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La Russie et la Turquie au Caucase : se rapprocher pour préserver le statu quo ?