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Guerre d'Ukraine : un embarras pour Pékin

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Politique étrangère, vol. 87, n° 3, automne 2022
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Couverture PE n° 3, vol. 87, automne 2022
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Depuis le début de la guerre en Ukraine, Pékin adopte une neutralité de façade mais soutient en réalité Moscou. Les dirigeants chinois et russes louent la solidité des liens entre leurs pays. Cependant, la Russie est en train de se placer dans une situation de dépendance à l'égard de la Chine. Au-delà des discours, Pékin refuse de s'engager dans le conflit ukrainien et fait preuve de retenue. Cette prudence s'explique notamment par la fragilisation de la position internationale de la Chine.

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Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Chine suscite autant d’espoir que de crainte, par l’influence qu’elle pourrait avoir si elle décidait de peser réellement dans le conflit, en faveur d’un soutien actif à la Russie ou d’un cessez-le-feu. Près de six mois après le début des hostilités, force est de constater que la république populaire de Chine (RPC) reste au second plan, conservant un discours ambigu et empreint de contradictions. Les ressorts de ce discours doivent être décryptés pour éclairer la réalité de son positionnement derrière les déclarations diplomatiques. Il faut également appréhender les conséquences de la guerre pour Pékin à ce stade du conflit, en particulier sur le risque d’offensive contre Taïwan. Enfin, la guerre relance avec une acuité nouvelle le débat sur la nature du partenariat sino-russe.


Une neutralité de façade : décryptage du discours chinois

Depuis l’invasion de l’Ukraine, la Chine affirme tenir une position neutre dans le conflit et jouer un rôle constructif. Pékin a, dès les premiers jours, appelé « toutes les parties à exercer de la retenue et réduire les tensions à travers le dialogue, la consultation et la négociation ». Pour autant, ce discours de neutralité cache un soutien tacite à Vladimir Poutine. Le pouvoir chinois refuse d’utiliser le terme d’« invasion » ou d’« agression », et préfère l’expression officielle du Kremlin d’« opération militaire spéciale ». Bien qu’il continue de reconnaître que « l’Ukraine est bien sûr un pays souverain », il nuance : « la question de l’Ukraine a un contexte historique spécial et [comprend] les préoccupations de sécurité légitimes de la Russie ».


De plus, alors que le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, s’est entretenu par téléphone avec son homologue ukrainien Dmytro Kuleba à deux occasions seulement depuis le début du conflit (le 1er mars et le 4 avril), il a échangé à plusieurs reprises avec Sergueï Lavrov, y compris lors de deux rencontres directes, en Chine en mars et en Indonésie en juillet en marge du G20. Le président Xi Jinping, quant à lui, n’a eu aucun contact avec le président ukrainien Zelenski, alors qu’il a échangé deux fois avec Vladimir Poutine, notamment lors d’un appel de ce dernier le jour de l’anniversaire de Xi, le 15 juin. Si Pékin se révèle faussement neutre entre la Russie et l’Ukraine, sa position sur la responsabilité du conflit est en revanche très claire. […]


PLAN

  • Une neutralité de façade : décryptage du discours chinois
  • Les raisons de l’inaction
  • La fragilisation de la position internationale de la Chine
  • Après l’Ukraine, Taïwan ?
  • L’« amitié sans limite » sino-russe, un écran de fumée ?


Marc Julienne est chercheur, responsable des activités Chine au Centre Asie de l'Ifri.

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Guerre d'Ukraine : un embarras pour Pékin

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Marc JULIENNE

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Directeur du Centre Asie de l'Ifri
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L’Italie entre déclin industriel et impuissance politique

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21 juin 2017
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L’Italie fait face à une crise économique profonde. Malgré l’application de mesures d’austérité recommandées par les autorités européennes, la croissance est en berne et le chômage progresse. Les privatisations ont eu pour effet de faire passer des fleurons de l’industrie sous pavillon étranger. L’État ne joue plus son rôle de régulateur et ne parvient à endiguer ni la corruption ni la fraude fiscale. Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle se double d’une crise politique.

Martino AVANTI
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Brexit : une certaine idée de l’Europe

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21 juin 2017
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Le résultat du référendum de juin 2016 relève d’explications connues, touchant à l’évolution de la société britannique et à ses débats politiques particuliers. Il renvoie surtout à une divergence fondamentale sur la nature et l’objectif de la construction européenne. Le Royaume-Uni n’a pas été le mauvais élève de la classe européenne trop souvent décrit. Mais son héritage et sa culture lui font préférer l’idée d’une Europe où la souveraineté resterait le privilège des États.

Jonathan STORY
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Conflits locaux : le mal insidieux de l’Afrique

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21 juin 2017
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Les conflits locaux, de plus en plus nombreux et dévastateurs en Afrique, ne sont le plus souvent analysés par les acteurs internationaux qu’à travers le prisme des conflits ou des déstabilisations d’États. Leur nature complexe, le mélange qu’ils opèrent entre traditions et modernité, leurs rapports aux niveaux national et international doivent faire l’objet d’approches nouvelles, à la fois stratégiques et ponctuelles. Des approches qui doivent intégrer les dimensions militaires et civiles.

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État islamique : l’autre menace

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21 juin 2017
Accroche

L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.

Philippe BANNIER
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Couverture PE n° 3, vol. 87, automne 2022
Marc JULIENNE, « Guerre d'Ukraine : un embarras pour Pékin », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2022.
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Guerre d'Ukraine : un embarras pour Pékin