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La Turquie : une puissance émergente qui n'a pas les moyens de ses ambitions

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Politique étrangère, vol. 85, n° 4, 2020
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Page couverture PE n° 4 2020
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La Turquie adopte une posture de plus en plus hostile aux pays occidentaux. Son activisme en Méditerranée orientale et en Libye en est l’illustration. L’agressivité d’Ankara ne doit toutefois pas être sur-interprétée. La Turquie émerge depuis quelques années comme une puissance moyenne en quête de reconnaissance qui souhaite diversifier ses partenariats. Elle n’a en revanche pas intérêt à se lancer dans une confrontation ouverte avec l’Occident. Elle n’en aurait d’ailleurs pas les moyens.

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A l’été 2020, la posture de plus en plus agressive de la Turquie sur la crise libyenne et sur les enjeux énergétiques en Méditerranée orientale a retenu l’attention de l’opinion internationale et suscité l’ire des pays européens, France en tête. Les déclarations polémiques du président turc à propos de la Libye – « ces terres où nos ancêtres ont marqué l’histoire » –, les points marqués par Ankara en Tripolitaine, ainsi que l’activisme diplomatico-militaire de la Turquie en Méditerranée orientale ont démontré le pouvoir de nuisance de cette puissance régionale, et aggravé ses tensions avec l’Union européenne (UE) et l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).


Bien que la diplomatie turque paraisse agressive, anti-occidentale, voire irrationnelle, le positionnement d’Ankara sur les crises du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et les enjeux énergétiques en Méditerranée orientale, repose en réalité sur une doctrine stratégique et un objectif clairs : faire de la Turquie une puissance régionale majeure et un État pleinement souverain dont la conduite n’est dictée que par ses intérêts nationaux.


La Turquie, puissance moyenne émergente en quête de statut


L’expansionnisme régional turc sous le règne du Parti de la justice et du développement (AKP) et du président Erdogan est souvent interprété de façon réductrice comme le reflet d’une diplomatie « néo-ottomane » visant à restaurer la grandeur ottomane de la Turquie, et à reconstituer une sphère d’influence dans les territoires ayant jadis appartenu à la Sublime Porte. Les références de plus en plus nombreuses, dans le discours de l’AKP, à l’islam et à la civilisation islamique, le rapprochement d’Ankara vis-à-vis de la Russie et de l’Iran, les furieuses sorties d’Erdogan contre les dirigeants européens, ont contribué à nourrir ces soupçons de « néo-ottomanisme », et donné l’impression d’un changement d’axe de la diplomatie turque dans le sens d’une rupture avec l’Europe et l’Occident.


En fait, la diplomatie turque semble mue par des dynamiques plus complexes. Au tournant du XXIe siècle, la Turquie a accédé au rang de puissance moyenne émergente. Elle mène donc une « diplomatie de puissance émergente », caractérisée par une affirmation de soi aiguë, une quête de statut à l’échelle internationale, et un désir d’indépendance et d’autonomie dans la conduite de ses relations internationales. […]


PLAN

  • La Turquie, puissance moyenne émergente en quête de statut
  • L’engagement d’Ankara en Libye et en Méditerranée orientale
     - La Libye, champ de compensation pour une influence perdue en Syrie, et instrument pour satisfaire les ambitions énergétiques de la Turquie
     - La Turquie à la conquête des ressources énergétiques en Méditerranée orientale
  • Des considérations de politique intérieure
  • Les limites de l’activisme régional turc


Jana Jabbour, docteur en science politique, est enseignante à Sciences Po Paris.

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ISBN / ISSN

979-10-373-0109-3

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La Turquie : une puissance émergente qui n'a pas les moyens de ses ambitions

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Auteur(s)
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Qui a tué Dag Hammarskjöld ? Sisyphe à New York

Date de publication
22 décembre 2019
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En pleine crise du Katanga, le secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld trouve la mort dans un accident d’avion en septembre 1961. On rend ici compte d’une enquête menée dans les archives sur une éventuelle implication de responsables ou de services français. Rien ne semble la prouver. De même, le rapport rendu au secrétaire général de l’ONU en 2019 ne permet pas de conclure à l’assassinat, même si une conclusion définitive n’est pas possible, l’ensemble des hypothèses demeurant donc ouvert.

Maurice VAÏSSE
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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

Date de publication
22 décembre 2019
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Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

Guillaume BEAUD
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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

Date de publication
22 décembre 2019
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Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

Seth A. JOHNSTON
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Faut-il créer une agence de renseignement européenne ?

Date de publication
22 décembre 2019
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Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.

Eric MECHOULAN

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Jana JABBOUR, « La Turquie : une puissance émergente qui n'a pas les moyens de ses ambitions », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2020.
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La Turquie : une puissance émergente qui n'a pas les moyens de ses ambitions