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Le Golfe, de la géopolitique à la politique tout court

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Politique étrangère, vol. 85, n° 1, 2020
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Page couverture PE n°1 printemps 2020
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Le golfe Arabo-Persique est un golfe de l'océan Indien qui s'étend sur près de 1 000 kilomètres entre la Péninsule arabique et l'Iran. C’est un objet géopolitique classique : espace géographique disputé entre puissances qui s’y croisent, s’y tiennent en respect, s’y confrontent. Son appellation elle-même est depuis le XXe siècle l’objet d’une controverse qui exprime l’antagonisme, ou la compétition, entre les deux aires civilisationnelles qu’il sépare et met en contact : l’aire perse et l’aire arabe. L’appellation historique de golfe Persique, validée depuis l’histoire antique, est en effet contestée par les États arabes qui veulent imposer « Golfe arabique », la synthèse contemporaine « arabo-persique » ne satisfaisant ni les uns ni les autres.

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Le Golfe, objet géopolitique classique


Le golfe Arabo-Persique est un golfe de l’océan Indien, qui s’étend sur près de 1 000 kilomètres m entre la Péninsule arabique et l’Iran. C’est un objet géopolitique classique : espace géographique disputé entre puissances qui s’y croisent, s’y tiennent en respect, s’y confrontent. Son appellation elle-même est depuis le XXe siècle l’objet d’une controverse qui exprime l’antagonisme, ou la compétition, entre les deux aires civilisationnelles qu’il sépare et met en contact : l’aire perse et l’aire arabe. L’appellation historique de golfe Persique, validée depuis l’histoire antique, est en effet contestée par les États arabes qui veulent imposer « Golfe arabique », la synthèse contemporaine « arabo-persique » ne satisfaisant ni les uns ni les autres.


On peut bien abandonner les adjectifs, tant le terme « Golfe » se confond aujourd’hui précisément, dans les discussions courantes, avec ce golfe-là. Yves Lacoste remarque pourtant que cela nous ramène immédiatement à une perception sécuritaire. Le « Golfe » évoque effectivement avant tout les « guerres du Golfe » : la première, où s’affrontent l’Iran et l’Irak entre 1980 et 1988, qui fait au moins 800 000 morts, et se termine par l’épuisement des belligérants ; la deuxième, qui met en scène en 1991 la libération par une coalition internationale du Koweït annexé par l’Irak ; la troisième, qui voit en 2003 la destitution de Saddam Hussein et l’occupation américaine de l’Irak, et ouvre une séquence de déstabilisation durable, dont les effets se feront sentir bien au-delà du Golfe lui-même.


Les ingérences extérieures sont l’ordinaire de l’histoire du Golfe. Voie de passage privilégiée entre océan Indien et Méditerranée, le domaine des pêcheurs de perles devient une zone de circulation commerçante dès l’ère abbasside, dominée par les navigateurs arabes. Il est brièvement contrôlé au XVIe siècle par les Portugais, qui veulent évincer les Arabes des échanges avec l’Inde, puis par les Hollandais, enfin par les Britanniques, qui convertiront petit à petit cette « côte des pirates » en protectorat. Après la Première Guerre mondiale, Français et Britanniques opèrent le découpage du Levant et permettent la création de l’Irak et de l’Arabie Saoudite. Les appétits s’aiguisent avec la découverte, un peu partout dans la région, de formidables ressources en hydrocarbures, qui seront d’abord exploitées avec l’aide de compagnies étrangères.


L’échelle géopolitique qui permet de saisir le Golfe reste donc internationale : c’est un lieu d’investissement stratégique pour des puissances économiques extérieures qui entendent sécuriser leurs approvisionnements en énergie. […]
 

PLAN

  • Le Golfe, objet géopolitique classique
  • Rentiers et modernes ? Des défis économiques inédits
  • Vers plus de variété politique
  • La nouvelle compétition des puissances


Dorothée Schmid est responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l’Ifri.

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Le Golfe, de la géopolitique à la politique tout court

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Dorothée SCHMID

Intitulé du poste

Responsable du programme Turquie/Moyen-Orient de l'Ifri

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Qui a tué Dag Hammarskjöld ? Sisyphe à New York

Date de publication
22 décembre 2019
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En pleine crise du Katanga, le secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld trouve la mort dans un accident d’avion en septembre 1961. On rend ici compte d’une enquête menée dans les archives sur une éventuelle implication de responsables ou de services français. Rien ne semble la prouver. De même, le rapport rendu au secrétaire général de l’ONU en 2019 ne permet pas de conclure à l’assassinat, même si une conclusion définitive n’est pas possible, l’ensemble des hypothèses demeurant donc ouvert.

Maurice VAÏSSE
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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

Date de publication
22 décembre 2019
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Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

Guillaume BEAUD
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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

Date de publication
22 décembre 2019
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Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

Seth A. JOHNSTON
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Faut-il créer une agence de renseignement européenne ?

Date de publication
22 décembre 2019
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Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.

Eric MECHOULAN

Comment citer cette étude ?

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Dorothée SCHMID, « Le Golfe, de la géopolitique à la politique tout court », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2020.
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Le Golfe, de la géopolitique à la politique tout court