Les armées entre "technologisme" et "juste technologie"
Politique étrangère, vol. 74, n° 2, été 2009
La fascination technologique a façonné les choix stratégiques américains de l’après-guerre froide. Ces choix conduisent pourtant à des modèles d’armées ruineux par les coûts des matériels, et qui ne correspondent pas aux exigences des conflits de notre temps. Au moment où les États-Unis s’éloignent de ces errements, il nous faut replacer la technologie, ou le concept d’interopérabilité, à leur juste place : ils doivent servir les stratégies, et non se substituer à elles.
Vincent Desportes, général de division, est directeur du Collège interarmées de Défense (CID). Saint-cyrien, officier de cavalerie, il est ingénieur et breveté de l’École supérieure de guerre, diplômé du War College et ancien attaché militaire aux États-Unis. Il a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages consacrés aux questions tactiques et stratégiques.
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Ultima Ratio Regum : quelle puissance de feu pour les armées françaises ?
Alors que la Russie et l'Ukraine s'affrontent dans une guerre d'usure où missiles et drones pleuvent dans la profondeur stratégique de l'adversaire, l'Iran use de sa puissance de feu, appuyée par sa main mise sur le détroit d'Ormuz, pour assurer la survie du régime. Dès lors, l'enjeu d'un modèle de feu performant pour les armées françaises apparaît comme crucial dans la construction d'une défense européenne et nationale crédible à l'aune d'un retour de la guerre de haute intensité.
Comment les changements de l’opinion publique ont-ils influencé ou contraint les choix de politique étrangère dans votre pays ? Le cas français
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Faire face à l'arsenal russe hypervéloce : défis et solutions pour l'Europe
Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?
Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité
Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile.