L'Europe, l'OTAN et la France : les problèmes non résolus de la défense européenne
Certains vocables ne sont pas tout à fait neutres. Qui inscrit en tête d'un article le titre « Moyen-Orient », laisse le lecteur sans indication sur ses tendances ou sympathies vis-à-vis d'Israël ou des Arabes. Mais l'expression « défense de l'Europe » n'a pas été couramment employée par tous ceux qui se sont penchés sur les problèmes stratégiques de notre continent.
On ne la rencontre pas chez ceux de nos partenaires européens qui pensent que la seule protection imaginable pour l'Europe de l'Ouest résulte de la présence américaine et de l'existence de l'OTAN. Elle n'est jamais — faut-il s'en étonner ? — utilisée par les Américains. On l'entend assez peu, à vrai dire, en dehors de France et c'est bien là une partie du problème. En France même, elle n'a pas cours chez ceux qui refuseraient — par instinct ou par doctrine — d'admettre que la France doive se soucier d'autre chose que de mettre à l'abri son territoire national, et qui tiendraient tout regard jeté au-delà des frontières comme une dilution, un affaiblissement, de cette défense hexagonale.
On peut expliquer en partie le désir de garder les yeux fixés sur notre enclos national, par la crainte de dériver vers des perspectives éloignées du réel. S'il est si hasardeux de parler de la « défense de l'Europe », c'est que bon nombre de ceux qui ont posé ce problème l'ont fait, non en prenant appui sur la réalité présente, mais en supposant résolue la question de l'Europe politique. C'est édifier un imaginaire à l'intérieur d'une anticipation. La CED était une utopie née d'un expédient. Trente ans après, une union étroite entre les peuples d'Europe est toujours une promesse, dont on espère qu'elle se réalisera un jour dans des formes institutionnelles précises, mais qui ne peut aujourd'hui servir de support à un projet de système défensif commun.
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L'Europe, l'OTAN et la France : les problèmes non résolus de la défense européenne
Les diplomaties navales en Méditerranée
Si le concept de « diplomatie navale » date des années 1970, la réalité qu’il recouvre est très ancienne. L’histoire de la Méditerranée en témoigne : depuis l’Antiquité, les forces navales y ont été utilisées à des fins politiques. Les rapports de forces dans cette mer sont en train de changer. Les États-Unis se retirent progressivement, laissant la place à d’autres acteurs, en particulier la Russie. L’Europe, minée par la crise économique et les divisions, ne parvient pas à s’imposer.
Le « commerce migratoire » euroméditerranéen
Marseille a longtemps été une plaque tournante du commerce « à la valise ». Les échanges avec le Maghreb étaient particulièrement nombreux, du fait de la taille de la communauté algérienne dans le sud de la France et de l’importance du trabendo dans l’économie algérienne. Toutefois, depuis une vingtaine d’années, Istanbul tend à remplacer Marseille comme centre du « commerce migratoire ». Les flux commerciaux générés par les migrants ont désormais de nombreuses ramifications en Asie.
Migrations en Méditerranée : la crise de l’asile
La croissance économique des Trente Glorieuses, le choc pétrolier de 1973 et la guerre du Golfe de 1991 ont eu un impact très fort sur les migrations dans le bassin méditerranéen. Dans les années 1990 et 2000, l’immigration irrégulière vers l’Europe s’est développée. Les dispositifs de contrôle des flux migratoires conçus à cette époque se révèlent totalement inadaptés à la situation post-révolutions arabes. L’Europe fait désormais face à une triple crise : économique, des réfugiés et de l’asile.
Les politiques méditerranéennes de l’Europe : trente ans d’occasions manquées
L’Union européenne tente depuis plus de trois décennies de définir une stratégie méditerranéenne. Mais ni le processus de Barcelone, ni la Politique européenne de voisinage, ni l’Union pour la Méditerranée n’ont pu créer une communauté méditerranéenne pour le développement ou la sécurité. Les perspectives actuelles sont peu encourageantes, même si la situation dans nombre de pays de la rive sud, et les conflits du Levant ou du Sahel, rendent une telle stratégie encore plus pressante.