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2029, la grande renaissance asiatique

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Politique étrangère, vol. 84, n° 1, 2019
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Les Asiatiques ont été dominés et parfois humiliés par les Occidentaux au cours des deux derniers siècles. Ils abordent aujourd’hui l’avenir avec confiance. En 2050, les deux premières puissances mondiales devraient être la Chine et l’Inde. La grande renaissance asiatique engendrera des bouleversements géopolitiques. Les tensions sino-américaines sont déjà visibles et des conflits pourraient émerger entre puissances asiatiques. Toutefois, le choc des civilisations n’est pas inévitable.

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Le XXIe siècle sera le siècle de l’Asie, tout comme le XIXe fut celui de l’Europe et le XXe celui des États-Unis. Cela ne fait aucun doute : de l’an 1 à 1820, les deux plus grandes économies du monde ont été la Chine et l’Inde. Les 200 dernières années, où l’histoire mondiale a été dominée par l’Occident, ont donc été une exception historique. Or toute exception finit par disparaître. En 2019 déjà, en parité de pouvoir d’achat (PPA), trois des quatre plus grandes économies mondiales sont asiatiques : la Chine, l’Inde et le Japon. En 2029, la part asiatique du produit national brut (PNB) mondial sera plus grande encore.


Il ne fait aucun doute que le XXIe siècle sera celui de l’Asie. La question est de savoir si ce sera un siècle heureux. Le politologue américain Aaron L. Friedberg a prédit, voici plus de 20 ans, que « le passé de l’Europe pourrait être l’avenir de l’Asie ». Les transferts de puissance entre nations européennes à la fin du XIXe siècle ont conduit aux grandes guerres européennes du XXe siècle ; le même phénomène pourrait se produire en Asie.


Beaucoup d’Occidentaux pensent que l’Asie est d’autant plus encline au conflit et à la division qu’il n’existerait pas de liens culturels entre les sociétés asiatiques. C’est là une vision erronée. Les différentes parties de l’Asie entretenaient en vérité des liens profonds avant l’ère coloniale européenne. L’hypothèse développée ici est que, d’ici à 2029, l’Asie connaîtra une renaissance culturelle spectaculaire avec l’explosion des classes moyennes asiatiques. Il serait cependant téméraire de prédire que le chemin sera sans heurts. L’histoire n’avance jamais en ligne droite, et cette évolution connaîtra donc des hauts et des bas.


Les sept piliers de la sagesse occidentale


Bien que nombreux soient ceux qui, en Occident, ont été surpris par la résurgence spectaculaire des économies asiatiques, il était possible de prévoir ce retour en force de l’Asie. Avec la publication en 1998 de mon premier volume d’essais – Can Asians Think? –, je décrivais avec deux décennies d’avance les forces à l’œuvre dans la régénération du continent asiatique. Dix ans plus tard, dans The New Asian Hemisphere – publié en France sous le titre Le Défi asiatique –, je soutenais que l’Asie parvenait à se revitaliser parce qu’elle avait compris, intégré et appliqué les sept piliers de la sagesse occidentale : l’économie de libre-échange, les sciences et technologies, la méritocratie, le pragmatisme, la culture de la paix, l’état de droit et l’éducation. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Les sept piliers de la sagesse occidentale
  • La géopolitique asiatique
  • La grande renaissance culturelle


Kishore Mahbubani est professeur de politique publique à l’université nationale de Singapour. Ancien diplomate, il a notamment été représentant permanent de Singapour à l’Organisation des Nations unies. Il est également l’auteur de Has the West Lost It?, Londres, Penguin Press, 2018.

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2029, la grande renaissance asiatique

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L’émancipation contrainte de la politique étrangère saoudienne

Date de publication
21 juin 2016
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Le retrait progressif des États-Unis du Moyen-Orient a profité à l’Iran. Cette situation n’est pas acceptable pour l’Arabie Saoudite qui s’affirme comme une puissance régionale de plus en plus active. Pour freiner l’expansion iranienne, Riyad n’hésite pas à s’impliquer militairement, que ce soit en Syrie ou au Yémen. L’affrontement saoudo-iranien ne doit pas être vu comme un choc entre sunnites et chiites : la politique étrangère saoudienne ne suit pas des considérations religieuses.

Louis BLIN
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L’Iran dans les crises du Moyen-Orient

Date de publication
21 juin 2016
Accroche

La politique régionale de l’Iran vise à la fois la préservation du régime et le renforcement de la sécurité d’un pays isolé. Dans un environnement qu’elle perçoit comme dégradé, la République islamique renforce ses défenses, et met en œuvre une stratégie asymétrique jouant de divers alliés dans les crises régionales, sans référence systématique à une logique chiite. L’accord nucléaire de 2015 et la crise syrienne pourraient inciter l’Iran à briser son relatif isolement régional.

Mohammad-Reza DJALILI
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Moyen-Orient : en attendant la nouvelle administration américaine

Date de publication
21 juin 2016
Accroche

Au-delà d’une histoire marquée par l’intervention des puissances, le Moyen-Orient est traversé aujourd’hui de conflits entrecroisant dimensions politiques, ethniques ou religieuses. Les États-Unis ne peuvent abdiquer leur leadership dans la région. La prochaine administration américaine devra donc se confronter au-delà de la question syrienne, à une multiplicité de problèmes, sans imaginer qu’ils pourraient se résoudre d’un coup, et redéfinir le réseau de ses partenariats dans la région.

John MCLAUGHLIN
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Océan Indien : le rapprochement stratégique indo-australien

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

En 2009, l’Inde et l’Australie ont signé une déclaration conjointe de sécurité. Depuis lors, les relations stratégiques entre ces deux États se développent. New Delhi et Canberra ont intérêt à éviter qu’un ordre régional dominé par la Chine ne s’instaure et que les relations entre Pékin et Washington ne s’enveniment. La coopération indo-australienne est néanmoins contrainte par plusieurs facteurs, dont le plus important a trait à une appréciation différente de la réponse à apporter à la menace chinoise.

Frédéric GRARE

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Kishore MAHBUBANI, « 2029, la grande renaissance asiatique », Politique étrangère, Articles, Ifri, 29 mars 2019.
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