L'Europe, l'OTAN et la France : les problèmes non résolus de la défense européenne
Certains vocables ne sont pas tout à fait neutres. Qui inscrit en tête d'un article le titre « Moyen-Orient », laisse le lecteur sans indication sur ses tendances ou sympathies vis-à-vis d'Israël ou des Arabes. Mais l'expression « défense de l'Europe » n'a pas été couramment employée par tous ceux qui se sont penchés sur les problèmes stratégiques de notre continent.
On ne la rencontre pas chez ceux de nos partenaires européens qui pensent que la seule protection imaginable pour l'Europe de l'Ouest résulte de la présence américaine et de l'existence de l'OTAN. Elle n'est jamais — faut-il s'en étonner ? — utilisée par les Américains. On l'entend assez peu, à vrai dire, en dehors de France et c'est bien là une partie du problème. En France même, elle n'a pas cours chez ceux qui refuseraient — par instinct ou par doctrine — d'admettre que la France doive se soucier d'autre chose que de mettre à l'abri son territoire national, et qui tiendraient tout regard jeté au-delà des frontières comme une dilution, un affaiblissement, de cette défense hexagonale.
On peut expliquer en partie le désir de garder les yeux fixés sur notre enclos national, par la crainte de dériver vers des perspectives éloignées du réel. S'il est si hasardeux de parler de la « défense de l'Europe », c'est que bon nombre de ceux qui ont posé ce problème l'ont fait, non en prenant appui sur la réalité présente, mais en supposant résolue la question de l'Europe politique. C'est édifier un imaginaire à l'intérieur d'une anticipation. La CED était une utopie née d'un expédient. Trente ans après, une union étroite entre les peuples d'Europe est toujours une promesse, dont on espère qu'elle se réalisera un jour dans des formes institutionnelles précises, mais qui ne peut aujourd'hui servir de support à un projet de système défensif commun.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
L'Europe, l'OTAN et la France : les problèmes non résolus de la défense européenne
Iran 2028, une rêverie politique
Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.
Conflits d’Afrique subsaharienne : l’éternel retour ?
Au Sahel, au Soudan du Sud, dans l’Afrique des Grands Lacs, les conflits récurrents témoignent surtout de l’échec des gouvernances héritées de la colonisation. Les pouvoirs politiques n’ont jamais reflété la diversité des communautés de leurs sociétés. La démocratisation des années 1990 ne pouvait dans ces conditions qu’être un trompe-l’œil. Les oligarchies tournent à la prédation de plus en plus violente, et tous les éléments semblent réunis pour que les conflits perdurent.
La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement
La victoire est une notion plus compliquée à définir qu’il n’y paraît. Elle suppose l’atteinte d’objectifs militaires et politiques, mais aussi la perception et l’acceptation d’une nouvelle réalité par l’adversaire. Les guerres asymétriques du début du XXIe siècle – de l’Afghanistan à l’Irak en passant par le Sahel – montrent que la supériorité militaire ne garantit pas la victoire. Il ne faut pas en conclure que l’emploi de la force armée serait nécessairement vain.
La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire
Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.