Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?
Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?
Le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) en janvier 2020, en vertu de l’accord de retrait, et les négociations sur le nouveau cadre des relations entre l’UE et le Royaume-Uni, qui ont mené à la conclusion de l’Accord de commerce et de coopération de décembre 2020, ont coïncidé avec l’une des crises les plus dramatiques traversées par l’UE : la pandémie de Covid-19. La propagation du coronavirus a constitué une « tragédie humaine de proportion potentiellement biblique », qui a vivement éprouvé la résilience du projet d’intégration européenne. Avec un nombre de décès considérable et des conséquences socio-économiques dévastatrices, le Covid-19 a immédiatement monopolisé l’attention des dirigeants européens, forçant États membres et institutions de l’UE à prendre des mesures inédites pour contenir la propagation des contagions et trouver des solutions novatrices pour reconstruire l’économie européenne. La pandémie a aussi mis au jour les faiblesses du système de gouvernance de l’UE, suscitant de multiples questionnements sur l’avenir.
La résilience de l’intégration
L’irruption de la pandémie de Covid-19 – quelques jours seulement après le retrait du Royaume-Uni – a pris l’UE au dépourvu, comme toute autre autorité publique, et a d’abord suscité des réactions nationales non coordonnées. Néanmoins, la pandémie a fini par devenir un puissant moteur d’intégration européenne, notamment sur les sujets fiscaux et économiques. Comme détaillé ailleurs, à partir de mars 2020 la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et l’Eurogroupe ont déployé une panoplie de mesures : suspension du Pacte de stabilité et de croissance ; création d’un nouveau programme d’achats d’urgence face à la pandémie, qui a atteint à pleine capacité le volume de 1 850 milliards d’euros ; création d’une ligne de crédit dédiée au soutien face à la pandémie dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité ; organisation d’un instrument européen de soutien temporaire pour l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) à hauteur de 100 milliards d’euros. Ces mesures ont largement aidé l’UE et ses États membres à faire face aux coûts financiers impliqués par le Covid-19. Toutefois, c’est l’instrument de relance Next Generation EU qui est au cœur des réponses apportées par l’UE à la pandémie. […]
PLAN
- La résilience de l’intégration
- Dynamiques de désintégration
- Évolution institutionnelle
- Perspectives constitutionnelles
Federico Fabbrini est professeur de Droit européen à la Dublin City University et directeur du Brexit Institute.
Traduit de l'anglais par Cadenza Academic Translations.
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