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Brexit et défense européenne : vers un deal ambigu ?

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Politique étrangère, vol. 83, n° 4, hiver 2018-2019
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Page couverture PE n° 4 2018
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L’héritage des positions du Royaume-Uni sur la défense européenne est contrasté, marqué par un attachement inconditionnel et exclusif à l’Alliance atlantique et, depuis vingt ans, une adhésion mesurée aux progrès européens. La proclamation de la volonté de Londres de garder, après le Brexit, un haut niveau de coopération s’accompagne cependant de la demande d’un statut spécial, qui dépendra largement des résultats de la négociation globale. Et plusieurs dossiers concrets restent en suspens.

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Avec le retrait du Royaume-Uni, l’Union européenne (UE) perdrait l’un de ses deux acteurs militaires les plus conséquents. Elle perdrait également l’un de ses deux sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que l’une de ses deux puissances nucléaires. Le Royaume-Uni perdrait, pour sa part, son rôle clé dans la définition et la mise en œuvre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’UE, et risquerait de perdre son accès à des banques de données sécuritaires, et à des projets militaires industriels cruciaux.


De part et d’autre, les parties déclarent vouloir maintenir dans le domaine stratégique un « partenariat ambitieux », sauvegardant pour le long terme l’essentiel de leur coopération. À la différence, pourtant, des autres grands domaines de politique publique autour desquels les négociations sur le Brexit s’accélèrent – y compris celui de la sécurité intérieure – les discussions sur la défense demeurent dans le flou artistique. Alors que la date butoir du 29 mars 2019 se rapproche rapidement, le « partenariat ambitieux » entre Londres et Bruxelles reste largement hypothéqué par les négociations sur le commerce, la libre circulation des personnes, et la question irlandaise.


Alors que, partout sur « le continent », le débat autour de l’Europe de la défense semble quelque peu décoller, depuis 2016 et la publication du document sur la stratégie globale de l’Union, l’absence de discussions de fond sur l’avenir de la relation stratégique entre Londres et l’UE relève du paradoxe. C’est d’autant plus étonnant que les défis sécuritaires auxquels l’UE fait face depuis plusieurs années ne cessent de s’accentuer : déstabilisation des frontières orientales et méridionales, confrontation grandissante entre acteurs principaux au Moyen-Orient ; crise des migrants, menaces terroristes, crise des budgets de la défense au vu des besoins futurs en matière d’armements, menaces nouvelles (cyber, intelligence artificielle…), interrogations sur l’avenir de l’Alliance atlantique à l’heure de Donald Trump ; essor du populisme et remise en cause, un peu partout en Europe, de l’acquis communautaire et du principe même de l’intégration.


Londres et la défense européenne : un héritage tumultueux


Le rôle du Royaume-Uni dans l’histoire tumultueuse de l’Europe de la défense a toujours été pour le moins ambigu. La défaite de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954 fut, certes, provoquée par le vote négatif de l’Assemblée nationale française. […]


PLAN

  • Londres et la défense européenne : un héritage tumultueux
  • Brexit : positions britanniques et réponses européennes
  • Les dossiers cruciaux en suspens


Jolyon Howorth est Visiting Professor of Public Policy à la Kennedy School of Government à l’université de Harvard et professeur émérite de politique européenne à l’université de Bath.

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Brexit et défense européenne : vers un deal ambigu ?

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Blitzkrieg pour la paix : la réconciliation Éthiopie-Érythrée

Date de publication
21 décembre 2018
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Il faut, pour comprendre les chaotiques relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée – avant-dernier État indépendant d’Afrique –, remonter au début du xxe siècle et aux conséquences des actions multiples des grandes puissances dans la région. Guerre de trente, ou de cinquante ans, l’opposition entre Addis-Abeba et Asmara semble désormais muer en dialogue. L’héritage d’une histoire et d’une culture communes suffira-t-il à garantir la paix, en dépit du caractère dictatorial du régime érythréen ?

Alain GASCON
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La Libye depuis 2015 : entre morcellement et interférences

Date de publication
21 décembre 2018
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La Libye est aujourd’hui, de facto, divisée en plusieurs entités. Les efforts déployés par la communauté internationale pour tenter de réconcilier et réunir le pays ont échoué. Un gouvernement d’entente nationale a certes été mis en place mais il peine à s’imposer et à répondre aux besoins de la population. Du point de vue occidental, la situation est toutefois moins préoccupante que par le passé, notamment parce que Daech a perdu ses emprises territoriales.

Jalel HARCHAOUI
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Le défi de la démocratie européenne

Date de publication
21 décembre 2018
Accroche

L’affirmation du rôle du Parlement européen est une réponse au reproche de déficit démocratique dans l’Union. Cette affirmation reste inachevée, du fait de la nature même de l’Union européenne. On doit concevoir cette Union comme une « fédération en devenir », équilibrant la légitimité des démocraties nationales et celle du Parlement européen. La procédure de désignation des Spitzenkandidaten, candidats têtes de liste des partis européens, permet de renforcer l’espace du débat public européen.

Maxime LEFEBVRE
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Peut-il y avoir une démocratie européenne ?

Date de publication
21 décembre 2018
Accroche

Le déficit démocratique de l’Union européenne dénonce un double manque : celui d’une réelle séparation des pouvoirs et celui d’un peuple européen. Un renforcement des pouvoirs du Conseil des ministres pourrait favoriser une « démocratie au second degré ». Le véritable changement serait d’aller vers une Europe confédérale. Mais le choix de cette option serait inséparable du refus de la subordination européenne : un choix partagé par peu d’États membres, indépendamment de la volonté des peuples.

Marie-Françoise BECHTEL

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Page couverture PE n° 4 2018
Jolyon HOWORTH, « Brexit et défense européenne : vers un deal ambigu ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2018.
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Page couverture PE n° 4 2018

Brexit et défense européenne : vers un deal ambigu ?