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Le Royaume-Uni et le monde après le Brexit

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Politique étrangère, vol. 83, n° 4, hiver 2018-2019
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Page couverture PE n° 4 2018
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Lors de la campagne référendaire de 2016, la question des conséquences potentielles du Brexit sur la place du Royaume-Uni dans le monde a été éludée. Les partisans du Leave comptent sur la relation spéciale avec les États-Unis, sur l’appartenance à des institutions multinationales et sur les liens avec les pays du Commonwealth pour maintenir le statut international de leur pays. L’âpreté des relations entre Donald Trump et Theresa May montre toutefois qu’il s’agit d’un pari risqué.

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Les Britanniques ont voté en faveur de la sortie de l’Union européenne (UE) lors du référendum du 23 juin 2016 sans que les conséquences d’un éventuel Brexit aient été débattues pendant la campagne électorale. Celle-ci avait porté essentiellement sur le contrôle de l’immigration, le retour à une souveraineté non partagée (symbolisée par le slogan Take Back Control), et sur les aspects économiques. Le Premier ministre David Cameron avait, de toute façon, défendu à son administration de prévoir un plan d’action en cas de vote négatif, qu’il porte sur l’économie ou sur la réflexion stratégique.


La victoire inattendue du Leave soulève pourtant bien des questions concernant la politique étrangère du Royaume-Uni après mars 2019, date de la sortie effective de l’UE, et sur la place future du pays sur la scène internationale. Les incertitudes sont encore nombreuses, car elles dépendront pour partie des négociations en cours avec l’UE, et des événements extérieurs sur lesquels le gouvernement britannique a peu ou pas de prise. Mais on peut déjà avancer que le Brexit, présenté par les europhobes les plus ardents comme l’occasion pour le Royaume-Uni de (re)devenir un acteur global, risque au contraire d’affecter négativement le rôle et l’influence du pays.


La fin d’une époque


Le vote en faveur du Brexit peut s’interpréter comme un tournant dans l’histoire de la politique étrangère britannique depuis 1945. Celle-ci s’était en effet construite autour des fameux « trois cercles » définis par Winston Churchill. Le premier, dans l’ordre d’importance à l’époque, était le Commonwealth ; le deuxième, ce qu’il appelait la « communauté transatlantique » avec les États-Unis et le Canada ; et le troisième la relation avec l’Europe. C’était là la vision stratégique que le pays s’était donnée, autour de laquelle la politique étrangère devait se construire. Au fil des décennies, le poids du premier cercle s’est estompé au profit du troisième : l’Europe, ou plutôt la Communauté économique européenne (CEE) dont le Royaume-Uni est devenu membre en 1973.


La participation au projet européen a permis de compenser la perte de prestige liée à la décolonisation, et de donner un nouvel horizon à la politique étrangère britannique, en complément des autres éléments de puissance que sont la possession de l’arme nucléaire, le siège permanent au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) et le rôle de premier plan dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). […]


PLAN

  • La fin d’une époque
  • Le discours officiel sur l’après-Brexit
  • La réalité en Europe
  • La relation spéciale
  • La capacité d’intervenir militairement à l’extérieur
  • Le Commonwealth et l’ONU


Pauline Schnapper est professeur de civilisation britannique contemporaine à l’université de la Sorbonne-Nouvelle de Paris. Elle est co-auteur avec David Baker de Britain and the Crisis in the European Union, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2015 et de Le Royaume-Uni doit-il quitter l’Union européenne ?, Paris, La Documentation française, 2014.

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Liban : entre clientélisme régional et carcan national

Date de publication
20 mars 2018
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En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.

Aurélie DAHER
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Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?

Date de publication
20 mars 2018
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Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.

Dorota RICHARD
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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

Date de publication
20 mars 2018
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Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.

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Stratégie et liberté d’action

Date de publication
20 mars 2018
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Préserver, accroître sa liberté de décider et de faire : c’est le cœur de la stratégie, art de l’agir. Les degrés de liberté d’action constituent une véritable monnaie stratégique, qui se réduit ou croît au fil de la relation avec l’adversaire. Cette monnaie doit être dépensée, l’abstention diminuant la capacité à agir ; mais elle n’existe que par les moyens concrets dont dispose le stratège. Cette liberté d’action est centrale à tous niveaux des stratégies, et pour toutes les stratégies.

Vincent DESPORTES
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Pauline SCHNAPPER, « Le Royaume-Uni et le monde après le Brexit », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2018.
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Le Royaume-Uni et le monde après le Brexit