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Les États-Unis et l’Arctique : de l’hibernation à l’engagement

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Politique étrangère, vol. 83, n° 2, été 2018
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Page couverture PE n° 2 2018
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Jusqu’à très récemment, les États-Unis n’ont accordé que peu d’attention à l’Arctique. Avec le réchauffement climatique et l’ouverture croissante de la région au reste du monde, on observe cependant un changement d’attitude du pays à son égard. La multiplication des documents stratégiques, à compter de la fin des années 2000, ainsi que le réinvestissement diplomatique du Conseil de l’Arctique, témoignent alors de l’intérêt accru des États-Unis pour une région en pleine mutation.

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Depuis l’achat de l’Alaska à la Russie en mars 1867 pour 7,2 millions de dollars, les États-Unis possèdent le statut de nation arctique, aux côtés de la Russie, du Canada, de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, de l’Islande et du Danemark (via le Groenland). La localisation de l’Alaska en fait d’ailleurs le principal objet de la stratégie américaine en Arctique durant la guerre froide. La formule employée en 1971 par l’ancien secrétaire de l’Intérieur Walter Hickel résume alors bien son importance stratégique : « Nous pouvons apercevoir [l’Union soviétique] de chez nous » En effet, seul le détroit de Béring sépare les deux États dans la région. Dans un premier temps, il est donc question pour les États-Unis de se protéger contre l’URSS grâce à la militarisation de leur territoire. L’Arctique est ainsi considéré à cette époque comme une arrière-cour glacée des deux grandes puissances nucléaires, un espace stratégique de dissuasion où se font face les deux blocs.


Si la région n’existe donc pas en tant que telle durant la guerre froide, un élan de coopération régionale ne tarde pas à être impulsé par la Russie et les autres nations arctiques à la sortie de l’ordre bipolaire. Les États-Unis choisissent néanmoins de rester en retrait de cette dynamique naissante. Ce manque d’implication peut notamment s’expliquer par le fait que l’Arctique n’est alors pas considéré comme une priorité par les responsables américains.


On observe cependant depuis quelques années un engagement croissant des États-Unis dans le processus de gouvernance régionale. Ce sursaut survient alors que l’Arctique est affecté par des changements environnementaux drastiques, et s’ouvre de plus en plus au reste du monde. À partir de la fin des années 2000, Washington restructure sa stratégie nationale pour l’Arctique autour d’objectifs sécuritaires, économiques, environnementaux et diplomatiques. Si l’Alaska reste un élément fondamental de la stratégie arctique des États-Unis, il n’en est plus la seule clé de lecture, à mesure que le pays s’implique dans la principale instance de gouvernance régionale : le Conseil de l’Arctique. […]


PLAN

  • La difficile implication des États-Unis dans la construction post-guerre froide d’un ordre régional
     - Une position ambivalente à l’égard du droit de la mer
     - Des disputes maritimes en suspens avec les voisins russe et canadien
     - Un acteur réticent de la gouvernance arctique naissante
  • Un regain d’intérêt dans un contexte de réchauffement climatique
     - Une crise de gouvernance marquée par le changement climatique
     - Le réinvestissement diplomatique des États-Unis
     - Revalorisation du Conseil de l’Arctique et multiplication des documents stratégiques
  • Les défis présents et à venir
     - Une remise en cause de l’engagement environnemental américain ?
     - La problématique du tabou militaire dans les relations russo-américaines en Arctique


Christelle Calmels est doctorante au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.

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Les États-Unis et l’Arctique : de l’hibernation à l’engagement

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La souveraineté alimentaire ou le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

La plupart des pays en développement dépendent des importations pour nourrir leur population. Les politiques libérales impulsées par les organisations financières internationales ont mis à mal l’agriculture traditionnelle au profit de grandes firmes multinationales. Les États du Sud doivent désormais reprendre les choses en main et mettre en œuvre des politiques agricoles volontaristes permettant d’atteindre la souveraineté et la sécurité alimentaires.

Said ALAHYANE
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Quel bilan pour la Politique européenne de voisinage ?

Date de publication
22 septembre 2017
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Avec les élargissements de l’Union européenne de 2004 et 2007, les frontières de l’UE se sont déplacées vers l’est. Dans le cadre de la Politique européenne de voisinage puis du Partenariat oriental, l’UE tente d’entretenir de bonnes relations avec ses nouveaux voisins et de les faire évoluer vers la démocratie libérale. La Russie considère que cette approche menace ses intérêts et fait pression sur les anciennes républiques soviétiques pour qu’elles demeurent dans sa sphère d’influence.

Jakub LACHERT
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Obamacare : genèse, bilan, futur

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

L’Affordable Care Act (ACA), plus connu sous le nom d’Obamacare, est une réforme ambitieuse du système de santé américain. Entrée en vigueur en 2010, elle vise d’une part à élargir l’accès à l’assurance santé et d’autre part à réorganiser la distribution des soins. 25 millions d’Américains ont ainsi pu obtenir une assurance santé. Le bilan de cette réforme est néanmoins mitigé. Donald Trump a engagé un processus de retrait de l’ACA. Il n’est toutefois pas certain qu’il parvienne à ses fins.

Thomas RAPP
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Back to the East of Suez? Les Britanniques dans l’océan Indien

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

En décembre 2016, le gouvernement britannique annonçait son retour « à l’est de Suez ». Or, au-delà de l’effet d’annonce, la capacité de Londres à jouer un rôle géopolitique dans la région reste limitée. Londres ne cache pas la priorité qu’elle accorde aux échanges commerciaux, en particulier avec la Chine, au détriment éventuel de l’Inde. Son soft power, en particulier dans le domaine de la formation, lui permet cependant de préserver sa présence hors des jeux de puissance locaux.

Jean-Loup SAMAAN

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Page couverture PE n° 2 2018
Christelle CALMELS, « Les États-Unis et l’Arctique : de l’hibernation à l’engagement », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2018.
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Les États-Unis et l’Arctique : de l’hibernation à l’engagement