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Un équilibre fragile : les relations sino-russes

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Page couverture PE_hs_Russie_2007
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Russie et Chine partagent des approches similaires sur plusieurs questions régionales et internationales, et la Chine est le principal client de Moscou en matière d’armements et d’énergie. Pourtant, Moscou s’inquiète d’une Chine en passe de devenir une nouvelle puissance globale, avec les conséquences imaginables sur la sécurité de la Russie et sa place dans le monde. L’avenir du partenariat Pékin-Moscou, qui dépend d’un équilibre fragile entre méfiances et convergences, reste incertain.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Les relations entre la Russie et la Chine se caractérisent par de nombreuses ambiguïtés et contradictions. S’y mêlent une conception généralement pragmatique teintée de préjugés, un réel engagement articulé à une compétition stratégique, des convergences de politiques contrebalancées par une méfiance sur les futurs agendas, une jalousie mâtinée de mépris civilisationnel. Avec ses multiples facettes, la logique sous-tendant les liens de coopération entre Moscou et Pékin est d’autant plus fascinante qu’au cours de la période post-soviétique la Chine a surtout servi de contrepoids à l’ensemble des relations entretenues par la Russie avec l’Occident. Pour certains, le partenariat stratégique avec la Chine illustre le « pragmatisme » de la politique étrangère post-soviétique de la Russie ; pour d’autres, l’étroitesse et l’intensité des relations sont plus rhétoriques que substantielles.


Le poids de l’histoire


La schizophrénie de la politique et de l’attitude russes à l’égard de la Chine a une longue histoire, qui remonte à l’invasion mongole des cités russes au XIIIe siècle. Les destructions causées par les hordes mongoles ont profondément ancré dans la mentalité russe l’idée selon laquelle l’Est représente une source persistante de menace et d’insécurité. Fondamentalement, les Mongols n’ont presque rien apporté aux peuples qu’ils ont soumis, ce qui a renforcé l’image de l’Est comme incarnation de la barbarie et de l’arriération, ainsi que du danger. Au cours des siècles suivants, un isolement durable de la Russie des principaux courants de civilisation asiatique a profondément limité l’émergence de conceptions alternatives, plus positives de l’Est.


L’impact négatif des facteurs structurels de long terme (distance et isolement, divergences civilisationnelles et normatives) a été renforcé par les événements de l’époque contemporaine : participation russe au démembrement de la Chine par les puissances étrangères dans la seconde moitié du XIXe siècle ; double approche de Staline dans la guerre civile entre Mao Zedong et Tchang Kaïchek ; rivalité idéologique et personnelle acharnée entre Mao et Nikita Khrouchtchev et affrontements à la frontière sino-soviétique en 1969. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Le poids de l’histoire
  • Une dimension stratégique
    - Équilibre des puissances
    - Rapports triangulaires
    - Instrumentalisme et américano-centrisme
    - Aspirations stratégiques
  • Aspirations stratégiques
  • Perspectives

 

Cet article é été publié pour la première fois en avril 2005 dans la collection 'Russie.NEI.Visions, n°1, du Centre Russie.NEI de l'Ifri.
 

Bobo Lo est directeur du programme Russie & Eurasie de Chatham House et chercheur invité au Centre Carnegie de Moscou. Parmi ses récentes publications: 'Evolution or Regression? Russian Foreign Policy in Putin’s Second Term', in H. Blakkisrud (dir.), Towards a Post- Putin Russia (Oslo, Norwegian Institute of International Affairs, 2006) et China and Russia: Common Interests, Contrasting Perceptions (CLSA special report, mai 2006).

Ce texte est traduit de l’anglais par Tatiana Kastouéva-Jean.

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Un équilibre fragile : les relations sino-russes

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Gros plan sur le monde asiatique
Centre Asie
Accroche centre

L’Asie est le théâtre d’enjeux multiples, économiques, politiques et de sécurité. Le Centre Asie de l'Ifri vise à éclairer ces réalités et aider à la prise de décision par des recherches approfondies et le développement d’une plateforme de dialogue permanent autour de ces enjeux.

Le Centre Asie structure sa recherche autour de deux grands axes : les relations des grandes puissances asiatiques avec le reste du monde et les dynamiques internes des économies et sociétés asiatiques. Les activités du Centre se concentrent sur la Chine, le Japon, l'Inde, Taïwan et l'Indo-Pacifique, mais couvrent également l'Asie du Sud-Est, la péninsule coréenne et l'Océanie.

Le Centre Asie entretient des relations institutionnelles suivies avec des instituts de recherche homologues en Europe et en Asie et ses chercheurs effectuent régulièrement des terrains dans la région.

Il organise à Paris tables-rondes fermées, séminaires d’experts, ainsi que divers événements publics, dont sa Conférence annuelle, avec la participation d’experts d’Asie, d’Europe ou des Etats-Unis. Les travaux des chercheurs du Centre et de leurs partenaires étrangers sont notamment publiés dans la collection électronique Asie.Visions.

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Russie, Eurasie, Carte
Centre Russie/Eurasie
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Fondé en 2005 au sein de l’Ifri, le Centre Russie/Eurasie produit de la recherche et organise des débats sur la Russie, l’Europe orientale, l’Asie centrale et le Caucase du Sud. Il a pour objectif de comprendre et d'anticiper l'évolution de cette zone géographique complexe en pleine mutation pour enrichir le débat public en France et en Europe, et pour aider à la décision stratégique, politique et économique.

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Qui a tué Dag Hammarskjöld ? Sisyphe à New York

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

En pleine crise du Katanga, le secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld trouve la mort dans un accident d’avion en septembre 1961. On rend ici compte d’une enquête menée dans les archives sur une éventuelle implication de responsables ou de services français. Rien ne semble la prouver. De même, le rapport rendu au secrétaire général de l’ONU en 2019 ne permet pas de conclure à l’assassinat, même si une conclusion définitive n’est pas possible, l’ensemble des hypothèses demeurant donc ouvert.

Maurice VAÏSSE
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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

Guillaume BEAUD
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Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

Seth A. JOHNSTON
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Faut-il créer une agence de renseignement européenne ?

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.

Eric MECHOULAN

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« Un équilibre fragile : les relations sino-russes », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 septembre 2007.
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Un équilibre fragile : les relations sino-russes