Politique étrangère, 50 ans d'une revue
Ce numéro anniversaire célèbre les 50 ans d'existence de la revue Politique étrangère, créée en 1936.
« II y a cinquante ans, en février 1936, paraissait pour la première fois la revue Politique étrangère, publication régulière du Centre d'étude de politique étrangère constitué un an plus tôt, en février 1935. Ce premier numéro, après une description des activités du CEPE, s'ouvrait par une communication d'André Siegfried, membre de l'Institut et professeur au Collège de France, sur le problème des relations franco-américaines. Suivait une analyse de Louis Massignon sur l'évolution de l'Islam vue du Caire.
Pour célébrer cet anniversaire et pour accompagner le numéro spécial que notre revue consacre à « 50 ans de politique étrangère de la France », il nous a semblé opportun de préparer un volume original qui serait un florilège des articles publiés dans la revue Politique étrangère de 1936 à 1986. Nous ne pouvions retenir qu'un petit nombre de textes, quinze sur plus de deux mille. Un travail de sélection aussi rigoureux ne pouvait que comporter une part d'arbitraire, de subjectivité. Pourquoi tel texte et point tel autre ? Pourquoi ce thème et pas cet autre ? Pour comprendre nos choix, il faut partir des objectifs qui étaient les nôtres. Nous souhaitions tout à la fois évoquer la vie de notre revue, assumer et ressusciter un héritage, retrouver à travers leurs écrits des personnalités qui avaient marqué de leur présence le Centre et sa revue. Mais, au-delà de l'hommage rendu aux hommes, nous souhaitions retrouver des textes qui soient encore aujourd'hui pour nous porteurs d'enseignements et toujours d'actualité. [...] »
(Extrait de l'Avant-propos, par Thierry de Montbrial)
SOMMAIRE
Avant-propos, par Thierry de Montbrial
Pour la paix en Palestine, par Robert Montagne
De l'accord de Munich à la fin de l'État tchéco-slovaque, par Hubert Beuve-Méry
Le destin des chrétiens d'Orient, par Pierre Rondot
L'Indochine en 1945, par Paul Mus
La politique étrangère d'une société primitive, par Claude Lévi-Strauss
Le jeu politique allemand. La situation intérieure et les positions internationales, par Alfred Grosser
Contre l'armée européenne, par Michel Debré
Tradition et révolution en Chine, par Étienne Balazs
L'Algérie ou les faux dilemmes, par Jacques Berque
Les conséquences stratégiques et politiques des armes nouvelles, par Jules Moch et Pierre M. Gallois
L'évolution de la doctrine stratégique aux États-Unis, par Henry A. Kissinger
L'Europe 1972-1980 : données et perspectives politiques, par Jacques Vernant
La puissance militaire, instrument de la politique soviétique, par Philip Windsor
L'Europe, l'OTAN et la France : les problèmes non résolus de la défense européenne, par Jacques Andréani
La Communauté atlantique : 1949-1982, par Raymond Aron
Le Système monétaire européen après cinq ans, par Raymond Barre
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLes armements et la paix
Fin 1962, au cœur des débats sur l’avenir des armées et de la stratégie françaises, et sur la mutation atlantique vers la doctrine de « riposte graduée », le général André Beaufre s’interroge dans Politique étrangère (n° 4/1962) sur la nature des armements nécessaires au traitement d’une situation politique donnée : « Comme l’a montré l’histoire de ces dernières années, les armements ont la faculté de créer un équilibre militaire qui, jusqu’à un certain point peut servir de palliatif momentané à une instabilité politique grave. Mais ils ne résolvent en rien le problème politique qui demeure entier. » Une réflexion on ne peut plus actuelle, et nécessaire…
La nouvelle stature diplomatique des pays du Golfe
Le poids politique et économique des monarchies du Golfe s’est considérablement renforcé. Ces pays ont diversifié leurs économies et sont devenus des hubs logistiques, attirant de nombreux investisseurs. Ils ont aussi réussi à projeter leur puissance au-delà de leurs frontières. Toutefois, l’extension régionale de la guerre ouverte par le Hamas le 7 octobre 2023 fait planer le doute sur la stabilité de cette zone, d’autant que le parapluie sécuritaire américain ne paraît plus assuré.
Une alliance bien vivante et qui s'adapte
Née d’une volonté de défense contre l’Union soviétique, l’Alliance a été réinventée à la fin de la guerre froide. Elle est engagée partout où les intérêts des Alliés sont menacés, et il n’existe pas aujourd’hui d’autre option de sécurité crédible pour ses membres. Mais l’Alliance doit savoir évoluer, s’adapter à de nouveaux défis, politiques et économiques, et ajuster ses modes de fonctionnement à la multiplication de ses membres.
L'OTAN : de Washington (1949) à Strasbourg-Kehl (2009)
On peut tenter de cerner l’histoire de l’Alliance en en repérant trois phases. La première est constituée par les quatre décennies de la guerre froide. Puis l’Alliance revêt le rôle d’accoucheur du changement politique en Europe. Dans l’après-11 septembre, le débat rebondit sur les défis de sécurité internationale et le rôle de l’Alliance. Il est aujourd’hui encore ouvert sur des questions fondamentales : entre autres la nécessaire redéfinition de ses missions, et des moyens correspondants.