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Vers la fin de vingt ans de guerre contre le terrorisme ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 3, automne 2021
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Vingt ans après le 11 Septembre, le bilan de la « guerre contre le terrorisme » est contrasté : lourd coût financier et humain, affaiblissement des « centrales » mais diffusion des implantations, fatigue des guerres sans fin… Les puissances occidentales n’ont jamais pu traiter les problèmes politiques qui survivaient à leurs succès militaires. Une nouvelle hiérarchie des défis sécuritaires semble devoir remettre le terrorisme à sa juste place : un problème stratégique parmi de nombreux autres.

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« L’objectif était clair et la cause était juste. » C’est en ces termes que le président des États-Unis Joe Biden qualifiait, le 14 avril 2021, la guerre entreprise près de vingt ans auparavant par l’un de ses prédécesseurs, George W. Bush, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. En dépit de cette clarté de l’objectif, de cette justesse de la cause, c’est pourtant pour annoncer un retrait bien amer, aux allures mêmes de défaite, que le président nouvellement élu prenait la parole ce jour-là : « Je suis le quatrième président américain à commander des troupes américaines en Afghanistan […] je ne passerai pas cette responsabilité à un cinquième. […] Il est temps de mettre fin à la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis. »
 

Au cours des mois qui suivent, le retrait effectif des forces armées américaines – dont le terme est initialement fixé à la date éminemment symbolique du 11 septembre 2021 – s’accompagne d’un véritable effondrement du gouvernement afghan, porté à bout de bras deux décennies durant par Washington et la communauté internationale, ainsi que d’un raz-de-marée taliban, ce mouvement même qui semblait avoir été défait sans appel à la fin 2001 par l’opération Enduring Freedom. Entre la veille du discours de Joe Biden, le 14 avril, et le milieu du mois de juillet, le nombre de districts effectivement contrôlés par les talibans passe de 77 à 222, soit près de 60 % du territoire. L’insurrection exerce également une influence déterminante dans 112 autres districts, n’en laissant qu’un faible nombre (73) aux mains d’un gouvernement exsangue, ne tenant plus que les grandes villes du pays.
 

Par-delà le seul théâtre afghan, c’est en fait l’ensemble de la campagne de « guerre mondiale contre la terreur » initiée en 2001 qui semble aujourd’hui sur le point de prendre un tournant décisif. La bascule américaine de l’effort stratégique vers l’Asie orientale et le Pacifique, annoncée depuis près de dix ans, paraît aujourd’hui bel et bien amorcée. En Irak et en Syrie, les moyens du contre-terrorisme n’ont cessé de se contracter, tandis qu’au Sahel, où la France portait la charge de coordonner les efforts internationaux face aux groupes djihadistes, le président Emmanuel Macron a lui aussi annoncé la fin programmée d’une opération Barkhane qui durait depuis plus de huit ans. Ailleurs, alors que la mouvance djihadiste internationale semble à nouveau marquer des points – au Mozambique ou en République démocratique du Congo –, l’appétence de la communauté internationale pour intervenir demeure pour le moins discrète, sinon pusillanime. […]


PLAN

  • Un bilan peu flatteur
  • Les apories de la grande stratégie
  • Une bascule d’effort stratégique


Élie Tenenbaum est directeur du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales. Il vient de publier, avec Marc Hecker, La Guerre de vingt ans – Djihadisme et contre-terrorisme au XXIe siècle (Paris, Robert Laffont, 2021).

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Vers la fin de vingt ans de guerre contre le terrorisme ?

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Élie TENENBAUM

Élie TENENBAUM

Intitulé du poste

Directeur du Centre des études de sécurité de l'Ifri

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Irak, le laboratoire permanent

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Si l’on s’en tient à l’adage anesthésiant qui voudrait que les peuples heureux n’aient pas d’histoire, les Irakiens partent d’emblée avec un lourd handicap. Ils forment en effet un peuple saturé d’histoire(s), depuis que la Mésopotamie a tenu lieu de décor aux premières sociétés humaines sophistiquées. La temporalité politique s’y affole, en outre, depuis 15 ans ; les velléités américaines de changer le destin du Moyen-Orient tout entier à partir de l’Irak ayant transformé le pays en laboratoire d’observation in vivo des transitions politiques et des recompositions sociales et communautaires (ethniques, religieuses) du monde arabe. Laboratoire déserté par ses laborantins, et où le protocole expérimental ne tient plus.

Dorothée SCHMID Loulouwa AL-RACHID
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Liban : entre clientélisme régional et carcan national

Date de publication
20 mars 2018
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En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.

Aurélie DAHER
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Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?

Date de publication
20 mars 2018
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Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.

Dorota RICHARD
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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

Date de publication
20 mars 2018
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Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.

Comment citer cette étude ?

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Élie TENENBAUM, « Vers la fin de vingt ans de guerre contre le terrorisme ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2021.
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Vers la fin de vingt ans de guerre contre le terrorisme ?