L’Allemagne face à l’Amérique de Trump. Une rupture sans précédent
Le 6 novembre 2024 Donald Trump est réélu à la présidence des États-Unis. Le même jour, Olaf Scholz annonce qu’il limoge son ministre des finances, Christian Lindner, décision qui va mettre un terme à la coalition tripartite au pouvoir depuis trois ans et ouvrir la voie à des élections anticipées.
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a bouleversé la vie politique et économique en Allemagne. Certes, les relations germano-américaines ont déjà connu des crises, notamment sous les chanceliers Schmidt et Schröder, voire sous le premier mandat de Trump. Mais les perspectives pessimistes dressées en 2024 quant aux élections américaines durant les derniers mois du mandat de Joe Biden ont été largement dépassées par la réalité. Les 100 premiers jours du mandat de Trump II constituent une rupture spectaculaire avec les relations transatlantiques du passé. L’administration Trump soutient les partis d’extrême droite en Europe et favorise la montée en puissance de l’AfD en Allemagne. La guerre commerciale déclenchée par Washington sape les fondements du modèle économique allemand, très dépendant des exportations. Enfin, l’éventualité du retrait des troupes américaines du continent européen et la remise en question de l’automaticité de l’article 5 de l’OTAN en cas d’attaque russe par Washington, ainsi que la critique américaine de l’insuffisance des investissements militaires européens (et notamment allemands) oblige Berlin à investir très massivement dans la défense et dans l’aide militaire à l’Ukraine.
Hans Stark est professeur à Sorbonne Université et conseiller pour les relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri.
- Cet article est paru dans la revue Allemagne d'aujourd'hui, n° 2025/2 N° 252, avril-juin 2025, intitulé "Les élections anticipées en Allemagne du 23 février 2025", sous la direction de : Étienne Dubslaff, Paul Maurice, Hans Stark et Jérôme Vaillant.
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Allemagne d'aujourd'hui 2025/2 N° 252
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