Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Un « croissant chiite » en miettes ? L’évolution de l’influence régionale de l’Iran depuis 1979

Articles
|
Date de publication
|
Références
Revue Confluences Méditerrannée, n°125, été 2023
Image de couverture de la publication
Confluences Méditerrannée, n°125
Accroche

Depuis son apparition en 2004, l’expression « croissant chiite » a rapidement gagné en popularité pour décrire l’influence iranienne au Moyen-Orient au travers des populations chiites. S’il permet certes de mieux comprendre l’importance du chiisme, autant comme religion que comme idéologie politique, en Irak ou au Liban, le terme ignore la diversité de cette influence, et sa fragilité grandissante. En effet, sur le plan stratégique, les milices chiites comme le Hezbollah ou l’organisation Badr apparaissent comme les principaux ciments de ce « croissant chiite », notamment pour constituer un corridor logistique de l’Iran à la Méditerranée. Cependant, les guerres successives contre Israël, les États-Unis ou Daech ont permis à ces milices de gagner en indépendance vis-à-vis de Téhéran, et remettent donc en question la pertinence du « croissant chiite ».

Image principale
Drapeaux du Hezbollah surplombant le Sud-Liban
Drapeaux du Hezbollah surplombant le Sud-Liban
© John Grummitt/Shutterstock.com.
Corps analyses

En novembre 2004, lors d’un entretien avec la presse américaine, le roi Abdallah II de Jordanie s’inquiète de la possible création d’un « croissant chiite » (Shia crescent) au Moyen-Orient, à la faveur des élections irakiennes à venir. Après la chute de Saddam Hussein provoquée par l’invasion américaine, les partis politiques chiites, portant la voix de la majorité chiite irakienne opprimée pendant des dizaines d’années, sont susceptibles de remporter un large succès, et donc de faciliter l’implantation de l’Iran en Irak, puis dans d’autres pays de la région.

L’expression gagne rapidement en popularité dans les milieux académiques et gouvernementaux occidentaux, mais aussi chez les élites sunnites du Moyen-Orient, qui voient dans cette formule une simplicité et une crédibilisation par un souverain de leurs propres inquiétudes face au poids de l’Iran dans l’équilibre régional. Le « croissant chiite » s’ajoute ainsi à « l’axe du mal » de G.W. Bush, expression elle aussi éminemment religieuse et dont le dernier subside encore debout au Moyen-Orient, l’Iran, fait partie. Cependant, le gouvernement de Téhéran réfute cette idée d’un « croissant chiite », lui préférant, pour les plus optimistes, la « pleine Lune chiite » (soit une hégémonie chiite sur la région), ou se montre au moins critique, tel le président Rouhani qui lui préfère l’idée d’une « oumma » musulmane unie malgré les divisions entre les sunnites et les chiites.

> Le reste de l'article (accès abonnés) est à retrouver sur Cairn.

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Partager

Decoration
Auteur(s)
Photo
Héloïse FAYET

Héloïse FAYET

Intitulé du poste

Chercheuse, responsable du programme dissuasion et prolifération, Centre des études de sécurité de l'Ifri

Image principale
Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
Accroche centre

Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

Image principale

Stabilité sous pression. Un point de vue pakistanais sur la dissuasion nucléaire après Pahalgam

Date de publication
24 juin 2026
Accroche

La crise indo-pakistanaise de mai 2025, survenue après l’attaque de Pahalgam, a relancé un débat familier mais incomplet : la dissuasion nucléaire a-t-elle fonctionné, ou a-t-elle simplement permis aux deux parties de mener une guerre limitée sous l’ombre du nucléaire ? La meilleure réponse est que la dissuasion a fonctionné au niveau pour lequel elle a été conçue. Elle a empêché une guerre généralisée ainsi qu’une escalade verticale incontrôlée, tout en maintenant les armes nucléaires à l’arrière-plan. En revanche, elle n’a pas empêché l’Inde de chercher à se ménager un espace d’action conventionnelle, ni le Pakistan de répondre par des moyens conventionnels afin de rétablir la crédibilité de sa dissuasion.

Rabia AKHTAR
Image principale

Nation-cadre : défi européen et ambition française

Date de publication
10 juin 2026
Accroche

Apparu au début des années 2000, le concept de nation-cadre obéit à différentes logiques, qu’il s’agisse d’assumer le leadership d’une opération militaire, de diriger un projet capacitaire commun ou de commander une structure de forces permanente. Dans tous les cas, le pays qui assume ce rôle entend bien y trouver un surcroît d’influence politico-militaire. 

Image principale

Évolution stratégique du soutien apporté par l'OTAN à l'Ukraine : une étude des initiatives NSATU et PURL

Date de publication
04 juin 2026
Accroche

Cette étude analyse une transformation majeure du soutien pratique de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à l’Ukraine, marquée par la création de la mission NATO Security Assistance and Training for Ukraine (NSATU) et du mécanisme de financement Prioritized Ukraine Requirements List (PURL).

Iryna KRASNOSHTAN
Image principale

Les fausses promesses du Golden Dome. Incertitudes d’un projet déstabilisateur

Date de publication
20 mai 2026
Accroche

Le Golden Dome, annoncé dans le Bureau ovale en mai 2025 par Donald Trump, est un projet de système de défense antimissile visant à protéger l’intégralité du territoire américain contre les menaces balistiques, hypersoniques, de croisière et autres missiles avancés. Inspiré du système israélien Iron Dome et de l’Initiative de défense stratégique (IDS) des années 1980, ce programme s’appuie sur une architecture multicouche intégrant des capteurs et des intercepteurs, dont une composante spatiale comprenant des intercepteurs orbitaux capables de détruire des missiles lors de leur phase de lancement.

Crédits image de la page
Drapeaux du Hezbollah surplombant le Sud-Liban
© John Grummitt/Shutterstock.com.

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Confluences Méditerrannée, n°125
Héloïse FAYET, « Un « croissant chiite » en miettes ? L’évolution de l’influence régionale de l’Iran depuis 1979 », Articles, Ifri, 1 juillet 2023.
Copier