Les ripostes iraniennes « sont laissées à la discrétion de commandants régionaux »
Les frappes américaines et israéliennes ont neutralisé « une grande partie » de l'appareil sécuritaire de haut niveau iranien, laissant l'Iran sans commandement national pour décider de la riposte, estime Héloïse Fayet, chercheuse à l'Institut français des relations internationales (Ifri), en charge du programme Dissuasion et prolifération.
« Donald Trump l'a reconnu lui-même dans une adresse à la presse cette nuit, il semblait avoir plusieurs candidats politiques et militaires en tête pour prendre la suite de ceux qu'il devait neutraliser dès la première frappe, et en fait, il les a tous neutralisés d'un coup », raconte Héloïse Fayet, chercheuse à l'Ifri et spécialiste des questions de défense, lundi sur France Inter. Depuis samedi, des frappes américaines et israéliennes ont visé l'Iran, tuant, entre autres, le guide suprême Ali Khamenei.
Désormais, « il manque de groupe de commandants nationaux pour donner des ordres, pour diriger, pour calibrer la réponse », selon la chercheuse, entraînant le risque d'une guerre potentiellement plus dangereuse. Très tôt lundi matin, des explosions ont été entendues à Jérusalem ou encore à Abou Dhabi. « Il y a probablement beaucoup de ces actions et de ces attaques qui sont laissées à la discrétion des commandants locaux et régionaux iraniens, sans stratégie vraiment globale », prévient Héloïse Fayet.
Une riposte qui se fait avec des missiles de plus courte portée que lors de la réplique en juin 2025, durant la guerre des 12 jours, de l'ordre de « 300 à 500 kilomètres », selon la spécialiste, « donc il frappe plutôt les pays du Golfe, donc Bahreïn, les Émirats, le Qatar, parce que, justement, ils sont beaucoup plus proches du territoire iranien et donc ils sont, entre guillemets, plus faciles à frapper ».
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