Quel avenir pour les lanceurs spatiaux commerciaux en Chine ?
Le 19 août 2026, LandSpace réussit la première récupération d'un étage de son lanceur Zhuque-3 après un vol orbital, signe de la maturité des entreprises spatiales privées apparues en Chine depuis plus de dix ans. Loin d'un grand plan étatique, l'essor de ces lanceurs commerciaux relève d'une dynamique entrepreneuriale et provinciale progressivement encadrée par Pékin, dont les perspectives sont analysées dans ce Briefing de Lucie Sénéchal-Perrouault.
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Points clés
À partir du milieu des années 2010, la libéralisation du secteur des lanceurs fait émerger en Chine une diversité d’entreprises. Ce mouvement procède pour partie d’une volonté d’émuler le New Space américain, et d’un enthousiasme pour les entreprises de
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Le maillon provincial est d’une importance cruciale dans cette émergence : les gouvernements locaux sont les interlocuteurs privilégiés des entreprises privées. Main-d’œuvre et financements font l’objet d’une compétition farouche entre participants.
Le cadre réglementaire central du spatial commercial est initialement flou et exploratoire, la place des lanceurs ambiguë. Ils font l’objet d’une réglementation ad hoc à la fin des années 2010, puis, à partir de 2023, d’un soutien politique et d’un encadrement de plus en plus affirmé.
Aujourd’hui, ces entreprises comptent sur les mégaconstellations pour assurer leur activité. Même si cette demande est réelle, les entreprises de lanceurs ne devraient pas toutes survivre.
Le 19 août 2026, un lanceur Zhuque-3 de la société chinoise LandSpace effectue son premier atterrissage à la suite d’un vol orbital. Cette première récupération d’étage de lanceur, préalable à des opérations de réutilisation, démontre la maturité des entreprises spatiales privées qui ont émergé en Chine depuis plus d’une décennie.
La libéralisation du secteur des lancements spatiaux s’inscrit dans le cadre du « spatial commercial » ( 商业航天 shangye hangtian), terme qui se popularise en République populaire de Chine (RPC) au milieu de la décennie 2010. Ce « spatial commercial » chinois recouvre toutes les filières amont et aval : lanceurs, satellites, services. D’après les chiffres officiels, on y compterait aujourd’hui quelque 600 entreprises . En 2025, le secteur aurait affiché une croissance de 20 % et levé 2,28 milliards d’euros de fonds. Le segment des lanceurs n’en forme qu’une fraction : une vingtaine d’acteurs, dont huit seulement ont atteint l’orbite. C’est un ensemble restreint, très consommateur de capital et très visible.
Si la vision selon laquelle il s’agit d’un projet exclusivement orchestré par l’État central est répandue parmi les observateurs internationaux, l’émergence de lanceurs commerciaux en RPC est en fait un phénomène multifactoriel. Il est porté par l’internationalisation du phénomène du New Space venu des États-Unis et galvanisé par les premiers essais réussis du lanceur Falcon 9 de l’entreprise privée SpaceX, qui ont encouragé les initiatives privées dans ce secteur en Chine. Les provinces chinoises ont accompagné cette dynamique, initialement guidée par des orientations floues et exploratoires, puis progressivement encadrée par l’État central, soucieux d’en assurer la cohérence. La pérennité de cette industrie émergente dépend désormais de la demande de lancements pour les projets de mégaconstellations, qui demeure incertaine.
Comment la Chine cherche-t-elle à transformer une expérimentation entrepreneuriale et décentralisée du lancement spatial commercial en une industrie à la fois compétitive, viable et alignée sur ses priorités stratégiques ?
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