11
avr
2018
Espace Média L'Ifri dans les médias
Corentin BRUSTLEIN, Elie TENENBAUM, cités dans le Parisien, dans un article de Romain Baheux

«Beaux, nouveaux et intelligents» : quels sont les missiles dont parle Trump

Le président américain a promis qu’il frapperait le sol syrien, vantant la qualité des missiles de son armée. « La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et intelligents ! »

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Dans la catégorie promesse d’attaque, il est difficile que de faire plus clair que le tweet écrit par Donald Trump mercredi. Mais une fois passée la surprise - relative - de voir le président américain annoncer de la sorte une riposte aux attaques chimiques présumées menées par le régime de Bachar el-Assad, de quoi parle-t-il exactement ?

  • « A mon sens il ne faut pas nécessairement lire ce tweet comme annonçant qu’un nouveau type de système serait nécessairement employé, estime Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri). C’est possible, les Etats-Unis ayant à leur disposition une grande variété d’options de frappe et pouvant être tentés d’en dévoiler de nouvelles, destinées à pénétrer des défenses aériennes modernes, mais les Etats-Unis n’en auraient pas besoin. »

« Le terme smart munitions est très commun dans le lexique 'généraliste' américain, je pense qu’il faut se méfier de ce message », abonde Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine Défense & Sécurité Internationale. Reste que le président américain a peut-être voulu évoquer d’autres types de missiles Tomahawk que ceux déjà expédiés sur la Syrie en avril 2017. Arme traditionnelle de l’arsenal US, le missile de croisières dispose de différentes sous-versions. Et peut être tiré de différentes manières depuis un navire ou un sous-marin.

  • « Il y a un an, la trajectoire des Tomahawk était assez classique, décrit Elie Tenenbaum, chercheur à l’Ifri. Là, vous pourriez les faire voler à plus basse altitude pour échapper aux radars. Mais ça vous oblige à lancer l’attaque plus proche de votre cible. »

Car la Russie se vante d’avoir déployé ses systèmes antimissile S-300 et S-400 sur le territoire syrien. L’ambassadeur de Moscou au Liban, Alexander Zasypkin, a annoncé mardi que les missiles américains et leur base de tir seraient détruits par l’armement russe en cas d’offensive contre un territoire géré par Damas.

Autre hypothèse offensive sous-entendue par le tweet de Donald Trump, une attaque aérienne via un avion furtif pour rentrer en Syrie sans être repéré et lâcher un AGM-158 JASSM, « missile pas encore utilisé en opérations, souligne Joseph Henrotin. Après, s’il peut être abattu et que les Russes récupèrent des données ou matériaux, il n’est pas dit que son usage sera recommandé par le Pentagone ».

Interrogé par Business Insider, le spécialiste britannique en combat aérien Justin Bronk évoque la possibilité d’une attaque massive de Tomahawk. Objectif : submerger les batteries antiaériennes russes.

  • « Là, on serait plus sur une approche quantitative que qualitative, souligne Elie Tenenbaum. Le risque de cette stratégie, c’est de se faire abattre 70 % de ses missiles et de faire de l’attaque un argumentaire de vente magnifique pour le S-400. Les potentiels acheteurs sont toujours attentifs à des déploiements en situation réelle, c’est un peu le salon du Bourget du missile. »

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