Moscou et Ankara : Murailles ou passerelles entre l'Europe et l'Asie ?
Paris : Ifri, 2002. - 91 p. (Cahiers et conférences, n° 2)
Cet ouvrage retrace l'histoire des relations tumulteuses entre la Russie et la Turquie, ces deux grands empires déchus qui se retrouvent aujourd'hui tous deux aux portes de l'Europe.
Le prochain élargissement de l'Union européenne pose avec une acuité toute particulière la question des limites géopolitiques et civilisationnelles de l'Europe, surtout à l'est et au sud. Cela concerne en premier lieu les deux grands Etats eurasiatiques -la Russie et la Turquie. Héritières de deux empires longtemps rivaux, elles ont été durant trois siècles l'un des principaux foyers des conflits qui ont profondément déstabilisé l'équilibre européen.
Depuis la fin de la guerre froide et la dissolution de l'Union soviétique, certains milieux dirigeants turcs ont rêvé de prendre une revanche sur 'l'ennemi héréditaire' dans les régions musulmanes et turcophones de l'espace post-soviétique. Cette tentation subsiste toujours. Mais elle se heurte aux aspirations européennes tant de Moscou que d'Ankara, encouragées à la fois par le rapprochement de leurs économies et par la redistribution radicale des cartes sur l'échiquier mondial après les attentats du 11 septembre 2001, qui a poussé les anciennes soeurs ennemies sur la voie de la réconciliation.
Bien que les futurs rapports de l'Union européenne avec la Russie et la Turquie suscitent des polémiques passionnées et se heurtent à de nombreux obstacles, l'Europe en tant que puissance à part entière dans un univers mondialisé ne peut se concevoir sans passerelles jetées vers le coeur du continent eurasiatique -à travers Moscou et Ankara.
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