Les Carnets, porte ouverte sur la diplomatie numérique française
Lancés mi-février, les « Carnets diplomatiques » sont une porte ouverte sur le plus ancien des ministères français. Objectif de ce blog : démystifier l'austère figure du diplomate, mais surtout combler le retard de la France sur le terrain de la diplomatie numérique.
Ukraine : comment Poutine mène l'offensive sur les réseaux sociaux
Le Kremlin se sert du réseau social russe VKontakte pour discréditer le nouveau gouvernement ukrainien aux yeux de l'opinion russe.
L'offensive ukrainienne de Vladimir Poutine ne se limite pas aux seules plaines de Crimée. Le conflit ukrainien fait aussi rage sur Internet. Pro-russes et pro-ukrainiens y mènent une véritable guerre de propagande. En Ukraine, Twitter et Facebook ont joué un rôle déterminant dans le mouvement Maïdan. Il en va tout autrement en Russie, où les autorités ont bloqué l'accès depuis le pays à plusieurs groupes pro-ukrainiens sur le réseau social VKontakte. L'agence russe de surveillance des communications Roskomnadzor a motivé sa décision en expliquant que ces groupes relayaient des «appels directs au terrorisme et à la participation à des manifestations non-autorisées y compris à Moscou». L'une des pages censurées avait reçu le soutien de quelque 500.000 internautes, selon l'agence Associated Press.
L'explosion numérique et les relations internationales
La révolution numérique bouleverse bien évidemment les relations internationales. Ce ne sont plus seulement les Etats qui s’affrontent dans un univers virtuel en développant des programmes et des armes d’un type nouveau, ce sont les acteurs sociaux qui sont impliqués dans nos sociétés démocratiques, mais aussi les dictateurs, les mafias, les talibans, les djihadistes - toutes sortes d’organisations qui nourrissent, informent ou déforment la toile au gré de leurs intérêts. En moins de 4 ans, deux chocs ont ébranlé l’ordre établi : Wikileaks fin 2010 et l’été dernier, les révélations d’Edward Snowden, cet informaticien américain toujours réfugié à Moscou, qui a démontré l’ampleur des systèmes de surveillance mis en place par les Etats-Unis. Quels sont donc aujourd’hui les enjeux et l’impact de la révolution numérique sur les relations internationales ?
Diplomates et réseaux sociaux
Entretien avec Carl Bildt par Thomas Gomart
Pourquoi et quand avez vous décider de twitter?
- J'ai toujours été intéressé par les nouvelles technologies.
La diplomatie digitale française à la traîne
Avec l’explosion d’internet, la diplomatie a franchi une nouvelle étape. Celle de la « diplomatie digitale ». Présidents, chefs de gouvernements, diplomates ou leaders d’opinion, tous portent désormais la voix de leurs pays sur les réseaux sociaux. A la traîne, la France tente de rattraper son retard sur la Toile.
L'espionnage électronique est-il une pratique courante entre alliés ?
Il y a toujours eu de l’espionnage entre pays adversaires ou alliés. Les exemples ne manquent pas entre la France et les États-Unis pendant ou après la guerre froide, dans le domaine militaire ou économique. Ce qui frappe dans l’affaire de la NSA, c’est la proportion, le caractère systématique et non ponctuel de la surveillance américaine, sans le moindre « gentleman agreement » entre alliés.
Internet, enjeu de pouvoir entre les Etats-Unis et les "grands émergents"
Les instances qui gouvernent Internet ont affiché, début octobre, lors d'une réunion à Montevideo (Uruguay), leur désaveu des méthodes américaines, dont le programme de surveillance est devenu un scandale mondial. Certaines de ces organisations, dont celle chargée de gérer les ressources du réseau (adresses IP et noms de domaine), l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) et sa composante l'IANA (Internet Assigned Numbers Authority), sont sous contrôle direct des Etats-Unis et souhaitent désormais s'en éloigner, pour devenir des instances réellement mondiales.
Edward Snowden and democratization through the web
Why did Edward Snowden decide to disclose information related to U.S. secret services?
- Edward Snowden belongs to that generation of militants who do believe in the web as a tool for democratization, and do think that, to some extent, intelligence services of big states intend to monitor and to control the web at the expense of civil societies. This generation of militants believes in democratization through the web, and they want to fight against the "raison d'Etat". In that sense, there will be certainly other people like Snowden who will be ready to defend that cause of transparency. We'll see what is going to happen, but I definitely think he will become more and more a sort of a symbol of this cause, as Julian Assange is.
La diplomatie numérique
Les diplomates s'invitent sur les réseaux sociaux deux ans après le scandale WikiLeaks qui avait fait hurler les chancelleries. Qu'est-ce que cela change aux relations entre Etats? Peut-on parler de diplomatie numérique? Que reste-il des secrets d'Etats? On posera toutes ces questions à Thomas Gomart de l'Ifri.
The Russian Internet Economy
The Russian Internet economy is demonstrating a substantial rate of growth, one that is significantly outperforming the rest of the domestic economy. According to joint research by the Higher School of Economics and the Russian Association of Electronic Communications, while in 2011 the Internet economy accounted for just 1% of Russia’s GDP, it was expected to grow at a rate of about 30% in 2012. According to BCG reports, the Internet contributed to 1.9% of Russian GDP in 2010, and is expected to grow by up to 2.8% by 2016. E-commerce, which combines retail and electronic payment systems, accounts for the large majority of the Internet economy, but other segments are also growing. Advertising is the fastest growing part of the Russian Internet economy, growing at a rate of 50% annually.
Internet. La "diplomatie numérique". Quelle influence lui accorder ?
Qu’est-ce que la diplomatie numérique ? En quoi diffère-t-elle de la « diplomatie publique », pratique américaine mal définie mais qui se veut outil d’influence ? Quels sont les fondamentaux de la diplomatie numérique, directement issue d’Internet et de ses déclinaisons (réseaux sociaux…) ? Pourquoi les États sont-ils directement concernés dans leur politique étrangère ? En quoi les États-Unis sont-ils éminents, escortés de leur brave et fidèle allié britannique ? Les Européens sont-ils « endormis » ? Est-ce un théâtre clé du rapport de forces entre les États, auquel cas on est bien de la géopolitique dure ? Le cœur de métier de la diplomatie numérique est-il de conquérir les esprits, de les formater, de les instrumentaliser ? Est-on finalement en présence d’une vieille problématique, renouvelée par l’informatique, à savoir la stratégie d’influence ? Bref, est-ce qu’il y a du nouveau sous le soleil ?
Interview du chercheur Julien Nocetti sur l'état du Web en Russie
La Russie a dévoilé il y a peu un projet de loi visant à faire évoluer le statut juridique des acteurs de l’internet. Comment interpréter la mise sur agenda politique de ce type de texte ?
- Les problématiques de lutte contre le piratage et de défense de la propriété intellectuelle correspondent à un vrai fléau en Russie. Par conséquent, le gouvernement russe fait preuve d’un réel activisme législatif à ce propos, lequel est une tendance depuis 2011.
Internet : les empires contre-attaquent
Après une propagation fulgurante, l’utopie d’Internet semble aujourd’hui marquer le pas.
Des attaques contre la neutralité du Net aux propositions de Dubaï, les forces combinées des États et des industries traditionnelles tentent d’endiguer un mouvement que ses succès ont rendu plus hésitant. Les manœuvres actuelles révèlent une vive tension entre cette utopie planétaire, porteuse d’une vision sans équivalent dans l’histoire, et un champ d’intérêts complexes, désormais travaillé par des logiques de puissance et de pouvoir.
Chine, Russie, Iran: la grande muraille du Web
"Twitter serait un outil efficace s’il n’était pas dans les mains du département d’État américain". En janvier 2012, Stanislav Govoroukhine, le directeur de campagne de Vladimir Poutine, a mis les pieds dans le plat en pleine campagne présidentielle russe. Les outils les plus puissants du web, Twitter donc, mais aussi Facebook ou Google, ne sont pas les bienvenus partout.
De la diplomatie numérique
Depuis les « printemps arabes », la diplomatie numérique (digital diplomacy) est à la mode. De quoi s’agit-il au juste ? De la continuation de la diplomatie traditionnelle par d’autres moyens et/ou d’une rupture fondamentale dans le rapport séculaire entre États et sociétés ? En 2002, le Département d’État créait une taskforce sur l’eDiplomacy. Dix ans plus tard, la diplomatie numérique américaine est conduite par cent cinquante personnes à Washington, relayées par neuf cents personnes dans les missions à l’étranger, faisant ainsi des États-Unis le leader mondial de la diplomatie numérique. À l’échelle des réseaux diplomatiques traditionnels, cette capacité leur assure une avance durable. À l’échelle d’Internet, elle est, en revanche, limitée au regard des forces non étatiques en présence.
Quelle gouvernance pour Internet?
Les représentants de 193 pays sont rassemblés à Dubaï, du 3 au 14 décembre, pour le sommet de l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’organisation des Nations Unies responsable des normes téléphoniques internationales. L’objet de cette réunion exceptionnelle : la renégociation du Règlement des télécommunications internationales, le traité qui régule les télécoms dans le monde, inchangé depuis 1988 et l’arrivée de l’Internet commercial.
Gouvernance du Net : "La Russie mène une politique d'influence"
Avant le début du sommet onusien de Dubaï, les positions de la Russie sont apparues sur le devant de la scène. Cette mise en avant est-elle orchestrée par le Kremlin, ou a-t-elle été subie ?
- D'un côté, les positions de la Russie, qui ont été révélées sur le site WCITLeaks, sont intervenues au plus mauvais moment pour les autorités russes, contraintes sous la pression internationale de revoir leurs propositions les plus controversées. Parmi celles-ci, un amendement disposant que "les Etats membres [de l'UIT, Union internationale des télécommunications] ont des droits égaux pour administrer Internet", largement interprété comme une volonté de placer la gouvernance mondiale d'Internet sous l'égide des Nations unies, donc des Etats. En somme, la Russie ambitionne de réviser le principe de gouvernance d'Internet qui prévaut jusqu'à aujourd'hui, dit "multi-acteurs".
Le LOL, nouvel avatar de la contestation en Russie
La dérision contestataire se porte mieux que jamais depuis le cycle électoral 2011-2012, qui a conduit Vladimir Poutine au pouvoir pour la troisième fois. Elections truquées, espace public rétréci, imprévisibilité des autorités offrent un terrrain propice pour tourner en dérision le régime et ses symboles.
Le LOL, nouvel avatar de la contestation en Russie
La dérision contestataire se porte mieux que jamais depuis le cycle électoral 2011-2012, qui a conduit Vladimir Poutine au Kremlin pour la troisième fois. Élections truquées, espace public rétréci, imprévisibilité des autorités offrent un terrain propice pour tourner en dérision le régime et ses symboles. Ridiculiser contribue à désacraliser le pouvoir et finit par effriter sa légitimité.
What lies behind Russia's new laws ?
Does the introduction of these laws lead to a more civilized political and cultural discourse in Russia?
- The main stake of these laws does not really deal with the emergence of a more civilized political discourse in Russia. What ultimately lies behind the Duma’s new laws is a mixture of nervousness about a political environment that is wholly unfamiliar, and a belief in the methods of Vladimir Putin’s previous stints as president.
Web et pouvoir en Russie
Il y a quelques mois, le chef du gouvernement russe, Dmitri Medvedev, retwettait un propos extrêmement grossier d’un député de la Douma qui faisait allusion à Alexeï Navalny, blogueur influent, et récemment condamné à 15 jours d’emprisonnement pour son rôle dans les manifestations postélecorales et qui avait employé sur son blog l'expression de « parti des escrocs et des voleurs » pour désigner Russie unie, le parti au pouvoir. Ce retweet de Medvedev a ému le web russe, au point que l’ancien président a dû déclarer que son compte avait été piraté et que les coupables seraient punis. Puis, dans un autre registre, la Douma a voté il y a trois jours une loi qui ressemble à notre LOPPSI, c’est-à-dire qui, sous prétexte de protection des enfants, pourrait servir à l’établissement d’une censure du web. Ce qui a entraîné nombre réactions, dont 24 heures de fermeture du Wikipédia russe.
"L'enjeu pour Vladimir Poutine est de réussir à apprivoiser le Web"
Les parlementaires russes ont des priorités. Depuis quelques semaines, ils sont engagés dans une course législative effrénée vers l'adoption de lois répressives.
Dernière loi votée par la chambre basse du Parlement russe : celle visant à imposer des contrôles stricts aux "agents de l'étranger" tels que seront désormais définies les ONG "politiques" recevant des fonds internationaux. Adoptée définitivement le vendredi 13 juillet, celle-ci clôt une série de lois qui régissent Internet, les manifestations ou encore le délit de diffamation.
Vladimir Poutine, qui a réintégré son fauteuil de président le 7 mai, ne cache pas son objectif, qui reste de museler les protestations, comme l'explique Thomas Gomart, directeur du Centre Russie/NEI à l'Institut français des relations internationales. Entretien.
Russian internet demonstrates high level of political maturity
How do you assess the Russian internet, in general? Is it different from the English web or not, in political terms?
- First of all, we should make a distinction between the official position on the internet as a political issue for the Russian government, and what happens in domestic terms. In the first case, it's very interesting to observe the desire by the Russian state to get back on the web.
Le Kremlin cible les réseaux sociaux
Trois mois après la réélection de Vladimir Poutine à la tête de l’Etat russe, le Kremlin multiplie les pressions sur les manifestations de protestation. Mercredi 6 juin, lors d'une manifestation "Occupy Khimki" aux portes de Moscou, 6 militants ont été arrêtés dont Evguenia Chirikova, leader du mouvement.
Le Kremlin a aussi récemment pris pour cible des sites internet « étrangers », accusés de fomenter les manifestations contre le pouvoir. Les mots du conseiller à la sécurité du Président russe, Nikolaï Patrouchev, sont très clairs. « Profitant de la liberté d’internet dans notre pays, les sites étrangers propagent des rumeurs politiques et appellent à des manifestations non autorisées ». Et il ajoute : « la blogosphère russe est également sujette à des influences extérieures qui visent à créer et à entretenir des tensions constantes au sein de la société ».
Pourquoi cette attaque en règle contre internet, maintenant ?
L’analyse d’un spécialiste du sujet, Julien Nocetti, chercheur associé à l’Ifri (Institut français des relations internationales).
Russie/Internet: le web fait entendre sa voix
Les dernières élections législatives en Russie, le 4 décembre dernier, et les élections présidentielles russes qui ont eu lieu ce dimanche 4 mars ont vu la montée en puissance du web comme outil de contestation du pouvoir. Le blogueur Alexeï Navalny, l’un des principaux opposants au pouvoir en place, en est la figure la plus emblématique.
La révolte 2.0. en Russie est-elle irréaliste ?
Le online est passé offline" : voilà comment Véronika Dorman, journaliste à Moscou, décrit le passage des revendications démocratiques de la toile à la rue. Les réseaux sociaux sont, depuis la révolution verte, en Iran, devenus les vecteurs phares des citoyens désireux de s’unir et de s’organiser. Les révolutions arabes ont fait de certains bloggeurs des "stars", à l’image de Lina Ben Mhenni, jeune Tunisienne de 27 ans, sérieusement pressentie pour le prix Nobel de la Paix 2011.
En Russie, le bloggeur Alexey Navalny est considéré comme celui qui a mis le feu aux poudres en traitant publiquement Russie Unie du parti des "voleurs et des escrocs".
Le Web russe, "soupape d'évacuation"
Interview. Acteur de la contestation et enjeu de la campagne présidentielle, Internet est à la fois toléré et contrôlé par le pouvoir, qui l'investit à sa manière, selon Julien Nocetti, chercheur à l'Ifri.
Russie: Le pouvoir se met au 2.0 pour contrer l'opposition
A quatre jours de l’élection présidentielle russe, que Vladimir Poutine aborde en grand favori, le Premier ministre aura été particulièrement secoué par une opposition tenace, bravant le froid lors de manifestations monstres à Moscou. Une contestation qui, dans le sillage du printemps arabe, s’est beaucoup servie d’Internet et des réseaux sociaux pour faire passer son message.
Russie: Internet, enjeu de pouvoir
Comme dans certain pays arabes, Internet a joué un rôle déterminant dans la mobilisation des forces de l’opposition russe pour contester les résultats des législatives du 4 décembre. Les réseaux sociaux ont non seulement rendu les fraudes évidentes, ils ont aussi facilité la mobilisation et les rendez-vous pour les manifestations. En donnant une notoriété considérable à certains leaders comme Alexei Navalny. Mais Internet, en Russie, n’est pas seulement un instrument de contestation.
Russia's virtual: the new reality?
Russia's blogosphere has until recently been largely written off as a politically blunt parallel space. The Facebook mobilisation of 50,000 protestors has challenged such assumptions, writes Julien Nocetti.
L'Art de la communication : Internet, nouveau lieu de la séduction politique
En direct de Moscou, Julien Nocetti, chercheur à l'IFRI.
Vers une renationalisation du Web ?
Avec plus de 2 milliards d'individus connectés, Internet n'a plus rien de virtuel. Intégrée à nos vies, la Toile modifie profondément l'organisation, la pratique et la représentation des relations internationales Sa gouvernance repose sur une nébuleuse associant les diverses parties prenantes (stakeholders) et sur un système de règles inventées au fil de l'eau.
En Russie, l'Etat se connecte au Web pour mieux le contrôler
Et si le Web traduisait le décalage entre l'État russe et la société? À l'heure des réseaux, elle évolue plus vite que le système politique. L'essor constant de l'Internet crée en effet un défi en matière de gouvernance et de légitimité politique pour les autorités. Le Web est de plus en plus visiblement utilisé dans une finalité militante. L'action d'opposition concerne désormais moins les figures ou partis politiques que les démarches de terrain.
L'Ifri, fondation reconnue d'utilité publique, s'appuie en grande partie sur des donateurs privés – entreprises et particuliers – pour garantir sa pérennité et son indépendance intellectuelle. Par leur financement, les donateurs contribuent à maintenir la position de l’Institut parmi les principaux think tanks mondiaux. En bénéficiant d’un réseau et d’un savoir-faire reconnus à l’international, les donateurs affinent leur compréhension du risque géopolitique et ses conséquences sur la politique et l’économie mondiales. En 2026, l’Ifri accompagne plus de 90 entreprises et organisations françaises et étrangères.