Au coeur de l'Amérique ? Le mouvement des Tea Parties
Potomac Paper, n° 2, février 2010
Cette note analyse le mouvement conservateur et populiste des tea parties qui émerge depuis début 2009 aux Etats-Unis. L'auteur, Anne-Lorraine Bujon, est agrégée d'anglais et collabore notamment à La Vie des Idées.
Apparu sporadiquement au début de l’année 2009, le Tea Party Movement a été dans un premier temps considéré avec curiosité. La plupart des commentateurs préféraient annoncer avec la présidence Obama la fin d’un grand cycle conservateur. Mais l’été 2009, avec la cristallisation du débat sur la réforme de santé, a donné à ce mouvement une ampleur et un poids inattendus.
Les tea parties semblent être la nouvelle expression d’un mouvement conservateur ancien et bien implanté dans le pays. Elles reprennent ses trois thèmes principaux que sont le retour des valeurs morales, une défense énergique du pays, et un gouvernement discret s’appuyant sur une fiscalité réduite. Un point de ralliement plus récent est la résistance aux politiques de lutte contre le changement climatique. Au-delà de ces axes de préférence politique, les militants des tea parties se signalent par leur exaltation des fondements de la nation américaine, au premier rang desquels la Constitution.
Ces thèmes rencontrent un large écho aujourd’hui, donnant parfois l’impression que le pays entier bascule dans l’opposition à l’Administration Obama. On se tromperait pourtant en voyant dans les tea parties la riposte organisée du Parti républicain à la victoire démocrate. Le mouvement de contestation qui se développe aujourd’hui est avant tout d’inspiration populiste, hostile aux élites et aux appareils politiques. Le Parti républicain, quant à lui, conserve une frange centriste qui ne se reconnaît pas toujours dans les préoccupations de la droite radicale.
Le mode d’organisation des tea parties, marqué par une grande spontanéité, reste en grande part incontrôlable pour un parti traditionnel. Ce caractère organique interroge donc également le rôle croissant des médias et des nouvelles technologies dans la démocratie américaine. Au travers des blogs et de Twitter, une minorité active réussit à mobiliser de larges foules. Sont-elles pour autant représentatives d’un sentiment majoritaire ?
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