La stratégie de souveraineté minérale américaine : une mobilisation tous azimuts
Notes de l’Ifri, mars 2021
La transition énergétique utilisera beaucoup de minerais et métaux, si bien que la sécurisation des approvisionnements et l’organisation de chaînes de valeurs responsables et durables sont désormais des enjeux cruciaux. Autrefois exportateurs de minerais, devenus aujourd’hui importateurs nets, les États-Unis se retrouvent dans une position de dépendance extérieure grandissante et de faiblesse, voire vulnérabilité, notamment vis-à-vis de la Chine.
L’administration Trump s’est mobilisée, avec un objectif clair : atteindre l’autonomie en minerais, ce qui passe par la recherche de nouveaux alliés mais aussi l’innovation et la reconstruction d’un tissu industriel décrépi, tant dans le segment minier que celui du recyclage. De manière méthodique, à partir de rapports détaillés, retranscrits dans des Executive Orders et avec le concours de nombreuses institutions impliquées, l’administration Trump s’est employée à revigorer les acteurs locaux et à développer des projets dans une perspective de long terme, le tout appuyé par les recherches des agences nationales.
La stratégie américaine s’articule finalement en deux volets : civil et militaire d’un côté, national et international de l’autre. Pour le premier volet, Washington a fait le choix de relancer l’industrie en faisant travailler le secteur de la défense de concert avec le secteur minier à travers un projet de centre de traitement en Californie. Comptant sur leur capacité d’innovation et de recherche, mais aussi grâce à des mesures économiques unilatéralement imposables, les États-Unis essaient de restaurer la compétitivité du secteur et de relancer toute une industrie structurée sur le long terme. En ce sens, les capacités de traitement des minerais ainsi que les avancées technologiques seront des jalons importants. Enfin, sur le second volet, Washington tente de bâtir des coalitions internationales (via le Quad – États-Unis, Japon, Inde, Australie – ou l’Energy Resource Governance Initiative) afin de peser face à la Chine, tout en essayant de s’imposer, par ses propres mesures, comme un futur producteur majeur de minerais.
Les futurs mouvements de l’administration, mais aussi du Congrès par le biais des propositions législatives, seront de précieux indicateurs des avancées dans ce domaine. Déjà, le président Biden a ordonné une revue en cent jours de toutes les vulnérabilités auxquelles sont confrontés les États-Unis dans différentes chaînes de valeur, y compris les batteries et certains minerais. Reste aussi à savoir de quelle manière réagira Pékin.
La nouvelle administration du président Biden aura finalement pour tâche de continuer ce projet au long cours mais aussi de consolider la relation avec l’Europe, qui a été endommagée par quatre années de décisions unilatérales et qui est tout aussi dépendante et potentiellement vulnérable dans ce domaine. Des perspectives de partenariats économiques, techniques ou scientifiques existent. Il est notamment dans l’intérêt des parties occidentales de développer les filières de recyclage et de circuits courts.
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