Les Émirats arabes unis en Afrique : les ambitions parfois contrariées d’un nouvel acteur régional
Notes de l'Ifri, septembre 2021
Les liens que les Émirats arabes unis (EAU) entretiennent avec les pays africains sont anciens, cependant la naissance d’une véritable politique africaine émirienne remonte seulement à une quinzaine d’années.
D’abord instiguée par l’émirat dubaïote, motivé par les opportunités qu’offre le continent africain, elle sert avant tout les intérêts commerciaux des EAU et répond à leurs impératifs en matière de sécurité alimentaire.
Les printemps arabes survenus en 2011 ont considérablement réorienté la politique africaine, dorénavant indexée sur la politique étrangère d’Abu Dhabi aux priorités d’ordre politique et militaire. Les EAU font dorénavant preuve d’un emploi décomplexé de la puissance en Afrique, qu’elle soit économique ou militaire, afin de servir la stratégie internationale de son leader Mohammed ben Zayed, pour qui la lutte contre l’islam politique est devenue l'axe central.
C’est auprès de partenaires de la Corne de l’Afrique (Érythrée, Somaliland) que les EAU ont largement installé leur force militaire, afin d’organiser leur déploiement au Yémen contre les forces houthis. Parallèlement, Abu Dhabi a développé des liens étroits avec les institutions militaires de nombreux pays africains, où elle réplique son « modèle égyptien » (Soudan, Mauritanie) afin de contenir la menace perçue des mouvements islamistes.
Si les EAU ambitionnent de devenir un acteur clé de la médiation diplomatique internationale (Afrique de l’Est, Sahel), l’influence émirienne sur le continent n’est pas toujours bien reçue. L’exportation des rivalités du Golfe en Afrique et son activisme militaire ont des conséquences déstabilisatrices (Somalie, Libye, Soudan) qui peuvent fragiliser leurs relations bilatérales (Afrique du Nord).
Toutefois, la diminution actuelle de ses ambitions militaires dans la Corne, due à son désengagement du Yémen, et la volonté du pays de renforcer sa réputation diplomatique (notamment en tant que futur membre non permanent du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nation unies) pourraient modifier l’envergure de sa politique régionale.
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