Les énergies renouvelables en Inde: des réponses au défi du financement
Asie.Visions, n°98, février 2018
L'Inde s'est engagée à lutter activement contre le changement climatique, en développant notamment les énergies renouvelables. Cependant, elle se heurte aujourd'hui au défi du financement de ses projets.
Conformément aux engagements pris par l'Inde, les énergies renouvelables devront représenter 40% de la capacité de production d'électricité du pays d'ici 2030. Cet objectif se décline en des cibles de déploiement de 60GW de capacité éolienne et de 100GW de capacité photovoltaïque d'ici 2022. Cela représente une augmentation significative par rapport aux capacités en place en 2015, à savoir 23GW d'éolien et 3,5GW de photovoltaïque. Développer le financement des énergies renouvelables sera déterminant car ces cibles requièrent un investissement d'environ 189 milliards de dollars d'ici 2022. Cependant, l'analyse de l'organisme Climate Policy Initiative (CPI) un possible manque d'investissement de l'ordre de 29% (17 milliards de dollars) en fonds propres et de 27% (36 milliards de dollars) en ce qui concerne la dette.
Pour combler ce déficit de financement et stimuler le secteur des énergies renouvelables, l'Inde a mis en place différentes politiques de soutien, au niveau fédéral et au niveau des Etats. La politique fédérale recouvre principalement l'amortissement accéléré, des incitations à la production et un financement des écarts de viabilité, alors que les mesures prises au niveau des Etats concernent d'abord les tarifs de rachat, la facturation nette ou encore des exemptions fiscales.
En dépis de ces mesures, les difficultés de financement vont se poursuivre du fait d'une dépendance excessive aux banques commerciales pour le financement de la dette. Généralement, les projets renouvelables ont en Inde des coûts de financement supérieurs aux projets comparables aux Etats-Unis ou en Europe et c'est un obstacle majeur du fait de l'importance de l'investissement initial pour ces installations. Etant donné l'ambition des objectifs renouvelables et les moyens budgétaires limités, l'efficacité-coût des outils mis en place est un critère important pour les décideurs publics.
Pour relever ces défis, l'association de solutions de court et long-terme doit être investiguée. L'auteur considère notamment que, à court terme, les mesures de soutien fédérales, comme la bonification d'intérêts ou l'amortissement accéléré sont plus efficaces que les autres outils en place au niveau fédéral et au niveau des Etats. La bonification d'intérêts est particulièrement pertinente dans la mesure où il traite le problème du manque de disponibilité d'une dette à bas-coût et à long-terme, en supposant une mise à disposition de capital limité de la part du gouvernement. L'amortissement accéléré est également une mesure facile à mettre en place puisqu'il ne suppose aucun décaissement du gouvernement et la réduction des revenus fiscaux peut être compensée les années suivantes. A long-terme, il est possible de réduire le coût total du soutien gouvernemental en s'attaquant à une barrière fondamentale, le coût de la dette. Le gouvernement peut proposer une dette à taux réduit et sur des durées plus longues aux porteurs de projets. Cette approche est plus efficace que l'amortissement accéléré sur la durée de vie du projet, mais elle requiert un décaissement du gouvernement plus important sur les premières années.
Etant donné les contraintes budgétaires et les besoins d'investissement, il faudra à la fois mobiliser des capitaux publics et privé sur le long-terme. Des instruments financiers non-conventionnels devront également être considérés. Ces instruments pourraient ensuite servir de référence pour le financement de projets renouvelables dans d'autres marchés, par exemple en Afrique, au travers d'entités comme l'Alliance Solaire Internationale.
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