Ouverture du G7 à la Corée du Sud : relever les défis mondiaux contemporains
L'influence mondiale du G7 s'est affaiblie à mesure que des puissances telles que la Chine remodèlent la gouvernance internationale à travers des initiatives telles que les BRICS et l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Le G7 ne représentant plus aujourd'hui que 10 % de la population mondiale et 28 % du PIB mondial, sa pertinence est de plus en plus remise en question.
Malgré leur faible institutionnalisation, les BRICS et l'OCS attirent un nombre croissant de petites et moyennes puissances, car ils leur confèrent une influence diplomatique qu'elles ne peuvent obtenir ailleurs. Le G7 devrait s'en inspirer et s'élargir pour inclure des démocraties partageant les mêmes valeurs, notamment la Corée du Sud. Cela contribuerait à contrebalancer la domination américaine au sein du groupe, à renforcer le multilatéralisme et la coopération afin de relever les défis sécuritaires interdépendants en Europe et dans la région indo-pacifique. La coopération entre les pays du G7 et la Corée du Sud est essentielle pour maintenir un commerce international fondé sur des règles, la résilience des chaînes d'approvisionnement et la gouvernance de l'IA.
En 2026, la France assumera la présidence tournante du Groupe des Sept (G7). Cinquante et un ans après le premier Sommet à Rambouillet, organisé par le président Valéry Giscard d'Estaing, le G7 lui-même a peu changé (en 1977, il a accueilli le Canada et en 1998 la Russie, expulsée en 2014 après sa première invasion de l'Ukraine), mais le monde qui l'entoure a été complètement transformé.
ADAPTER LE G7 À LA RÉALITÉ DU CONTEXTE INTERNATIONAL ACTUEL
Pendant des décennies, le G7 était synonyme de club des pays les plus riches du monde. Aujourd'hui, la République populaire de Chine (RPC) est la deuxième économie mondiale, et des puissances émergentes telles que l'Inde, l'Indonésie et le Brésil deviennent des poids lourds de l'économie mondiale. Des groupements internationaux concurrents prennent également de l'ampleur, attirant un nombre croissant d'États membres. Le BRICS est passé de cinq membres à l'origine (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à dix, après l'adhésion de quatre nouveaux pays en 2024 (Égypte, Éthiopie, Iran et Émirats arabes unis) et d'un autre en 2025 (Indonésie). De même, l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), créée en 2001 avec six membres fondateurs (la Chine et la Russie plus quatre États d'Asie centrale), s'est depuis élargie pour inclure l'Inde et le Pakistan en 2018, puis l'Iran et la Biélorussie en 2023 et 2024 respectivement, portant ainsi le nombre total de ses membres à dix. Pour bien comprendre la portée de ces organisations, il est important de noter que les BRICS ont introduit une nouvelle catégorie de « pays partenaires » en janvier 2025, qui comprend officiellement neuf États. 1 Il convient de noter que lors de son dernier sommet à Tianjin en septembre 2025, l'OCS a fusionné ses statuts d'« observateur » et de « partenaire de dialogue » en une seule catégorie de « partenaires de l'OCS », qui comprend désormais dix-sept pays s'étendant de l'Asie du Sud-Est au Proche-Orient.2
> Cet article est uniquement disponible en anglais, sur le site du IAI Istituto Affari Internazionali.
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