Informations pratiques
Accessibilité
Thématiques et régions
Centres et programmes liés
Ceci est un événement réservé.
En savoir plus sur nos programmes de soutien
En avril 2025, l’abattage d’un drone malien par l’armée algérienne a transformé des tensions latentes en crise ouverte, avec rupture diplomatique, fermeture des espaces aériens et rappel des ambassadeurs. Deux ans plus tard, visites croisées des Premiers ministres, soutien militaire d’Alger à Niamey et rupture avec les Émirats arabes unis dessinent un dégel algéro-malien qui s’inscrit dans une recomposition plus large des équilibres entre Sahel et Maghreb. Pour Alger comme pour Bamako, ce rapprochement est un test clé de stabilité régionale, dont les effets dépassent largement leur seule relation bilatérale.
Les relations entre Algérie et le Mali se sont détériorées ces dernières années après l’arrivée au pouvoir des militaires à Bamako. Ces derniers reprochaient notamment à Alger des liens supposés avec des mouvements armés du nord Mali, et l’accueil en exil d’une figure de l’opposition malienne, l’imam Mahmoud Dicko. Ces crispations ont débouché sur une crise ouverte, marquée par deux années de rupture diplomatique, culminant en avril 2025 avec la destruction par l’armée algérienne d’un drone malien près de leur frontière commune. Les deux pays ont alors fermé leur espace aérien et rappelé leurs ambassadeurs, tandis que le Burkina Faso et le Niger, membres avec le Mali de l’Alliance des Etats du Sahel, apportaient leur soutien à Bamako.
Depuis l’été 2026, les relations entre les deux pays semblent pourtant entrer dans une nouvelle phase d’apaisement, marqué par les visites croisées de leur Premier ministre respectif. Le soutien militaire inédit d’Alger à Niamey après la mutinerie des 28-29 août, ainsi que la spectaculaire rupture diplomatique de l’Algérie avec les Emirats arabes unis (EAU) invitent à inscrire le dégel entre Bamako et Alger dans un moment de transformation plus large de la politique étrangère algérienne. Du côté de Bamako, le choc subi lors de l’offensive des groupes armées le 25 avril dernier, marqué par la chute de Kidal et l’assassinat après de Bamako du ministre de la Défense, semble avoir cristallisé un nécessaire changement de cap.
Ces évolutions sont quelques-uns des marqueurs les plus visibles d’une recomposition importante du paysage géopolitique entre Sahel et Maghreb. A la recomposition des relations Algérie-Sahel s’ajoutent, entre autres, le dynamisme marocain vis-à-vis du Sahel central, le développement des coopérations sécuritaires russes et turques, l’évolution des situations libyennes et soudanaises et leurs répercussions sur le reste de la région.
Pour évoquer ces évolutions, nous serons particulièrement ravis d’accueillir Jean-Hervé Jezequel et Michaël Ayari. Après une présentation des derniers travaux de l’International Crisis Group sur la crise diplomatique puis le rapprochement entre Alger et Bamako, nous ouvrirons le débat sur ces évolutions géopolitiques.
Jean-Hervé Jezequel, Directeur du Projet Sahel à International Crisis Group (ICG).
Michaël Ayari, Analyste Principal Tunisie et Algérie pour International Crisis Group (ICG).
La séance était animée par Dorothée Schmid, Responsable du programme Turquie/Moyen-Orient de l'Ifri et Alain Antil, directeur du Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri.
Contact
L'accès à ce séminaire est réservé aux personnes ayant reçu une invitation. Pour toute question, merci de contacter Julia Amoura.
Julia AMOURA
Assistante au Centre Afrique subsaharienne et au Programme Turquie/Moyen-Orient de l'Ifri
Intervenants
Sujets liés
Autres événements
Le renseignement peut-il encore anticiper les ruptures ?
Retour de la guerre de haute intensité en Europe, durcissement des rivalités entre puissances, multiplication des menaces hybrides, persistance du risque terroriste : le monde est entré dans une ère de confrontation où l'information, son contrôle et son exploitation sont devenus des armes à part entière.
Comment l'IA transforme-t-elle la guerre ?
À l'occasion de la parution du numéro d'automne de Politique étrangère (n° 3/2026) et de son dossier sur les modalités de la "nouvelle" guerre, l'Ifri et l'Association (ADEA) du Magistère relations internationales et action à l'étranger (MRIAE) de la Sorbonne sont heureux de s'associer pour vous proposer une conférence autour de deux chercheurs de l’Ifri ayant contribué à ce dossier.
La COP31 à Antalaya : état de la gouvernance climatique mondiale, enjeux et perspectives
Les Conférences des Parties (COP) sont devenues un marathon de fin d’année visant à redynamiser un monde désormais entré dans l’ère du dépassement climatique. Alors que la Turquie affiche la plus grande production d’électricité carbonée parmi les pays de l’OCDE en Europe, elle a adopté le programme d’électrification et entend s'associer à l'Australie pour encourager la mise en œuvre de mesures concrètes. Il s'agit là d'un dispositif de coprésidence de facto inhabituel, mais qui pourrait donner des résultats prometteurs.