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Après la guerre au Moyen-Orient, la Chine a-t-elle atteint son pic de consommation de pétrole ?

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cité par Hortense Goulard dans

  Les Echos 

 
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Pékin a drastiquement réduit ses importations de pétrole, contribuant à équilibrer les marchés mondiaux. Le pays devrait recommencer à importer davantage maintenant que les prix ont baissé, mais sa demande pour certains produits pétroliers pourrait baisser durablement.

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Installations de raffinage pétrolier en Chine
Jiangxi, Chine - Installations de raffinage de pétrole
shutterstock
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Pendant la guerre au Moyen-Orient, la Chine a réussi à réduire drastiquement ses importations de pétrole. Ce qui a contribué à rééquilibrer les marchés. Avec les oléoducs qui ont permis à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis d'évacuer leur pétrole sans passer par le détroit d'Ormuz, cette chute a sans doute modéré la flambée mondiale des prix, qui n'ont pas atteint les sommets observés au début de la guerre en Ukraine.

Selon les estimations de Kpler, les importations chinoises de pétrole étaient inférieures à 7 millions debarils en mai, contre près de 11 millions avant la guerre. Une semaine après la signature de l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, qui a permis d'ouvrir plus largement le détroit d'Ormuz à la circulation et fait chuter les cours de l'or noir, il est encore un peu trop tôt pour savoir si la Chine compte reprendre de plus belle ses achats de pétrole. 

Une étude de Rystad Energy estime cependant que la demande chinoise de pétrole pourrait avoir baissé, de façon permanente, de 200.000 à 600.000 barils par jour, à cause de l'essor de la mobilité électrique dans le pays notamment. Energy Aspects, un autre cabinet d'analyse, évalue cette perte à 300.000 barils par jour.

Enchères émiraties 

« Au fond, il y a trois sujets, résume Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du centre énergie et climat de l'Ifri. La première question, c'est : est-ce que la Chine reprend ses opérations de stockage de pétrole ? Deuxièmement, est-ce qu'elle recommence à exporter ses produits pétroliers dans la région ? Et enfin, est-ce que l'économie chinoise redémarre, sachant qu'elle a beaucoup ralenti ? »

« En termes deflux de cargos, c'est encore trop tôt pour le dire, parce que le détroit d'Ormuz n'a vraiment rouvert que depuis une semaine, souligne Muyu Xu, analyste chez Kpler installée à Singapour. Nous commençons à voir des barils sortir du détroit d'Ormuz. Ils ont sans doute été chargés début mars, et certains d'entre eux vont aller en Chine. »

« Des pays comme les Emirats arabes unis et le Koweït vendent aussi sur le marché spot. En juin, les Emirats ont organisé quatre enchères et des acheteurs chinois ont apparemment participé aux ventes. Ces cargos devraient arriver en juillet et en août », ajoute l'analyste, qui s'attend à voir les ventes de pétrole à la Chine s'affaisser en juin avant de reprendre en juillet.

L'un des facteurs essentiels pour déterminer si les achats de pétrole chinois s'envoleront à nouveau après la guerre concerne les réserves chinoises, composées de réserves stratégiques publiques et de stocks privés. Ces dernières années, la Chine a acheté des quantités fantastiques d'or noir pour remplir ses
réserves. Ce qui lui a permis de réduire ses importations au plus fort de la guerre.

[...]

Diplomatie des produits pétroliers

L'une des mesures prises par Pékin pour éviter de se retrouver à sec a été en effet de limiter sévèrement ses exportations de produits pétroliers. 

Texte citation
Avant la guerre, la Chine exportait jusqu'à un million de barils par jour de produits pétroliers vers les marchés régionaux. Puis elle a réduit à zéro ses exportations pour la plupart de ses partenaires commerciaux, sauf des pays comme le Vietnam ou les Philippines, très courtisés par cette diplomatie des produits pétroliers.

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Marc-Antoine EYL-MAZZEGA
Intitulé du poste

Directeur du Centre énergie et climat de l'Ifri

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Reste une inconnue : les investissements de la Chine dans la mobilité électrique suffiront-ils  à faire baisser sa demande de produits pétroliers ? « Cette année pourrait être l'année où la Chine atteint son pic de consommation de diesel, envisage le spécialiste de l'Ifri. Cela ne veut pas forcément dire que la demande de pétrole au sens large a atteint un sommet, parce que tout va dépendre de la reprise de la pétrochimie, qui est l'autre grand vecteur de la consommation de pétrole. »

Camions électriques

Dans le secteur des transports routiers, «c'est surtout le fret routier et le fret ferroviaire qui sont très consommateurs de diesel », poursuit Marc Antoine Eyl-Mazzega. Or, « la Chine a mené tambour battant de vrais efforts d'électrification », qui devraient lui permettre de réduire la demande dès cette année.

[...]

> Retrouver l'article dans son intégralité (en accès réservé) sur le site des Echos

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Hortense Goulard

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