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Artemis II : ce soir, Airbus propulse la mission, mais Trump menace de se passer de l'Europe la prochaine fois

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cité par Laurie Henry dans

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Sans le module de service européen, les astronautes d'Artemis II ne décolleraient pas ce soir. Mais l'abandon de la station Gateway par Washington menace les places réservées aux Européens. Entre contribution technique décisive et partenariat fragilisé, l'Europe spatiale est à la croisée des chemins.

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Canela, Brésil - 21 juin 2024 : Module Orion Crew (Capsule) - Programme Artemis à Space Adventure - Expérience NASA
Canela, Brésil - 21 juin 2024 : Module Orion Crew (Capsule) - Programme Artemis à Space Adventure - Expérience NASA
Diego Grandi/Shuterstock
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Ce soir, une fusée américaine s'arrache du sol de Floride. Elle emporte quatre astronautes vers la Lune. Et elle vole grâce à un moteur européen. Le module de service d'Orion - conçu et fabriqué par Airbus à Brême pour le compte de l'Agence spatiale européenne - assure la propulsion principale, l'alimentation électrique, la gestion thermique, et l'approvisionnement en eau et en oxygène. Sans lui, la capsule Orion n'est qu'une coque vide.

Cette contribution est à la fois un exploit industriel et une stratégie : en échange de sa participation technique, l'Europe espérait obtenir des sièges garantis pour ses astronautes sur les prochaines missions lunaires. Mais les règles du jeu ont changé. L'administration Trump a abandonné la station Gateway en février 2026. Les accords qui liaient les deux parties sont devenus caducs. Et l'Europe se retrouve face à une question urgente : quelle est désormais sa place dans l'aventure lunaire ?

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Titre Edito

Les accords Artemis : un cadre américain, pas une coopération égale

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Soixante et un pays ont signé les accords Artemis depuis 2020, dont la France en juin 2022. Ces accords semblent poser les bases d'une gouvernance internationale de l'exploration lunaire. Mais leur nature juridique est trompeuse. Paul Wohrer, responsable du Programme espace au Centre géopolitique des technologies de l'Ifri, le rappelle fermement : ces accords ne sont pas contraignants. Les États-Unis en donnent leur propre interprétation — et ils s'appuient sur leur lecture du Traité de l'espace de 1967, le texte fondateur du droit spatial international signé sous l'égide des Nations unies.

Dans cette vision américaine, les accords définissent une série de principes plus permissifs. Comme l'explique Paul Wohrer : « Dans leur vision du droit international, on aurait la possibilité d’utiliser des ressources planétaires sur place, ou d’éventuellement d’en faire commerce, même si cela n’est pas précisé et potentiellement mettre en place des zones de sécurité. ». Ce dernier point remet directement en cause le principe de non-appropriation de la Lune inscrit dans le traité de 1967. Dans ces accords, souligne Paul Wohrer, on a une volonté d’imposer aux partenaires signataires leur interprétation des grands principes du droit international. En co-signant ces accords, l'Europe a accepté implicitement ce cadre. Seules la Chine et la Russie ont refusé de signer, dénonçant explicitement la mise en place d'un droit spatial favorable aux intérêts américains.

Titre Edito

L'Europe face à son choix : partenaire junior ou acteur autonome ?

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Des tensions existent entre l'Europe et les États-Unis. La NASA ne cherche pas à mettre l'Europe de côté — sa contribution technique est trop précieuse. Mais l'incertitude est là. Paul Wohrer est direct « Nous sommes loin de l'autonomie stratégique. Nous devons toujours coopérer, mais les tensions sont palpables ». Et d'aller plus loin : « Si on veut une autonomie stratégique, il faut définir des objectifs politiques propres à l'Europe et ne pas s'intégrer à un narratif américain ».

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Canela, Brésil - 21 juin 2024 : Module Orion Crew (Capsule) - Programme Artemis à Space Adventure - Expérience NASA
Diego Grandi/Shuterstock