Au conseil des ministres franco-allemand, Macron et Merz affichent leur unité contre vents et marées
Après l’échec du Scaf, Paris et Berlin veulent «redonner une impulsion» à leur relation bilatérale... «indépendamment du choix que feront les électeurs français» lors de la présidentielle de 2027.
Un Eurofighter puis un Rafale* survolent le château d’Augustusburg de Brühl (Rhénanie du Nord - Westphalie) pendant que dans la cour d’honneur, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz saluent un à un les vingt ministres et secrétaires d’État présents pour ce 26e conseil des ministres franco-allemand, qui était précédé d’un conseil franco-allemand de défense et de sécurité. L’image est forte, l’objectif assumé : «rebondir» et «redonner une impulsion» après l’échec du Scaf, le projet de Système de combat aérien du futur, officialisé en juin. «Il faut être lucide : nous n’avons pas mis en œuvre tout ce que nous voulions mettre en œuvre. Nous le regrettons», a lâché Emmanuel Macron lors de la conférence de presse qui clôturait la séquence.
[...]
«Difficultés structurelles et divergences plus profondes»
Au-delà des seuls enjeux de défense, les deux dirigeants voulaient montrer que la «relance» du moteur franco-allemand promise il y a un peu plus d’un an, lors de l’arrivée de Friedrich Merz au pouvoir, puis réaffirmée lors du conseil des ministres franco-allemand de Toulon en août dernier n’était pas restée lettre morte. Compétitivité, espace, intelligence artificielle, lutte contre la désinformation, numérique pour les mineurs... Devant la presse, ils ont balayé un grand nombre de sujets, mettant en avant leurs points de convergence.
La réalité n’est pas si rose.
Texte citation
Force est de constater que les ambitions affichées n’ont été que partiellement traduites dans les faits. La relation franco-allemande traverse en effet depuis le début de l’année 2026 une séquence où les difficultés conjoncturelles se combinent à des divergences plus profondes de priorités, de méthode et de culture stratégique.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
Paris et Berlin, qui ont promis une «nouvelle feuille de route» et «des résultats concrets», savent aussi bien l’un que l’autre que l’enjeu est immense. Qualifiant l’Allemagne de «partenaire de confiance, partenaire privilégié», Emmanuel Macron a martelé que «si la France et l’Allemagne ne se [mettaient] pas d’accord, l’Europe n’[avançait] pas». Quant à Friedrich Merz, il a qualifié la coopération franco-allemande d’ «indispensable» au moment où «la Russie menace notre sécurité, la Chine représente un défi pour notre économie et le partenariat transatlantique n’est plus une évidence». «Nous comptons sur vous et vous pouvez compter sur nous», a assuré le chancelier.
«Méfions-nous des sondages»
Les deux leaders ont d’autant plus besoin de succès sur le plan international qu’ils connaissent tous deux des difficultés en interne.
[...]
*Le groupe Dassault est propriétaire du Figaro.
>> Lire l'intégralité de l'article sur le site du Figaro.
>> Suivre les actualités des relations franco-allemandes sur le site de l'Ifri.
Média
Journaliste(s):
Format
Partager