Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Au Japon et en Corée du Sud, Emmanuel Macron veut tester sa « troisième voie des puissances moyennes »

Interventions médiatiques |

citée par Yann Rousseau dans

  Les Echos 

 
Accroche

Le président français entame, ce mardi soir, au Japon une tournée asiatique qui l'emmènera jeudi en Corée du Sud. Il veut tenter de convaincre les deux grands alliés de Washington de renforcer leurs échanges stratégiques et économiques avec Paris.
 

Image principale médiatique
Le Président Emmanuel Macron, le 11 mars 2026.
Le Président Emmanuel Macron, le 11 mars 2026.
Alfonso Jimenez/Shutterstock
Table des matières
Table des matières
body

L'Elysée avait programmé le déplacement, cette semaine, d'Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud, bien avant l'explosion du conflit au Moyen-Orient. Mais la crise régionale et le chaos énergétique qu'elle provoque partout en Asie offrent un argument choc au président français qui cherche à susciter, depuis l'an dernier, une alliance informelle des puissances moyenne, en réponse au désordre mondial créé par la Chine mais également par les Etats-Unis de Donald Trump.

Au fil de ses entretiens à Tokyo, entre mardi et jeudi midi, puis à Séoul, jusqu'à vendredi soir, le chef de l'Etat entend expliquer aux dirigeants des deux plus loyaux alliés asiatiques de Washington qu'ils pourraient s'associer à la France pour construire une autonomie stratégique. Un début d'émancipation qui leur permettrait de se protéger, politiquement comme économiquement, des multiples caprices ou coups de sang des deux superpuissances de la planète.

Une coalition des indépendants

« Cet appel d'Emmanuel Macron à une 'coalition des indépendants', formulé lors du Dialogue de Shangri-La 2025, fait écho aux efforts du Japon pour diversifier ses partenariats stratégiques », explique Céline Pajon, la responsable de la recherche Japon et Indo-Pacifique au Centre Asie de l'Ifri.

 

Et ce message, note la spécialiste, commence à être audible dans une Corée du Sud dont l'horizon stratégique a longtemps été obscurci par la seule menace nord-coréenne.

Le pays s'intéresse désormais aussi aux enjeux de l'Indo-Pacifique et gagne en pertinence stratégique avec l'envolée de ses contrats de vente d'armes jusqu'en Europe. Plus affirmé sur la scène internationale, Séoul sera d'ailleurs invité au sommet du G7 d'Evian en juin.

(...)

Si quelques hauts fonctionnaires japonais, et grands industriels, montrent un désir d'autonomie, il est toujours plus compliqué de faire bouger les élites politiques. Et pour Sanae Takaichi, la Première ministre conservatrice qu'Emmanuel Macron retrouvera mercredi, la loyauté à l'Amérique, quels que soient les errements de son dirigeant, doit rester la pierre angulaire absolue de toute la diplomatie nippone.

« Au Japon, la quête d'autonomie stratégique de la France est d'ailleurs souvent perçue, à tort, comme un signe de rupture vis-à-vis des Etats-Unis et de complaisance à l'égard de la Chine », remarque Céline Pajon.


Convaincre les grands groupes

L'analyste pointe d'ailleurs l'absence de grands projets franco-japonais structurants en matière de coopération industrielle de défense. 

Pour développer, d'ici à 2035, un chasseur furtif de 6e génération (GCAP) Tokyo a choisi de s'associer à Londres et à Rome, plutôt qu'à Paris. « Et le Japon ne serait pas mécontent de voir aussi l'Allemagne rejoindre le programme », remarque un expert.

(...)

>> Retrouvez l'intégralité de l'article sur le site des Echos


 

Decoration

Média

Nom du journal, revue ou émission
Les Echos

Journaliste(s):

Journaliste
Yann Rousseau

Format

Catégorie journalistique
Article

Partager

Decoration
Auteurs
Photo
photo-profil-cp-23_nb_2.jpg

Céline PAJON

Intitulé du poste

Chercheuse, responsable de la recherche Japon et Indo-Pacifique, Centre Asie de l'Ifri

Crédits image de la page
Le Président Emmanuel Macron, le 11 mars 2026.
Alfonso Jimenez/Shutterstock