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Congrès de l’AfD : en Allemagne, l’extrême droite de l’extrême droite bouge encore

Interventions médiatiques |

citée par Yovan Simovic dans

  Charlie Hebdo  

 
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À Erfurt, les 4 et 5 juillet, l'AfD s'est offert une nouvelle photo de famille autour d'Alice Weidel, réélue coprésidente avec 81,3 % des voix. Derrière la figure médiatique de la dirigeante du parti d'extrême droite, les réseaux hérités de Der Flügel, courant officiellement dissous mais toujours influent, et l'ombre de Björn Höcke, chef de file de l'aile nationaliste radicale en Thuringe, rappellent que derrière la stratégie d'unité affichée à Erfurt, le vieux courant radical de l'AfD n'a jamais vraiment disparu.

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Berlin, Allemagne, 2026-04-21 : Alice Weidel et Tino Chrupalla photographiés lors d'une réunion à Berlin
Berlin, Allemagne, 2026-04-21 : Alice Weidel et Tino Chrupalla photographiés lors d'une réunion à Berlin
Photocosmos1/Shutterstock.com
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Il y a des poncifs qu’on préférerait éviter : « la résurgence des années trente » annoncée par une myriade d’historiens plus ou moins militants ou « le retour du bruit des bottes » sur le sol européen. N’empêche qu’en jetant un œil outre-Rhin, difficile de ne pas se replonger nos manuels d’histoire. Rendez-vous au chapitre « monté du fascisme », juste avant celui qui explique « comment on a pu en arriver là ». C’était ce week-end, à Erfurt, la capitale de Thuringe, en ancienne RDA. L’Alternative pour l’Allemagne, dit AfD, le parti d’extrême droite allemand où pullulent bon nombre de néonazis, y tenait son congrès annuel. Hasard du calendrier, jurent-ils à ceux assez bêtes pour les croire, l’évènement tombait cent ans jour pour jour après le deuxième congrès du NSDAP, le parti nazis, à Weimar, à quelques kilomètres de là.

Ce jour-là, Alice Weidel, coprésidente de la formation, a été réélue avec 81,3 % des voix. Depuis son arrivée à la tête du parti en 2022, elle s’efforce d’en offrir une image policée, presque fréquentable. Qui pourrait soupçonner, en regardant cette femme homosexuelle, passée pa rGoldman Sachs et vivant avec une productrice de cinéma suisse d’origine sri-lankaise, qu’elle puisse incarner la vitrine d’un mouvement où certains courants portent encore et toujours un imaginaire ethno-nationaliste assumé ?

Le retour du refoulé allemand

Rappelons que le choix de tenir le congrès en Thuringe est d’ailleurs loin d’être anecdotique : « C’est le bastion de la branche la plus radicale de l’AfD, qui s’appelle Der Flügel, L’Aile enfrançais », détaille Jeanette Süẞ, chercheuse au Comité d’études des relations franco-allemandes. Pourtant dissout en 2020, cette faction radicale maintient une influence grandissante sur le parti.

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Six membres sur les quatorze fraîchement élus au comité fédéral du parti proviennent de fédérations régionales qui ont été classées comme d’extrême droite avérée par l’administration allemande. Je pense notamment à Stefan Möller, l’un des plus proches alliés politiques de Björn Höcke, chef du courant nationaliste de l’AfD en Thuringe

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Jeanette SÜẞ
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Nous y voilà. Impossible de ne parler des plus radicaux de l’AfD sans évoquer leur chef de file : Björn Höcke, donc, fondateur de Der Flügel, notamment connu pour ses prises de position visant à réhabiliter la figure d’Adolf Hitler. Dans un entretien accordé au Wall Street Journal en 2017, il expliquait que « le grand problème est que l’on présente Hitler comme absolument mauvais » . Il a également qualifié le Mémorial de l’Holocauste de Berlin de « monument de la honte » ,appelant à opérer un « virage à 180 degrés » dans la politique mémorielle du pays.

Et pourtant, quelques années plus tôt, au moment de la dissolution officielle de Der Flügel, Alice Weidel et plusieurs cadres du parti avaient tenté de prendre leurs distances avec Björn Höcke, voire de l’écarter de la formation. Mais l’homme est resté. Mieux : il s’est imposé.

Texte citation
Quand Alice Weidel est interrogée sur Höcke aujourd’hui dans les médias, elle ne se désolidarise plus du personnage, elle fait prévaloir le fait qu’il n’a pas de fonctions officielles au sein du bureau fédéral, oubliant un peu vite qu’il tire de nombreuses ficelles, notamment au niveau régional, à l’est du pays. Il y a une sorte de répartition de l’électorat entre les deux politiques, l’une représente plutôt le bloc de l’Ouest quand l’autre s’occupe du bloc de l’Est.

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Jeanette SÜẞ
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Le grand tour de passe-passe de Der Flügel

Reste une question : à quoi a bien pu servir cette « dissolution » ? En réalité, cette opération ressemble davantage à une manœuvre de survie politique qu’à une véritable rupture idéologique. « Le chef du Service fédéral de renseignement l’a d’ailleurs qualifiée d’autodissolution fictive » , rappelle la chercheuse.

[...]

 

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