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Conseil des ministres franco-allemand : "Sans Paris et Berlin, la coalition des volontaires ne fonctionnerait pas"

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interview par Antoine Margueritte pour

  Marianne 

 
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Ces 16 et 17 juillet, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz présideront le 26e Conseil des ministres franco-allemand près de Cologne, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Quelques semaines après l'échec du projet de chasseur du futur franco-allemand, comment relancer la machine ? Paul Maurice, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes de l'IFRI (Institut français des relations internationales), propose des pistes pour rendre ces réunions vraiment motrices.

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Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz
Shutterstock.com
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Pour la 26e fois de l'histoire, les ministres de part et d'autres du Rhin vont se retrouver pour aborder ensemble les grands sujets nationaux, régionaux et internationaux. À l'heure du désengagement américain, de la menace à l'Est et de l'ambition allemande de créer la première armée du continent, ce cadre bilatéral manque de souffle.

L'échec récent (mais attendu) de l'avion de chasse franco-allemand au sein du projet SCAF marque un coup d'arrêt majeur dans le secteur de la défense, mais d'autres sujets peuvent réunir le tandem Paris-Berlin, afin d'entraîner l'Union européenne. Paul Maurice, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes à l'Ifri (Institut français des relations internationales), détaille, pour Marianne, le contenu de sa dernière note, dans laquelle il trace quelques pistes pour aboutir à une méthode de travail réellement efficace et motrice.

Marianne : Vous dites dans votre note que le Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) ne doit pas devenir un « simple exercice de ritualisation bilatérale ». Qu'entendez-vous par là ?

Paul Maurice : Je ne veux, bien entendu, pas dire que les CMFA ne servent à rien. Beaucoup de choses en sont sorties, mais le risque et de ne plus savoir qu’en faire. Je veux dire qu’en l’absence d’un véritable cadre, nous avons du mal à nous projeter dans un CMFA, qui est une réunion de travail au cours de laquelle on ne va pas forcément réinventer tous les projets franco-allemands qui existent, mais on va aussi faire leur suivi et la ritualisation : faire des photos, des discours, etc. Cela fait partie de « la geste », mais on ne doit pas oublier le sens : travailler ensemble.

[...]

Vous mentionnez l’échec du SCAF, ou en tout cas de sa partie avion. Il reste encore un projet de coopération majeur : le projet de char du futur (MGCS), lui aussi lancé en 2017. Un nouvel échec serait-il catastrophique ?

On peut à nouveau avoir les mêmes tensions entre industriels, avec Rheinmetall qui joue le même rôle que celui joué par Dassault Aviation dans le projet SCAF. Les grands projets doivent être redéfinis par les besoins nouveaux que nous avons : en termes de défense, de souveraineté, pour se préparer aux deux hypo thèses majeures que sont le retrait américain total et la confrontation avec la Russie. La concrétisation du MGCS devrait être plus simple car les Allemands comprennent mieux les enjeux, et les maîtrisent un petit peu mois. Un nouvel échec serait révélateur de la fin d'une méthode de grand projet qui avait commencé avec Airbus.

[...]

>> >> Cet interview est paru dans Marianne (réservé aux abonnés).

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Antoine Margueritte

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Paul MAURICE

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