En visant le Venezuela et l’Iran, Trump défie ouvertement Poutine et à Xi Jinping et vient leur rappeler qui est le « prédateur dominant »
Le monde doit désormais faire avec un président américain qui assume pleinement un recours désinhibé à l’usage de la force. C’est un changement de donne majeur et surtout une lourde humiliation pour ses homologues russe et chinois.
Les menaces d’intervention en Iran, l’enlèvement par la Delta Force du dictateur vénézuélien Nicolas Maduro, l’arraisonnement en haute mer de deux pétroliers de la flotte fantôme russe sont autant de défis ouverts à Moscou et à Pékin. Les deux grands rivaux des Etats-Unis encaissent les coups dans un quasi-silence de leurs dirigeants, signe évident de leur embarras. En visant en moins d’un mois deux des principaux régimes protégés de Vladimir Poutine et de Xi Jinping, Donald Trump réaffirme le primat des Etats-Unis et une centralité stratégique toujours plus incontestable.
« La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », s’est félicité le président américain. Le Venezuela, c’est l’arrière-cour des Etats-Unis et il n’est pas question d’y laisser agir la Russie ou la Chine devenue de loin le premier partenaire commercial du pays comme du reste du sous-continent. Le régime iranien, c’est l’ennemi depuis 47 ans et le grand déstabilisateur du Moyen-Orient. Mais les ambitions du locataire de la Maison-Blanche vont bien au-delà. Ne rappelait-il pas dans un long entretien au New York Times que le droit international n’existe plus et que « ses seules limites sont celles de sa conscience » ?
Le monde doit désormais faire avec un président américain dopé par la puissance de ses armes comme de son économie et qui assume pleinement un recours désinhibé à l’usage de la force. « La dissuasion, ce sont des discours et des capacités, mais surtout une volonté de passage à l’acte », rappelle volontiers Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales). Donald Trump a montré avec l’opération « détermination absolue » à Caracas qu’il est prêt à prendre des risques. Cela crédibilise ses mises en garde à la mollarchie iranienne contestée par une révolte d’une ampleur sans précédent.
Trump montre à Poutine et Xi Jinping que l’Amérique reste la première superpuissance
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« Ces quinze dernières années, l’avantage de la surprise stratégique était du côté de Poutine avec notamment ses interventions en Syrie ou en Ukraine. Maintenant, c’est Donald Trump qui a l’initiative et sa démonstration de force renvoie en miroir la Russie à ses insuffisances aussi bien militaires que technologiques et économiques, d’autant qu’elle a besoin de Washington pour sortir du bourbier ukrainien », analyse Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/Eurasie à l’Ifri. Ce qu’avait tenté sans succès de faire Vladimir Poutine en lançant son « opération spéciale » – dont le premier acte devait être l’arrestation ou l’élimination de Volodymyr Zelensky –, Donald Trump l’a réussi à Caracas même si le processus de transition reste encore bien incertain.
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