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Immobilier, Covid, croissance… L’économie chinoise se grippe

Interventions médiatiques |

citée par Pierre-Henri Girard-Claudon dans

  La Croix 

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Accroche

Les nuages s’amoncellent pour la deuxième économie du monde, entre les soubresauts d’un secteur immobilier toujours aussi fragile que déterminant pour la croissance du pays, et une politique « zéro Covid » qui contraint à des reconfinements successifs, aux effets délétères pour la production et la consommation.

Contenu intervention médiatique

Impossible d’échanger les actions du groupe Evergrande à la Bourse de Hong Kong : ce lundi 21 mars, le géant de l’immobilier chinois a suspendu sa cotation pour la deuxième fois depuis le début de l’année afin de s’éviter un plongeon. Evergrande doit théoriquement rembourser dans deux jours une obligation de 2 milliards de dollars. Tiendra-t-il sont engagement ? Début décembre déjà, à l’issue d’une précédente échéance non honorée, l’agence américaine de notation Fitch l’avait déclaré en «défaut depaiement limité». Le promoteur a accumulé plus de 300 milliards de dollars de dettes.

Pour l’économie chinoise, le secteur de rimmobilier est déterminant: le quart de sa croissance annuelle en dépend, d’après les calculs de la banque Barclays. Le gouvernement est intervenu ces derniers mois pour aider le groupe à restructurer sa dette, mais aussi restreindre les opérations de l’ensemble des promoteurs pour éviter des faillites en cascade.

Suffisant pour éloigner le spectre d’un nouveau Lehman Brothers ? Les autorités chinoises ont rassuré sur leur volonté de soutenir le groupe. Par ailleurs, la majorité de la dette du groupe appartient à des institutions financières chinoises aux reins solides.

[...]

L’économie chinoise voit ses perspectives se dégrader, après une année sous le signe du rattrapage avec une croissance à 8,1%.

  • «L’économie estgrippée en raison d’une combinaison defacteurs», résume Françoise Nicolas, directrice du Pôle Asie à l’Institut français des relations internationales (Ifri). «La politique” zéro Covid”perturbe la production et les chaînes d’approvisionnement; la crise ukrainienne provoque une explosion du prix des carburants; les tentatives d’assainir le secteur immobilier coupent lepays d’une source de croissance; la forte reprise en main du pouvoir dans certains secteurs d’activité comme celui des technologies pousse les entreprises à l’attentisme», détaille la chercheuse.

Résultat, dès fin janvier, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse les perspectives de croissance du géant asiatique, à4,8%. Les autorités, elles, tablent toujours sur 5,5 %.

  • «Cela paraît très optimiste, explique Françoise Nicolas. La très forte croissance connue par lepays l’an dernier est liée à un effet de rattrapage. Dès le quatrième trimestre de l’an dernier, les chiffres de la croissance ont fortement chuté. »

Symbole du ralentissement de l’usine du monde, un infléchissement dans la croissance des exportations est anticipé dans les mois à venir. Ces dernières sont reparties en trombe en enregistrant 16% de croissance sur les deux premiers mois de l’année, mais les perspectives sont moins chantantes à court terme. Bloomberg fait écho d’un retournement pour les mois à venir. En cause, des accrocs du côté de la production. Le pays est pris au piège de sapolitique «zéro Covid », qui l’oblige à traquer et isoler le moindre cas sur son territoire. Impossible de ne pas y voir aussi un échec de son vaccin, alors que, d’aprèsl’OCDE (Organisation de coopération et de développe ment économiques), au moins 80% de la population avait été vaccinée en début d’année.
 

>> Retrouver l'article en intégralité sur le site de La Croix.

 

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Françoise NICOLAS

Françoise NICOLAS

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Conseillère au Centre Asie de l'Ifri