Merz et Macron sur les traces d'Adenauer et de Gaulle pour sauvegarder la relation franco-allemande face à l'extrême droite
Emmanuel Macron et Friedrich Merz se réunissent au château d'Augustusburg, lieu symbolique de la réconciliation franco-allemande. Malgré l'échec du projet d'avion de combat commun (SCAF), les deux dirigeants veulent afficher une coopération solide, moins d'un an avant l'élection présidentielle.
Tout un symbole. C'est au château d'Augustusburg, près de Cologne, que se tiendra ce vendredi le Conseil des ministres franco-allemand (CMFA), précisément là où le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer s'étaient réunis en septembre 1962 pour poser les bases du traité de l'Elysée, signé quatre mois plus tard. A l'époque, la réconciliation entre la France et l'Allemagne était tout sauf évidente.
Soixante-quatre ans plus tard, Emmanuel Macron et Friedrich Merz veulent dissiper les doutes sur cette amitié parfois rocailleuse, comme en témoigne l'échec retentissant du projet d'avion de combat européen (SCAF). Enterré début juin, ce dernier avait été lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel lors d'un Conseil des ministres franco-allemand censé ouvrir une nouvelle ère dans la relation.
La présidentielle de 2027 en toile de fond
Alors qu'Emmanuel Macron se prépare à quitter la présidence de la République, toute la question est de savoir si le réflexe franco-allemand, institutionnalisé par le traité de l'Elysée depuis 1963 et les CMFA depuis 2003, survivra aux aléas politiques. Et surtout à une élection du Rassemblement national en France en 2027 ou à la montée en puissance de l'Alternative für Deutschland (AfD) outre-Rhin.
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Souveraineté stratégique
Pour autant, la « relance » franco-allemande initiée avec l'arrivée à la chancellerie en mai 2025 de Friedrich Merz, francophile et moins rigide que son prédécesseur Olaf Scholz, n'a pas eu lieu.
Texte citation
Force est de constater que les ambitions affichées n'ont été que partiellement traduites dans les faits.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
Il y voit plusieurs raisons. En France, les marges de manoeuvre sont réduites par une forte polarisation politique, par la contrainte budgétaire et par l'exigence de résultats concrets dans un contexte institutionnel plus instable. En Allemagne, la coalition doit composer avec une opinion publique préoccupée par l'avenir du modèle économique allemand, elle aussi tentée par le vote populiste avec l'AfD.
« Emmanuel Macron laissera sa marque avec le concept de souveraineté stratégique de l'Europe, qui a été adopté tardivement mais qui a fait son chemin à Berlin, estime Jacob Ross, spécialiste des relations franco-allemandes à l'Institut allemand de politique étrangère (DGAP). Tout le drame pour lui, c'est que cela a pris neuf ans du côté allemand pour réaliser que c'était une réponse viable et pas uniquement un concept national français pour rétablir une position forte de la France à Bruxelles ou en Europe. »
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