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« Poutine donne à Kim les moyens de s’émanciper » : la Russie et la Corée du Nord inaugurent un pont routier stratégique à la frontière

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cité par Adrien Bez dans

  Le Figaro 

 
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En service à partir de ce vendredi, cette passerelle reliant le port russe de Khassan et la ville nord-coréenne de Toumangang doit permettre d’intensifier les échanges militaires et commerciaux entre Moscou et Pyongyang.

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Kim Jong-Un rencontre Vladimir Poutine au cosmodrome Vostochny, en Russie, le 13 septembre 2023.
Kim Jong-Un rencontre Vladimir Poutine au cosmodrome Vostochny, en Russie, le 13 septembre 2023.
Kremlin Pool/UPI/Shutterstock
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Oui, la Russie et la Corée du Nord partagent une frontière : une toute petite suture de 19 kilomètres en bordure de mer du Japon. La Chine y a laissé juste ce qu’il faut de place pour un baiser au niveau du fleuve Tumen, à quelque 200 bornes de Vladivostok. Le point de contact est certes insignifiant au regard des plus de 20.000kilomètres de frontière que partage la Russie avec 14 de ses voisins, mais il revêt une importance stratégique à compter de ce vendredi 19 juin. C’est là, enjambant le fleuve-frontière entre le port russe de Khassan et la ville nord-coréenne de Toumangang, qu’entre en service le tout premier pont routier entre les deux pays.

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« La Corée du Nord bénéficie massivement de la guerre en Ukraine » 

Il n’y a qu’à voir l’empressement avec lequel il est sorti de terre : imaginé en juin 2024, mis en chantier en avril 2025, achevé en juin 2026, avec six mois d’avance. « C’est extrêmement rapide. On a un peu l’impression qu’il y a un sentiment d’urgence », note Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l’Ifri. « Ce qui apparaît, c’est que ce pont aura une valeur pratique et pragmatique très forte, tout le contraire du pont ferroviaire, qui était surtout symbolique. » La nouvelle liaison routière s’allonge en effet à quelques centaines de mètres au sud du pont de l’Amitié, bâti du temps de l’URSS en 1959.

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La construction du nouvel ouvrage a été décidée le 18 juin 2024, date clef des relations entre Moscou et Pyongyang : c’est le jour de la signature de l’accord de partenariat stratégique global, aussi bien traité d’amitié que pacte de défense. Dans le prolongement de ce texte, le pont symbolise et doit accélérer le rapprochement commercial, militaire et diplomatique spectaculaire entre Pyongyang et Moscou depuis le début du conflit ukrainien au printemps 2022. « La Corée du Nord bénéficie massivement de la guerre en Ukraine », explique Marc Julienne.

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Kim Jong-un « a réussi à faire sortir son pays de l’isolement diplomatique » 

Pyongyang envoie sur le front ukrainien quantité d’armes et de munitions, mais aussi des troupes terrestres - on parle de 15.000 hommes (au point que Kim Jong-un a inauguré un monument aux morts dans la capitale). En échange, le pays bénéficie de technologies russes de pointe, notamment en matière de guidage de missiles et de systèmes de défense antiaérienne, comme l’ont révélé les services de renseignement sud-coréens. Ce transfert de compétences « pourrait se développer dans des domaines extrêmement stratégiques et sensibles comme le spatial, les sous-marins et la balistique », assure Marc Julienne. Par ailleurs, les soldats reviennent au pays avec une précieuse expérience de terrain.

La vente d’armes permet aussi d’engranger des devises, et de développer le pays. « On voit souvent la Corée du Nord comme un État sous-développé, retardé, en autarcie totale. Ce n’est plus la réalité : il semblerait qu’il y ait un développement économique important tiré par la coopération avec la Russie », poursuit Marc Julienne. Du voisin russe viennent aussi des ressources énergétiques, des engrais , des médicaments, des biens de consommation qui bénéficient directement à la société. Un enjeu majeur pour Kim Jong-un.

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Inquiétude du Japon et de la Corée du Sud

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Après plusieurs années de relations rafraîchies, c’est aussi la coordination trilatérale Chine-Russie-Corée du Nord qui s’approfondit. Pour Marc Julienne, « le symbole serait le défilé militaire du 3 septembre 2025 à Pékin, en commémoration de la victoire contre l’envahissement japonais, quand Xi Jinping est apparu tout sourire avec à sa droite Vladimir Poutine, et à sa gauche Kim Jong-un. » Une situation qui a le don d’inquiéter le Japon et la Corée du Sud.

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>> Un article à lire en intégralité sur le site du Figaro.

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Le Figaro

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Adrien Bez

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Marc JULIENNE

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Directeur du Centre Asie de l'Ifri
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Kim Jong-Un rencontre Vladimir Poutine au cosmodrome Vostochny, en Russie, le 13 septembre 2023.
Kremlin Pool/UPI/Shutterstock