Les chausse-trapes de la remontée en puissance : Défis et écueils du redressement militaire
La remontée en puissance manifeste la volonté d’un gouvernement de redresser son appareil militaire pour répondre à de nouveaux défis stratégiques, ou plus fréquemment pour enrayer un affaiblissement.
La crise budgétaire qui frappe la plupart des pays européens s’est traduite par une érosion des crédits accordés aux forces armées, consacrant leur affaiblissement accéléré. La question du redressement devrait donc se poser à court terme, du moins pour les pays qui entendent conserver un outil de défense sérieux. Un plan de remontée en puissance n’est néanmoins pas anodin. Son coût dépend de l’ampleur du déclassement préalable des forces armées et du tissu industriel de défense. Ainsi, une consolidation rapide peut suffire pour raffermir un outil souffrant de carences partielles. Si celles-ci se sont multipliées au point de remettre en cause la cohérence du système, l’effort s’apparente à un renforcement beaucoup plus conséquent, en termes de ressources comme de durée. Ultime stade de déclin, un effondrement quasi-complet nécessite en retour un gigantesque effort de reconstitution. Il faut donc avoir conscience que des effets de seuil existent, afin d’éviter que la « marche » à franchir pour assurer le relèvement ne devienne trop haute. Si les pertes de compétences, militaires comme industrielles, n’ont pas été maîtrisées, le redressement espéré, quel qu’en soit le niveau, s’avère impossible, y compris lorsque les contraintes budgétaires ont été levées.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Les chausse-trapes de la remontée en puissance : Défis et écueils du redressement militaire
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesVers une nouvelle maîtrise des armements ? Défis et opportunités de l’expiration de New START
Signé en 2010 entre Barack Obama et Dmitri Medvedev pendant une période de détente entre les deux grandes puissances, New START (New Strategic Arms Reduction Treaty) devrait – sauf revirement de dernière minute – expirer le 5 février 2026. Héritier des grands traités de réduction des armements stratégiques de la guerre froide entre l’URSS et les États-Unis, ce traité a permis de réduire les arsenaux nucléaires russes et américains de plus de 30 % par rapport au début du XXIe siècle, en instaurant des limites quantitatives sur le nombre de têtes nucléaires stratégiques déployées – c’est-à-dire immédiatement utilisables – et des mécanismes de transparence et de vérification mutuelles.
L’autonomisation dans le milieu sous-marin : une révolution sans limite ?
L’un des facteurs stratégiques déterminants de la guerre russo-ukrainienne en cours est le recours massif à des capacités dronisées, aériennes mais aussi maritimes et terrestres, qui révolutionnent la physionomie du champ de bataille. Pour autant, force est de constater qu’une partie significative de ces drones est encore télépilotée, téléopérée ou encore télésupervisée, attestant du fait que l’autonomisation des capacités militaires est encore en gestation.
Char de combat : obsolescence ou renaissance ?
Depuis février 2022, les forces russes et ukrainiennes ont perdu plus de 5 000 chars de combat, un volume très supérieur à l’ensemble du parc européen actuel. Fer de lance de la doctrine soviétique dont sont issus les deux belligérants, le char a été déployé en grand nombre et s’est avéré être une cible de choix pour des drones devenus de plus en plus nombreux et efficaces au fil des mois. Le grand nombre de vidéos de frappes de drone contre des chars a d’ailleurs poussé un certain nombre d’observateurs à conclure, une fois de plus, à l’obsolescence de ceux-ci sur un champ de bataille moderne. Cette approche doit être nuancée par une étude plus fine des pertes, les drones n’étant que rarement à l’origine de la perte elle-même causée par la conjugaison de plusieurs facteurs comme les mines, l’artillerie ou d’autres armes antichar.
Quelle autonomie capacitaire pour l’Europe ? Une analyse multi-domaine
La dégradation de la situation sécuritaire en Europe depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine incite les pays européens à accroître significativement leurs capacités militaires pour rester dissuasifs face à la menace majeure que représente désormais la Fédération de Russie. Par ailleurs, la politique américaine de burden shifting incite les Européens à envisager une moindre contribution des États-Unis à la défense du continent en général. Ce constat appelle à identifier plus finement le degré d’autonomie capacitaire des nations européennes et de leurs armées.