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Les guerres commerciales de Trump : haro sur le multilatéralisme

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Politique étrangère, vol. 83, n° 4, hiver 2018-2019
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Page couverture PE n° 4 2018
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Le multilatéralisme commercial établi après la Seconde Guerre mondiale avait pour objectif de prévenir les guerres commerciales. La création de l’Organisation mondiale du commerce en 1995 et la mise en place de son mécanisme de règlement des différends ont renforcé ce multilatéralisme. Aujourd’hui, Donald Trump multiplie les mesures protectionnistes et cherche à réduire l’OMC à l’impuissance. L’issue de la guerre commerciale actuelle est bien incertaine.

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Donald Trump a été élu sur un programme protectionniste. À la surprise presque générale, il a commencé à l’appliquer. La négociation du Traité transatlantique (Transatlantic Trade and Investment Partnership – TTIP) avec l’Union européenne (UE) n’avait pourtant pas attendu son élection pour être suspendue et l’accord de Partenariat Trans-Pacifique (TPP), signé sous l’administration Obama, avait peu de chances d’être un jour ratifié par le Congrès. Mais de là à dénoncer puis renégocier les traités de libre-échange avec le Canada et le Mexique (ALENA), la Corée, et à se lancer dans une guerre tarifaire contre la Chine et ses alliés canadiens, européens ou japonais, il y avait un pas à franchir.


Le terme de guerre commerciale implique un affrontement qui, pour ne pas être sanglant, n’en est pas moins farouche. Les décisions prises par Trump en 2018 furent-elles des déclarations de guerre ? Oui, en ce sens que les engagements, accords, traités internationaux étaient sinon violés du moins contournés ou dénaturés, appelant soit des soumissions (Corée, Mexique et finalement, Canada) soit des représailles.


Cette tension commerciale est paradoxale car elle survient en même temps qu’une forte croissance américaine amplifiée par une politique fiscale procyclique. Le traumatisme des années 1930 avait en effet laissé croire que les phases protectionnistes se superposaient aux phases de dépression. Mais à regarder l’histoire de plus près, cette expérience, aussi traumatisante fut-elle, ne peut être généralisée. Avant la Première Guerre mondiale, l’Europe continentale et les États-Unis pratiquaient des tarifs élevés, certes adoptés à la suite d’une dépression (en France, les tarifs Méline de 1892) mais qui avaient été maintenus une fois la croissance revenue. La loi Hawley-Smoot (1930), référence historique du protectionnisme des années 1930, est bien postérieure au krach de Wall Street, mais son adoption par la Chambre des représentants lui était antérieure.


Bien plus tard, alors que les économistes et les organisations internationales redoutaient que la grande récession de 2008 réveille les vieux réflexes protectionnistes, il ne s’est rien passé, ou presque, jusqu’à l’élection de Donald Trump. On pouvait néanmoins relever une contradiction de plus en plus évidente entre le désamour des opinions publiques pour la mondialisation et l’engagement formel des pays à défendre le libre-échange et le multilatéralisme. […]


PLAN

  • Multilatéralisme, GATT et guerres commerciales
  • Le deuxième âge d’or du multilatéralisme : OMC et règlement des différends
  • La politique de Donald Trump : l’unilatéralisme restauré


Jean-Marc Siroën est professeur de science économique à l’université Paris-Dauphine, université PSL, Laboratoire d’économie de Dauphine (LEDa).

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Les guerres commerciales de Trump : haro sur le multilatéralisme

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Peut-il y avoir une démocratie européenne ?

Date de publication
21 décembre 2018
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Le déficit démocratique de l’Union européenne dénonce un double manque : celui d’une réelle séparation des pouvoirs et celui d’un peuple européen. Un renforcement des pouvoirs du Conseil des ministres pourrait favoriser une « démocratie au second degré ». Le véritable changement serait d’aller vers une Europe confédérale. Mais le choix de cette option serait inséparable du refus de la subordination européenne : un choix partagé par peu d’États membres, indépendamment de la volonté des peuples.

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Brexit et défense européenne : vers un deal ambigu ?

Date de publication
21 décembre 2018
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L’héritage des positions du Royaume-Uni sur la défense européenne est contrasté, marqué par un attachement inconditionnel et exclusif à l’Alliance atlantique et, depuis vingt ans, une adhésion mesurée aux progrès européens. La proclamation de la volonté de Londres de garder, après le Brexit, un haut niveau de coopération s’accompagne cependant de la demande d’un statut spécial, qui dépendra largement des résultats de la négociation globale. Et plusieurs dossiers concrets restent en suspens.

Jolyon HOWORTH
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La question irlandaise, enjeu majeur du Brexit

Date de publication
21 décembre 2018
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Le Royaume-Uni n’a qu’une seule frontière terrestre : celle qui le sépare de la République d’Irlande. L’intégration de ces deux États dans l’Union européenne a rendu cette frontière quasiment virtuelle. Les échanges entre l’Ulster et la République d’Irlande sont nombreux et variés. Le rétablissement d’une séparation physique entre ces deux entités est un véritable casse-tête qui risque d’avoir nombre de conséquences négatives. À ce stade, la « question irlandaise » est encore loin d’être réglée.

Marie-Claire CONSIDERE - CHARON
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L’impact économique et financier du Brexit

Date de publication
21 décembre 2018
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Depuis le vote du peuple britannique pour quitter l’Union européenne le 23 juin 2016, les analyses de l’impact économique et financier du Brexit sur le Royaume-Uni et sur l’Europe sont légion. Apocalyptiques ou fantasmées, objectives ou biaisées, ces analyses occultent souvent l’impact le plus important : l’inquantifiable perte des bénéfices d’une relation de coopération étroite entre Londres et le continent tissée depuis plus d’un demi-siècle.

Emmanuel MOURLON-DRUOL

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Page couverture PE n° 4 2018
Jean-Marc SIROËN, « Les guerres commerciales de Trump : haro sur le multilatéralisme », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2018.
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Les guerres commerciales de Trump : haro sur le multilatéralisme