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L’Afrique du Sud, un modèle démocratique fragilisé ?

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Politique étrangère, vol. 84, n° 4, hiver 2019
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Page couverture PE n° 4 2019
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Les élections générales sud-africaines ont eu lieu en mai 2019. Le Congrès national africain (ANC) est sorti vainqueur, sans réunir toutefois la majorité des électeurs inscrits. Cyril Ramaphosa, devenu président à la suite de la démission de Jacob Zuma en 2018, a été reconduit à son poste. Si l’Afrique du Sud a réussi sa transition démocratique après l’apartheid, des facteurs de fragilité suscitent des inquiétudes. On peut s’interroger sur la capacité de l’ANC à relever les défis du pays.

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Vingt-cinq ans après ses premières élections libres et démocratiques, l’Afrique du Sud a organisé le 8 mai 2019 les sixièmes élections générales de son histoire. L’African National Congress (ANC) a largement dominé le champ politique et électoral depuis 1994, mais s’est présenté à ces élections avec quelques incertitudes. En effet, l’image du parti avait été ternie ces dernières années par de nombreux scandales de corruption et par des critiques reprochant à l’ANC son incapacité à corriger de profonds déséquilibres économiques et sociaux hérités de la période d’apartheid.


Jacob Zuma, impliqué dans différentes affaires de corruption ou d’utilisation frauduleuse des deniers publics, a cristallisé les mécontentements, devenant la cible principale de l’opposition ; et les mauvais résultats de l’ANC lors des élections municipales de 2016 ont contribué à fragiliser sa position, y compris dans son propre camp. Une faction opposée au président en exercice s’est ainsi constituée autour de Cyril Ramaphosa lors des élections internes du parti en décembre 2017. Cette faction l’a emporté de justesse – moins de 200 voix d’avance sur près de 5 000 délégués – et a réussi à pousser Jacob Zuma à la démission le 14 février 2018.


Devenu président de la République sud-africaine, Cyril Ramaphosa entendait incarner le changement, en promettant d’éradiquer la corruption et de relancer l’économie du pays. Ces deux thèmes ont ainsi été au cœur de la campagne électorale de 2019. Ramaphosa s’est également engagé sur un sujet d’une grande portée symbolique, mais sensible économiquement et socialement : la redistribution des terres sans compensation.


Le résultat des élections n’a été ni un succès ni une défaite pour l’ANC. Le parti a certes connu son plus faible score historique lors d’élections nationales, avec 57 % des voix, mais il a néanmoins rebondi par rapport aux élections municipales de 2016. Il conserve par ailleurs la majorité absolue dans 8 des 9 provinces sud-africaines. La seule province qui lui échappe, le Cap-Occidental, reste aux mains de l’Alliance démocratique (DA). Les résultats ont été jugés décevants pour l’opposition. La DA a obtenu un peu plus de 20 % des voix, ce qui est encore loin de mettre en péril la domination de l’ANC, et surtout elle perd des voix alors que sa progression électorale avait été constante depuis la création du parti en 2001. […]


PLAN

  • Une architecture démocratique fonctionnelle
  • Un projet démocratique altéré ?


Victor Magnani est chargé de projets au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri. Il coordonne l’Observatoire de l’Afrique australe et des Grands Lacs, en collaboration avec le ministère des Armées.

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L’Afrique du Sud, un modèle démocratique fragilisé ?

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Victor MAGNANI

Intitulé du poste

Ancien Chargé de projets, Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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Djihadisme : une bataille gagnée, mais la lutte doit continuer

Date de publication
21 décembre 2018
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Le proto-État construit par Daech en zone syro-irakienne s’est effondré. L’organisation terroriste n’a pas pour autant disparu et les groupes liés à Al-Qaïda restent eux aussi très actifs. Le djihadisme est une menace mondiale qui touche le monde arabe mais aussi, au-delà, l’Afrique subsaharienne et l’Asie. L’Europe est aujourd’hui mieux placée que les États-Unis pour devenir le fer de lance de la lutte contre cette menace qui nécessite de s’attaquer aux causes profondes du djihadisme.

Asiem EL DIFRAOUI
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Blitzkrieg pour la paix : la réconciliation Éthiopie-Érythrée

Date de publication
21 décembre 2018
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Il faut, pour comprendre les chaotiques relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée – avant-dernier État indépendant d’Afrique –, remonter au début du xxe siècle et aux conséquences des actions multiples des grandes puissances dans la région. Guerre de trente, ou de cinquante ans, l’opposition entre Addis-Abeba et Asmara semble désormais muer en dialogue. L’héritage d’une histoire et d’une culture communes suffira-t-il à garantir la paix, en dépit du caractère dictatorial du régime érythréen ?

Alain GASCON
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La Libye depuis 2015 : entre morcellement et interférences

Date de publication
21 décembre 2018
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La Libye est aujourd’hui, de facto, divisée en plusieurs entités. Les efforts déployés par la communauté internationale pour tenter de réconcilier et réunir le pays ont échoué. Un gouvernement d’entente nationale a certes été mis en place mais il peine à s’imposer et à répondre aux besoins de la population. Du point de vue occidental, la situation est toutefois moins préoccupante que par le passé, notamment parce que Daech a perdu ses emprises territoriales.

Jalel HARCHAOUI
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Le défi de la démocratie européenne

Date de publication
21 décembre 2018
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L’affirmation du rôle du Parlement européen est une réponse au reproche de déficit démocratique dans l’Union. Cette affirmation reste inachevée, du fait de la nature même de l’Union européenne. On doit concevoir cette Union comme une « fédération en devenir », équilibrant la légitimité des démocraties nationales et celle du Parlement européen. La procédure de désignation des Spitzenkandidaten, candidats têtes de liste des partis européens, permet de renforcer l’espace du débat public européen.

Maxime LEFEBVRE

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 4 2019
Victor MAGNANI, « L’Afrique du Sud, un modèle démocratique fragilisé ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 décembre 2019.
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Page couverture PE n° 4 2019

L’Afrique du Sud, un modèle démocratique fragilisé ?