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En attendant le retour de l'Etat...
L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.
Quel avenir politique pour le Mali ?
Au moment des indépendances africaines, les élites locales n’ont pas véritablement envisagé d’autre modèle d’organisation politique que l’État, importé par les colonisateurs. Sans même parler de la problématique des frontières héritées de la colonisation, ce modèle est aujourd’hui à bout de souffle dans plusieurs pays. Le Mali en est un exemple patent. Or d’autres formes d’organisation politique peuvent être imaginées et mises en œuvre, en s’inspirant d’exemples historiques et traditionnels.
Défense européenne : agir à temps
Le moment semble propice pour renforcer la coopération européenne de défense. Les objectifs sont identifiés et clairs : pouvoir déployer une force militaire européenne face à une crise ; pour ce faire, développer des capacités et un marché intérieur de défense. Les institutions existantes – état-major, Agence européenne de défense, embryon d’académie militaire… – sont sous-utilisées. Il est possible de franchir d’importants pas sans révolution institutionnelle, sans modification des traités.
Comment préparer 2050 ? De la « prévoyance » à la « grande stratégie »
La Chine et les États-Unis ont tous deux une « grande stratégie ». Pékin aspire à devenir la première puissance mondiale en 2049, tandis que Washington entend demeurer primus inter pares. Dans ce contexte de compétition entre superpuissances – marqué aussi par la dégradation environnementale, la transformation numérique et la fragmentation sociale –, la France et l’Europe devraient se doter d’une « grande stratégie » et renforcer leurs dispositifs de « prévoyance ».
La politique étrangère de la France : un cap pour les trente prochaines années
Une politique étrangère exprime une société unie qui organise ses rapports avec ses environnements en y défendant ses intérêts. Ces environnements ont, pour la France, considérablement changé depuis la fin de la guerre froide et le début de ce siècle. On peut désormais identifier les lignes de force définissant un nouveau cap – où la construction européenne occupera une place centrale – pour organiser l’ensemble de nos choix de politique étrangère pour les prochaines décennies.
Nouvelle-Calédonie, et maintenant ? Innover politiquement et mobiliser un acteur de l’Indo-Pacifique
Le 12 décembre 2021, les citoyens calédoniens se sont prononcés pour la troisième fois depuis 2018 sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté et à l’indépendance. Le Non l’a emporté avec 96,49 % des voix, mais le scrutin s’illustre par un fort taux d’abstention (56,1 %) ; l’appel des partis indépendantistes à la non-participation ayant été massivement suivi.
L'islam de Russie. Équilibrer sécurisation et intégration
L’islam de Russie ne se résume pas aux deux guerres de Tchétchénie et aux attaques terroristes qui ont frappé le territoire russe à de multiples reprises. L’islam fait partie intégrante de l’histoire et de la culture du pays, et le régime de Vladimir Poutine célèbre régulièrement le rôle de cette religion dans la vie de la Fédération et dans sa reconquête d’un statut de grande puissance.
Le futur en héritage. Actes du colloque Jacques Lesourne
Jacques Lesourne, décédé en 2020, a longuement participé aux travaux et réflexions de l’Ifri, et tout particulièrement à ceux du Centre Energie et Climat, dont il a dirigé de longues années le Conseil scientifique. En participant à l’organisation du Colloque qui s’est réuni en 2021, l’Ifri a voulu rendre hommage à celui qui a tant enrichi les approches prospectives qui sont le fond de notre démarche. L’intervention de Thierry de Montbrial a conclu cette rencontre, dont l’ensemble des interventions est repris dans la présente publication.