Tatiana Kastouéva-Jean s'exprime sur les manifestations contre Vladimir Poutine en Russie
Interview de Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/NEI de l'Ifri. Des milliers de personnes ont à nouveau participé manifestations contre Vladimir Poutine et pour la libération d'Alekseï Navalny dans plusieurs villes de la Russie. Faut-il le voir comme le début d'un tournant pour la politique du pays ?
Poutine/Navalny : espion, poison et corruption
Jusqu’où ira le bras de fer entre Alexeï Navalny et Vladimir Poutine ? Le retour en Russie du principal opposant du président Poutine électrise le Kremlin. Cinq mois après la tentative d’assassinat dont il a été victime en pleine campagne électorale, l'homme politique est revenu à Moscou le 17 janvier dernier. À peine arrivé, celui qui a toujours refusé l’exil a été interpellé et incarcéré par le pouvoir russe sous l’œil des caméras du monde entier. Il lui est reproché d’avoir violé son contrôle judiciaire, alors qu’il était soigné en Allemagne pour un empoisonnement au novitchok, une arme chimique produit par l’État russe, et dont les enquêtes montrent qu’elle fut menée par des agents en service commandé.
Tatiana Kastouéva-Jean : "Poutine n'a que des mauvaises solutions face à Navalny"
Pour la chercheuse Tatiana Kastouéva-Jean, l'opposant russe dispose d'un poids politique grandissant en Russie, même s'il ne menace pas encore le chef du Kremlin.
Russie: le pouvoir a-t-il peur d’Alexeï Navalny?
L’opposant numéro un à Vladimir Poutine a été arrêté, dès son retour en Russie, hier dimanche (17 janvier 2021), cinq mois après son empoisonnement par un agent chimique attribué au Kremlin.
De Navalny à Biden : Poutine au défi
Retour de Centrafrique, pays déchiré par la guerre civile. Si la situation s'y est stabilisée, la tenue d'élections, fin décembre, semble avoir ravivé le conflit. Puis une discussion autour de ce que l'année 2021 réserve à Vladimir Poutine, tant en politique extérieure qu'intérieure.
L’état d'esprit de l'opinion publique russe en début 2021
Le vendredi 15 janvier 2021, Tatiana Kastouéva-Jean intervient à la RTS pour parler de politique intérieure russe, notamment de l'affaire Navalny.
Alexeï Navalny, «un casse-tête pour Vladimir Poutine»
Alors que l’opposant Alexeï Navalny entend rentrer dimanche soir en Russie, les services pénitentiaires russes ont annoncé ce jeudi leur intention de l’arrêter. Entretien avec Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie à l'Institut français des relations internationales (IFRI).
Le patriotisme en Russie à l’épreuve du quotidien
Il est utilisé plus que jamais par le Kremlin comme un remède face aux difficultés. Mais le recours à l’unité nationale et la référence au sacrifice des anciens voient se développer une adhésion sous conditions aujourd’hui dans la société russe.
Russie : Entre prise de conscience et nouvelles opportunités
Le pouvoir russe tient un discours plus qu'ambivalent concernant le changement climatique, préférant appeler à s’y adapter. Comment expliquer le discours aux accents climatosceptiques de Vladimir Poutine, alors que son pays est l’un des premiers concernés par le réchauffement climatique ?
Toutes vos questions sur la 5G
Le lancement de la 5G devrait arriver en France d’ici fin 2020. Cette nouvelle génération de réseau, qui pourrait permettre de multiplier par 10 le débit de l’actuel 4G, suscite de nombreuses craintes auprès des scientifiques comme des usagers.
Web et pouvoir en Russie
Il y a quelques mois, le chef du gouvernement russe, Dmitri Medvedev, retwettait un propos extrêmement grossier d’un député de la Douma qui faisait allusion à Alexeï Navalny, blogueur influent, et récemment condamné à 15 jours d’emprisonnement pour son rôle dans les manifestations postélecorales et qui avait employé sur son blog l'expression de « parti des escrocs et des voleurs » pour désigner Russie unie, le parti au pouvoir. Ce retweet de Medvedev a ému le web russe, au point que l’ancien président a dû déclarer que son compte avait été piraté et que les coupables seraient punis. Puis, dans un autre registre, la Douma a voté il y a trois jours une loi qui ressemble à notre LOPPSI, c’est-à-dire qui, sous prétexte de protection des enfants, pourrait servir à l’établissement d’une censure du web. Ce qui a entraîné nombre réactions, dont 24 heures de fermeture du Wikipédia russe.
"L'enjeu pour Vladimir Poutine est de réussir à apprivoiser le Web"
Les parlementaires russes ont des priorités. Depuis quelques semaines, ils sont engagés dans une course législative effrénée vers l'adoption de lois répressives.
Dernière loi votée par la chambre basse du Parlement russe : celle visant à imposer des contrôles stricts aux "agents de l'étranger" tels que seront désormais définies les ONG "politiques" recevant des fonds internationaux. Adoptée définitivement le vendredi 13 juillet, celle-ci clôt une série de lois qui régissent Internet, les manifestations ou encore le délit de diffamation.
Vladimir Poutine, qui a réintégré son fauteuil de président le 7 mai, ne cache pas son objectif, qui reste de museler les protestations, comme l'explique Thomas Gomart, directeur du Centre Russie/NEI à l'Institut français des relations internationales. Entretien.
Russian internet demonstrates high level of political maturity
How do you assess the Russian internet, in general? Is it different from the English web or not, in political terms?
- First of all, we should make a distinction between the official position on the internet as a political issue for the Russian government, and what happens in domestic terms. In the first case, it's very interesting to observe the desire by the Russian state to get back on the web.
"Vladimir Poutine entend conserver une apparence de légalité"
Paradoxalement, Vladimir Poutine est le principal artisan du succès de la manifestation moscovite hier.
Vladimir Poutine cherche à intimider l'opposition
Elle s'appelle « la marche du million ». Mais elle ne devrait pas réunir autant de personnes dans les rues de Moscou. La manifestation, à laquelle appellent aujourd'hui les opposants au régime de Vladimir Poutine, va mesurer leur capacité à encore entraîner l'opinion publique russe après les spectaculaires rassemblements de décembre dernier, qui ont réuni jusqu'à 100 000 personnes dans un froid hivernal.
Le Kremlin cible les réseaux sociaux
Trois mois après la réélection de Vladimir Poutine à la tête de l’Etat russe, le Kremlin multiplie les pressions sur les manifestations de protestation. Mercredi 6 juin, lors d'une manifestation "Occupy Khimki" aux portes de Moscou, 6 militants ont été arrêtés dont Evguenia Chirikova, leader du mouvement.
Le Kremlin a aussi récemment pris pour cible des sites internet « étrangers », accusés de fomenter les manifestations contre le pouvoir. Les mots du conseiller à la sécurité du Président russe, Nikolaï Patrouchev, sont très clairs. « Profitant de la liberté d’internet dans notre pays, les sites étrangers propagent des rumeurs politiques et appellent à des manifestations non autorisées ». Et il ajoute : « la blogosphère russe est également sujette à des influences extérieures qui visent à créer et à entretenir des tensions constantes au sein de la société ».
Pourquoi cette attaque en règle contre internet, maintenant ?
L’analyse d’un spécialiste du sujet, Julien Nocetti, chercheur associé à l’Ifri (Institut français des relations internationales).
"Le mouvement de contestation a fissuré le système Poutine"
Interview. Vladimir Poutine, réélu en mars, est investi à la présidence ce lundi, pour la troisième fois. Mais la donne a changé depuis son précédent mandat, souligne Thomas Gomart, chercheur à l'Ifri.
Après Poutine I et II, Poutine III. Elu au premier tour le 4 mars lors d'un scrutin contesté mais avec plus de 63 % des suffrages, l'homme fort de Russie réintègre son fauteuil de président ce lundi. Ces quatre dernières années, il l'avait laissé à Dmitri Medvedev faute de pouvoir enchaîner selon la Constitution plus de deux mandats consécutifs. Après deux premiers mandats de quatre ans entre 2000 et 2008, Poutine entame cette fois un mandat de 6 ans.
Que va faire désormais l'opposition en Russie ?
Une partie de l’opposition va continuer à appeler à la mobilisation, à l’instar d’un des meneurs, Sergueï Oudaltsov, qui a déjà fait un mois de prison, une grève de la faim et se montre donc déterminé à radicaliser le mouvement. Mais, au-delà de ces opposants professionnels, il y a du découragement. Après les législatives du 4 décembre, les gens ont eu le sentiment d’avoir été lésés, que leurs voix ont été volées. Dans le cas de la présidentielle, personne ne s’attendait à autre chose qu’une victoire de Vladimir Poutine puisque il n’y a pas de réelle alternative.
Russie/Internet: le web fait entendre sa voix
Les dernières élections législatives en Russie, le 4 décembre dernier, et les élections présidentielles russes qui ont eu lieu ce dimanche 4 mars ont vu la montée en puissance du web comme outil de contestation du pouvoir. Le blogueur Alexeï Navalny, l’un des principaux opposants au pouvoir en place, en est la figure la plus emblématique.
Le Web russe, "soupape d'évacuation"
Interview. Acteur de la contestation et enjeu de la campagne présidentielle, Internet est à la fois toléré et contrôlé par le pouvoir, qui l'investit à sa manière, selon Julien Nocetti, chercheur à l'Ifri.
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