La nouvelle grammaire de la puissance allemande
Après la Seconde guerre mondiale, le rejet de la puissance et la culture de la retenue ont constitué les deux piliers de la culture politique allemande. A partir de 1990, la politique étrangère de l'Allemagne unifiée est cependant marquée par une plus grande assurance qui se traduit par la défense éclairée de ses intérêts. La guerre du Kosovo (1999) et les attentats aux Etats-Unis (2001) ont eu pour effet de provoquer au sein de l'élite politique allemande une prise de conscience des réalités qui s'accompagne d'une disponibilité à prendre en charge les responsabilités qui incombent à un pays souverain, ce qui inclut le recours à la force militaire. L'Allemagne ne mène cependant pas une politique de la puissance " per se ", elle a adopté une ligne de conduite diplomatique plus conforme à l'attitude de ses grands partenaires. En maintenant une approche civile et multilatérale des questions internationales, les gouvernements allemands qui se sont succédé de puis 1990 confirment la place de l'Allemagne dans son rôle privilégié de médiateur.
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