L’autonomie stratégique européenne et la présidence Biden

Une vingtaine de personnalités internationales issues de plusieurs sensibilités et horizons différents ont réfléchi à la question de l’impact de la présidence Biden sur le futur de l’autonomie stratégique européenne.

Les quatre années qui séparent la prestation de serment de Donald Trump et celle de Joe Biden ont contribué à accélérer la réflexion sur la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des États-Unis en ouvrant un débat sur le sens profond de l’autonomie stratégique.
Dans le cadre des travaux du Groupe d’études géopolitiques sur l’autonomie stratégique européenne, une vingtaine de personnalités internationales de plusieurs sensibilités et horizons différents ont réfléchi à l’impact de la présidence Biden sur le futur de l’autonomie stratégique européenne. Pour appréhender cette question dans une perspective pluridimensionnelle, le Grand Continent a demandé aux contributeurs de se positionner sur une échelle de 0 à 5 en répondant à deux questions :
L’élection de Biden pose-t-elle un risque pour l’autonomie stratégique européenne ? La question se pose-t-elle en ces termes ?
L’ensemble de leurs positionnements sont représentés dans un graphique. Afin de leur permettre d’expliciter leurs choix, il a également été demandé à chaque auteur d’analyser les dossiers fondamentaux qui rythmeront la relation transatlantique sur le court / moyen terme.
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Laurence nardon, chercheuse, responsable du programme Etats-Unis à l’Institut français des relations internationales (IFRI)
Revenant à la pratique du multilatéralisme, cherchant à rétablir la posture morale de l’Amérique (démocratie, droits de l’homme…), l’administration Biden va se montrer constructive avec les Européens. Le secrétaire d’Etat Antony Blinken (qui a passé la moitié de son enfance à Paris), le Conseiller pour la sécurité nationale Jake Sullivan (Rhodes scholar à Oxford) et la conseillère Julie Smith (qui entretient des liens forts avec l’Allemagne) sauront renouer avec les chancelleries européennes. Sans doute auront-ils une vision obamienne du projet européen, considérant une Union européenne forte comme un atout pour les Etats-Unis (à l’inverse du nationaliste Trump pour qui ce projet supranational était intolérable).
Certains euro-pessimistes craignent que l’amitié américaine incite les acteurs de l’Union à se désengager du projet d’autonomie stratégique. Ils doivent se rassurer, les Etats-Unis resteront attentifs à leur intérêt national et ne feront pas de cadeau aux Européens sur les dossiers particulièrement épineux des prochains mois tels que le commerce, la taxe sur les géants du numérique, à savoir Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA), ou encore la protection et le développement des technologies par rapport à la Chine.
Surtout, l’équipe Biden ne peut pas revenir à l’avant-2016. Le principe du libre-échange et la pratique de l’interventionnisme militaire font désormais largement l’objet d’une remise en question à Washington, aussi bien à droite qu’à gauche de l’échiquier politique. Les Etats-Unis seront un partenaire aimable, mais en retrait.
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