Les tribulations du lien transatlantique
Le lien transatlantique a construit les mentalités américaines avec comme substrat les principes des Lumières, le respect intransigeant de la liberté individuelle. Or, les divergences idéologiques sont aujourd’hui une réalité inquiétante avec la remise en cause de cet universalisme longtemps commun.
Interdites en France, les statistiques ethniques sont autorisées aux États-Unis. Sur la base de questionnaires auto-déclaratifs, le Bureau du recensement est donc en mesure d’affirmer qu’à partir des années 2040, la population américaine d’origine européenne sera devenue minoritaire. Le pays comptera alors une majorité d’habitants issus des minorités afro-américaine, latino ou asiatique. Par ailleurs, les équilibres géopolitiques voient basculer le centre de gravité du monde vers l’Asie et la puissance chinoise. Le président Obama avait ainsi lancé en 2013 un mouvement de « pivot vers l’Asie » censé préparer les forces diplomatiques, militaires et économiques de l’Amérique au nouvel ordre mondial du XXIe siècle.
Dans ce contexte, le débat ancien sur le maintien du lien transatlantique reprend une certaine actualité. Les États-Unis et l’Europe vont-ils pouvoir maintenir leur lien privilégié fondé sur l’histoire et une communauté de valeurs ? Côté européen, ce sujet donne lieu à des interrogations angoissées, les nations du Vieux Continent craignant un éloignement des États-Unis qui affaiblirait leur influence et leur sécurité. Ces réflexions sont d’autant plus importantes que les « valeurs transatlantiques » tant exaltées par les dirigeants des deux rives de l’Atlantique font aujourd’hui l’objet de plusieurs remises en question.
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Canada : vers un retour aux sources européennes ?
Quand Ursula von der Leyen prendra la parole le 16 septembre pour le traditionnel discours sur l’état de l’Union européenne (UE), de nombreux regards risquent de se tourner vers la tribune d’honneur, où aura pris place le Premier ministre canadien Mark Carney. Celui qui avait su, en début d’année, si justement saisir l’air du temps avec son désormais célèbre discours de Davos s’est en effet imposé depuis lors comme une source d’inspiration internationale, érigée par certains au rang de héraut anti-Trump. Sa récente décision de quitter la table des négociations commerciales avec les États-Unis, après avoir un temps donné le sentiment d’être prêt à céder, n’a fait que renforcer cette aura en Europe, notamment auprès de ceux, nombreux, qui avaient regretté l’approche trop conciliante de l’Union lors des négociations de Turnberry.
Abelardo de la Espriella, élu président en Colombie
Abelardo de la Espriella a été élu le 21 juin président de la Colombie, pour un mandat de quatre ans (non renouvelable) qui commencera le 7 août 2026. Il a été élu avec 49,66 % des voix, contre 48,70 % pour son opposant de gauche Iván Cepeda, soit une différence d’environ 250 000 votes. C’est la première fois qu’un président colombien est élu, dans le système actuel d’élection à deux tours, avec moins de 50 % des voix.
Trump 2 : le sacre de l’intégralisme catholique post-libéral ?
Le cabinet de Donald Trump se caractérise par une présence notable de figures catholiques de premier plan, à l’instar du vice-président James D. Vance. Cette visibilité excède le poids démographique de l’électorat catholique aux États-Unis et marque l’aboutissement d’une stratégie d’influence sur le Parti républicain par des intellectuels catholiques, amorcée dans les années 1950 en réaction à l’idéologie « fusionniste » de ce dernier, laquelle cherchait à concilier conservatisme moral et libéralisme économique. Depuis 2016, des universitaires tels que Patrick Deneen et Adrian Vermeule ont développé un courant qualifié d’« intégralisme catholique » et promeuvent un nouveau projet politique : le post-libéralisme.
Vers une nouvelle politique étrangère démocrate ? Enjeux et recompositions à l’horizon des présidentielles de 2028
Sortant peu à peu de l’état de sidération dans lequel la réélection de Donald Trump les a plongés en novembre 2024, les Démocrates s’apprêtent à entrer en campagne pour les élections de mi-mandat de 2026, puis pour les primaires démocrates qui précéderont les présidentielles de 2028.