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Allemagne-Namibie : enjeux d’une réconciliation post-coloniale

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Politique étrangère, vol. 84, n° 3, automne 2019
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Page couverture PE n° 3 automne 2019
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Depuis l’indépendance de la Namibie et la réunification de l’Allemagne, les relations germano-namibiennes sont marquées par les débats sur la reconnaissance du « génocide » perpétré par les troupes coloniales dans le Sud-Ouest africain entre 1904 et 1908. Malgré une aide allemande massive au développement, ces relations dépendent en grande partie de l’acceptation par Berlin de l’héritage colonial et de la résolution de la question des réparations soulevée par les descendants des Hereros et des Namas.

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Swakopmund, station balnéaire luxueuse à l’architecture germanique début XXe siècle des bords de Baltique, abrite le Café Anton qui sert, de l’avis général, le meilleur Apfelstrudel d’Afrique. Elle est l’un des hauts lieux du tourisme en Namibie – pays qui attire près de 100 000 touristes allemands l’an –, et concentre une partie des 30 000 Namibiens allemands. Ces derniers forment une communauté soudée, avec ses propres écoles, ses brasseries, son journal Allgemeine Zeitung fondé en 1916 – seul quotidien d’Afrique en langue allemande, tiré à 5 000 exemplaires. Ces descendants des Südwester (pionniers allemands) – près de 7 000 sont restés après la perte de la colonie placée sous mandat sud-africain après la Première Guerre mondiale –, se considèrent comme des Namibiens à part entière, paraissant insensibles aux aléas de l’histoire et vouloir se distancier des tragédies de la période coloniale.

C’est à Berlin que de novembre 1884 à février 1885 se réunit la conférence internationale au cours de laquelle 14 États invités entérinent le partage du continent africain. L’Allemagne, occupée à sa propre unité jusqu’en 1871, réclame, elle aussi, sa « place au soleil » (Bernhard von Bülow), et va s’établir notamment dans le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie) dès 1883. Les historiens ont longtemps minimisé cette période, au prétexte que l’empire colonial allemand n’a existé que de 1884 à 1918 – à Versailles, en 1919, l’Allemagne perd la totalité de ses colonies. De plus, jusqu’à la fin des années 1980, l’histoire du colonialisme est éclipsée dans la mémoire de la République fédérale (RFA) par la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste. En République démocratique allemande (RDA), la période coloniale n’est certes pas occultée, mais elle est manipulée à des fins idéologiques, la RFA étant en ligne de mire pour sa « pénétration néocoloniale » en Afrique, et la culpabilité des crimes coloniaux lui étant attribuée exclusivement.

Les deux États allemands suivent par ailleurs deux voies diplomatiques : la RDA soutient l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO) pour l’indépendance ; la RFA entretient de bonnes relations avec l’Afrique du Sud et ne noue de discrets contacts avec la SWAPO qu’à compter des années 1980. C’est après la fin de la guerre froide et la réunification allemande que la période coloniale est étudiée par une nouvelle génération d’historiens. […]


PLAN

  • La nature génocidaire du massacre des ethnies herero et nama
  • Une « responsabilité particulière » de l’Allemagne, mais toujours limitée
  • Aide au développement contre réparations financières
  • Le travail apodictique de l’Allemagne sur l’héritage colonial


Stephan Martens est professeur de civilisation allemande contemporaine à l’université de Cergy-Pontoise et ancien recteur des académies de Guadeloupe et de Mayotte.

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Allemagne-Namibie : enjeux d’une réconciliation post-coloniale

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Comment brider le financement de la prolifération des armes de destruction massive ?

Date de publication
23 septembre 2019
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La lutte contre le financement des armes de destruction massive est difficile. En dépit des mesures adoptées par les États et les organisations internationales, les proliférants continuent à avoir accès aux marchés bancaire et financier. Même si le régime de lutte contre le financement de la prolifération peut être consolidé, il sera impossible de trouver une parade absolue. D’où l’importance de renforcer également d’autres aspects de l’architecture globale de non-prolifération.

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Contestation de la mondialisation : vingt ans après la « bataille de Seattle »

Date de publication
23 septembre 2019
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En 1999 à Seattle, la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce a suscité d’importantes manifestations émaillées de violences. Vingt ans plus tard, il apparaît que les objectifs des manifestants n’ont pas été atteints. Le commerce international, en particulier, a connu un fort essor. Toutefois, la contestation et la colère ont pris de l’ampleur. Les populistes promouvant la démondialisation ont mieux su tirer profit du rejet de la globalisation que les altermondialistes.

Eddy FOUGIER Anna DIMITROVA
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La stabilisation du Sahel, nouveau rocher de Sisyphe ?

Date de publication
23 septembre 2019
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Le Sahel est traversé par des crises multiples qui peuvent avoir un impact au-delà de cette zone. Toutefois, la situation n’est pas désespérée. Certains pays et régions résistent mieux que d’autres face à la dégradation de l’environnement sécuritaire. La communauté internationale a un rôle important à jouer pour aider les acteurs locaux à lutter contre des maux variés : pauvreté, corruption, désertification, terrorisme, etc. L’aide internationale doit être pérenne et mieux coordonnée.

Jean-Marc CHÂTAIGNER
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Les petits pays insulaires du Pacifique face aux changements climatiques

Date de publication
23 septembre 2019
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Les petits États insulaires du Pacifique sont plus grands qu’il n’y paraît : l’espace maritime de la Mélanésie, de la Micronésie et de la Polynésie représente 40 millions de km2. Or, la biodiversité de l’océan est affectée par le réchauffement climatique et la montée des eaux menace les habitants de certaines îles. Les territoires du Pacifique, en dépit de leur hétérogénéité, ont réussi à s’unir pour tenter de faire entendre leur voix dans différentes instances diplomatiques.

Hervé Ramaina LALLEMANT-MOE

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Stephan MARTENS, « Allemagne-Namibie : enjeux d’une réconciliation post-coloniale », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2019.
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Allemagne-Namibie : enjeux d’une réconciliation post-coloniale