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Brexit : quatre questions en suspens

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Politique étrangère, vol. 85, n° 4, 2020
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Page couverture PE n° 4 2020
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Grâce au COVID-19 et aux élections américaines, le Brexit a temporairement pâli sur l’écran radar médiatique. À l’approche de la date fatidique du 1er janvier 2021 (limite pour un éventuel accord entre Union européenne – UE – et Royaume-Uni), il réapparaît de plus belle. Le dossier qui s’ouvre ici pose (au moins) quatre questions fondamentales. 

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Comment politistes et analystes peuvent-il essayer de savoir ce qui va se passer ? Réponse – selon Florence Faucher et Colin Hay : ils ne le peuvent pas. Plusieurs Brexit sont concevables ; seuls un ou deux sont probables. Mais nous ne saurons pas lesquels avant que le Brexit « définitif » ne se mette en place. Et celui-ci pourra lui-même évoluer. 


Comment l’élection de Joe Biden impactera-t-elle le sort du Brexit en général, et l’avenir de la soi-disant special relationship en particulier ? Moins positivement pour le Royaume-Uni, sans doute, que ne l’aurait fait un deuxième mandat Trump. Les perspectives d’un accord commercial États-Unis/Royaume-Uni restent dans les limbes. Biden donnera la priorité aux rapports américano-européens. La capacité du gouvernement Johnson à imposer l’Internal Market Bill semble compromise au vu de l’engagement du nouveau président en faveur du Good Friday Agreement (accord du Vendredi saint). Comme le suggère Robert Singh : les signes extérieurs des relations entre Londres et Washington demeureront, mais la substance s’érodera rapidement, la présidence Biden accélérant le processus.


Comment le Royaume-Uni échappera-t-il aux forces historiques et géographiques qui semblent le contraindre à accepter un accord futur avec l’UE, accord remettant en question les objectifs fondamentaux du Brexit ? Les Brexiters ont cherché refuge dans un modèle canadien, voire un modèle australien. La réalité, comme le suggère Stephen Wall, sera vraisemblablement plus proche du « modèle norvégien » : celui-là même que les partisans du divorce rejetaient comme un BRINO (Brexit in Name Only). Dans la même logique, et s’il est vrai que « l’histoire c’est le destin », comment le Royaume-Uni fera-t-il face à cette donnée : sa sécurité reste indissociable de celle de l’Europe ? Avec Adrien Abécassis, nous analysons ci-après le potentiel de la coopération militaire franco-britannique post-Brexit.


Comment, enfin, le Royaume-Uni traitera-t-il le risque de son éclatement en quatre nations distinctes ? Le COVID a accentué en Écosse le sentiment que Westminster fait partie du problème plutôt que de la solution. Le nationalisme écossais, nous dit Kirsty Hughes, est une dynamique en progrès. Quant à la perspective de la (ré-)unification irlandaise, elle n’est plus inimaginable.
 

Le Brexit, comme le trumpisme, a sa part de rêve, de déni du réel. Mais l’écrivain américain Philip K. Dick nous rappelle que « la réalité, c’est ce qui continue d’exister, même quand on cesse d’y croire »…

 

Jolyon Howorth est professeur émérite de Politique européenne à l’université de Bath, et fellow à la Harvard Kennedy School.

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Brexit : quatre questions en suspens

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Irak, le laboratoire permanent

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Si l’on s’en tient à l’adage anesthésiant qui voudrait que les peuples heureux n’aient pas d’histoire, les Irakiens partent d’emblée avec un lourd handicap. Ils forment en effet un peuple saturé d’histoire(s), depuis que la Mésopotamie a tenu lieu de décor aux premières sociétés humaines sophistiquées. La temporalité politique s’y affole, en outre, depuis 15 ans ; les velléités américaines de changer le destin du Moyen-Orient tout entier à partir de l’Irak ayant transformé le pays en laboratoire d’observation in vivo des transitions politiques et des recompositions sociales et communautaires (ethniques, religieuses) du monde arabe. Laboratoire déserté par ses laborantins, et où le protocole expérimental ne tient plus.

Dorothée SCHMID Loulouwa AL-RACHID
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Liban : entre clientélisme régional et carcan national

Date de publication
20 mars 2018
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En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.

Aurélie DAHER
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Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?

Date de publication
20 mars 2018
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Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.

Dorota RICHARD
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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

Date de publication
20 mars 2018
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Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.

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Page couverture PE n° 4 2020
Jolyon HOWORTH, « Brexit : quatre questions en suspens », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2020.
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Brexit : quatre questions en suspens