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Climat et longue durée : la variable vendémiologique

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Couverture PE 4/2006
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On peut, à travers l’histoire des vendanges, approcher une histoire plus générale des climats, particulièrement en Europe. Cette histoire, alternance de réchauffements et de refroidissements saisonniers, peut aussi être mise en relation avec l’histoire économique, et donc politique, de nos pays : du XIVᵉ siècle jusqu’au réchauffement global qui débute au seuil du XXᵉ siècle et prend aujourd’hui des formes que seul peut appréhender le météorologiste.

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Archive de Politique étrangère
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Des recherches collectives sur les dates de vendanges permettent de résumer ici quelques conclusions chronologiques désormais obtenues sur l’histoire du climat ouest-européen. On s’inspirera également dans ces développements d’un ouvrage récent, Histoire humaine et comparée du climat, pour examiner le dernier millénaire.


Avant 1370 : la période pré-vendémiologique


Deux mots d’abord sur le XIIIᵉ siècle, époque d’un petit optimum médiéval. C’est à tout le moins un phénomène régional qui vaut, semble-t-il, pour l’Europe occidentale et centrale, de la Scandinavie aux Alpes et peut-être au-delà, avec des glaciers alpins assez rétrécis de 900 apr. J.-C. à 1250 ou 1300. Le XIIIᵉ siècle est donc pourvu de beaux étés secs, souvent chauds, ce qui lui donnerait une température à peu près comparable à celle de notre XXᵉ siècle, légèrement réchauffé lui aussi. Les étés sont défavorables aux céréales quand ils sont brûlants – c’est l’échaudage en 2003 ou en 1420. En général, s’ils ne sont pas trop brûlants ni surtout trop secs, ils sont favorables au blé : d’où peut-être une contribution du climat à l’émergence d’un beau XIIIᵉ siècle de croissance économique, à l’âge gothique – époque de Saint-Louis. Une croissance qui a, bien sûr, nombre d’autres déterminants, non climatiques, eux. Viendrait ensuite un certain rafraîchissement au XIVᵉ siècle, à partir de 1300-1303 inclusivement. On pourrait parler d’un petit âge glaciaire, expression valable pour l’Europe occidentale où les glaciers alpins sont effectivement à leur maximum au XIVᵉ siècle ; mais petit, car l’expression d’âge glaciaire ne vaut pas nécessairement pour l’ensemble de la planète. À partir de 1303, des hivers froids se succèdent, bien diagnostiqués par Christian Pfister, avec également des étés frais. D’où l’émergence de la Grande Famine, due en particulier à l’excès des précipitations de 1314-1315, date qui marque souvent la fin du beau Moyen Âge, avant même la peste noire de 1348. [...]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Avant 1370 : la période pré-vendémiologique
  • Après 1370 : la période vendémiologique
  • XVIIIᵉ siècle : le chaud et froid…
  • Un XIXᵉ siècle globalement froid
  • Un retour du réchauffement

 

Emmanuel Le Roy Ladurie, docteur honoris causa de 18 universités, a été professeur à l’École pratique des hautes études, à la Sorbonne, puis au Collège de France. Ancien administrateur général de la Bibliothèque nationale de France, il est membre de l’Institut. Il a, entre autres ouvrages, publié une Histoire du climat depuis l’an mil (Paris, Flammarion, 1983) et une Histoire humaine et comparée du climat en Occident en 2 tomes (Paris, Fayard, 2004-2006).

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Climat et longue durée : la variable vendémiologique

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L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation

Date de publication
21 décembre 2021
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L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.

Maxime LEFEBVRE
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Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?

Federico FABBRINI
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Covid-19 et autres crises : quelles leçons ?

Date de publication
21 décembre 2021
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L’Union européenne a traversé une série de crises existentielles depuis 2008. Elle a fait preuve de résilience et a su s’adapter, en improvisant et en innovant. L’Union est aujourd’hui plus intégrée dans de multiples domaines. Mais le temps est venu pour une approche plus structurelle, plus volontariste, qui doit permettre à l’Union de renforcer son autonomie stratégique. C’est le seul moyen d’être un véritable acteur global, pouvant exister face aux autres grandes puissances.

Jim CLOOS
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Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021

Date de publication
21 décembre 2021
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Le retrait d’Afghanistan en août 2021, sur l’échec de l’engagement militaire des États-Unis et de leurs alliés, signe un changement d’approche dans la lutte armée contre le terrorisme et plus généralement un retournement de la politique occidentale d’interventions suivie depuis 1991. Américains et Européens ne peuvent plus compter sur une supériorité stratégique et tactique leur garantissant une faible prise de risque. Ils ont aussi pris conscience qu’en banalisant le recours à la force, ils ont incité d’autres à les suivre dans cette voie.

Louis GAUTIER

Comment citer cette étude ?

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Couverture PE 4/2006
Emmanuel LE ROY LADURIE, « Climat et longue durée : la variable vendémiologique », Politique étrangère, Articles, Ifri, 19 novembre 2006.
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Climat et longue durée : la variable vendémiologique