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Défense européenne : agir à temps

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
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Le moment semble propice pour renforcer la coopération européenne de défense. Les objectifs sont identifiés et clairs : pouvoir déployer une force militaire européenne face à une crise ; pour ce faire, développer des capacités et un marché intérieur de défense. Les institutions existantes – état-major, Agence européenne de défense, embryon d’académie militaire… – sont sous-utilisées. Il est possible de franchir d’importants pas sans révolution institutionnelle, sans modification des traités.

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Les derniers événements mondiaux ont renforcé la conviction que, même dans des domaines où la compétence européenne est limitée dans les traités, agir en commun, à l’échelle européenne, s’impose face à des menaces et enjeux qui dépassent nos États. C’est de toute évidence le cas de la pandémie, de la préservation du climat et de la défense. Plus que jamais, il est apparu clair, au-delà des effets de manche politiques, que ne pas être dépendant implique un effort d’« autonomie stratégique » de niveau européen, même si la sensibilité aux termes employés diffère d’une capitale à l’autre.


Les conditions du retrait d’Afghanistan ainsi que la dénonciation du contrat franco-australien dans le cadre de l’alliance AUKUS (Australie, États-Unis et Royaume-Uni) appellent une capacité de défense européenne moins dépendante des États-Unis. Dans un contexte favorable, le moment est donc à l’action, à condition de ne pas le gâcher par des initiatives promettant l’impasse, ou des préalables dilatoires, et d’en profiter pour mettre en œuvre les moyens existants.


Un moment propice


Face aux événements récents, des dissonances se sont certes fait entendre, venant principalement du nord et de l’est de l’Europe, mues comme toujours par la crainte de s’aliéner le partenaire américain, et de porter atteinte à l’Alliance atlantique. Le 5 octobre dernier, le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) Jens Stoltenberg mettait même en garde contre les « efforts pour créer quelque chose en dehors du cadre de l’OTAN, ou pour concurrencer ou dupliquer l’OTAN ». Propos d’autant moins avisés que Joe Biden, dans le communiqué publié à l’issue de son entretien avec Emmanuel Macron, avait reconnu dix jours plus tôt « l’importance d’une défense européenne plus forte et plus capable, qui contribue positivement à la sécurité globale et transatlantique et est complémentaire à l’OTAN ».


Comme souvent, des Européens surenchérissent sur les réactions américaines. Celles-ci sont mues par une hésitation entre la volonté de garder le contrôle des appareils de défense européens – et plus spécifiquement celui du marché des armements – et le désir d’encourager les Européens à se prendre en charge, à porter leur « part du fardeau ». […]


PLAN

  • Un moment propice
  • Les objectifs et les institutions existent
  • Activer les moyens de planification et de conduite des opérations
  • Une politique européenne pour les capacités


Claude-France Arnould est conseiller du président de l'Ifri pour les affaires européennes. Elle a été, entre 2001 et 2015, dans le cadre de l'Union européenne, directeur pour les questions de défense, puis du Crisis management planning directorate et directeur exécutif de l'Agence européenne de défense, avant d'être ambassadeur de France en Belgique.

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Défense européenne : agir à temps

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Claude-France ARNOULD

Intitulé du poste

Ancienne conseillère du président de l'Ifri pour les affaires européennes

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Quel avenir politique pour le Mali ?

Date de publication
21 décembre 2021
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Au moment des indépendances africaines, les élites locales n’ont pas véritablement envisagé d’autre modèle d’organisation politique que l’État, importé par les colonisateurs. Sans même parler de la problématique des frontières héritées de la colonisation, ce modèle est aujourd’hui à bout de souffle dans plusieurs pays. Le Mali en est un exemple patent. Or d’autres formes d’organisation politique peuvent être imaginées et mises en œuvre, en s’inspirant d’exemples historiques et traditionnels.

Monique CHEMILLIER-GENDREAU
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En attendant le retour de l'Etat...

Date de publication
21 décembre 2021
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L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.

Alain ANTIL Elodie RICHE Anne SAVEY
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Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir

Date de publication
21 décembre 2021
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La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.

Vivien SCHMIDT
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L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation

Date de publication
21 décembre 2021
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L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.

Maxime LEFEBVRE

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 4 2021
Claude-France ARNOULD, « Défense européenne : agir à temps », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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Page couverture PE n° 4 2021

Défense européenne : agir à temps